‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 8 sur 74 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

HISTORIQUE

Béraud (1) fait dater l’histoire des phlegmasies de la prostate du commencement de notre siècle. « Consultez, dit-il, les écrits des chirurgiens les plus distingués du xvme siècle, et vous verrez que Desault et J.-L. Petit no. parlent des maladies de la prostate qu’incidemment et à l’occasion des rétentions d’urine. » La plupart des autours qui ont écrit sur les abcès de la prostate, depuis 1857, ont lu la thèse de Béraud ; ils ont profité dos renseignements cliniques très précieux qu’elle renferme et, par extension, ils ont cru pouvoir y copier, sans autre vérification, l’his-

Q) Béraud, Maladies de la prostate. Th. d’agrégation. Paris, 1857.

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torique du sujet. Si bien qu’à l’heure actuelle, si l’on s’en tenait aux considérations historiques placées en tête de quelques thèses récentes, on arriverait à cette opinion entièrement inexacte que Desault et J.-L. Petit, par exemple, n’ont abordé l'étude des abcès de la prostate « qu’incidemment » .

C’est là une erreur qu’il importe de relever. J.-L. Petit et Desault, comme tous les auteurs du siècle dernier et du commencement de celui-ci, ont étudié les abcès de la prostate à propos de la rétention d’urine ; mais, si l’on veut bien se reporter aux œuvres de ces grands chirurgiens, on y trouvera sur l’anatomie pathologique, les symptômes et le traitement des abcès de la prostate, des pages remarquables qu’on a pu commenter ensuite, mais dont la priorité ne saurait être contestée.

Quelques années avant l’époque où Desault enseignait la chirurgie à l’Hôtel-Dicu de Paris, les maladies des voies urinaires étaient le domaine exclusif des charlatans et des fabricants de bougies. Les carnosités constituaient toute l’anatomie pathologique des alfections uréthrales, et, si l’on fouille dans tout ce passé, on y trouve à peine quelques fragments isolés, quelques faits épars et des quantités innombrables d’emplâtres, d’onguents et de cataplasmes.

Il n’y a rien là, d’ailleurs, qui puisse étonner; les anciens observaient rarement ou mal ce genre d’affections et ne pouvaient les connaître. Lorsque les médecins de l’antiquité se partagèrent entre eux le corps humain et que l’un prit les yeux, l’autre les oreilles, celui-ci les mâchoires, celui-là la peau, etc., etc., aucun ne songea à s’emparer de l’urèthre. Est-ce, comme l’ont écrit Duméril et

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