‹ Des abcès chauds de la prostate et du phlegmon périprostatiqueChapitre 9 sur 74 · J.-L. PETIT ET DESAULT · texte numérisé non relu

J.-L. PETIT ET DESAULT

Percy (1), parce que la syphilis, inconnue jusqu’alors, n’avait pu faire encore, de ce canal, « le meilleur lot de tous? » Il en est peut-être ainsi. Mais ce qui est certain, c’est qu'il y eut « des oculistes, des acoustiques, des cosmétiques et des dentistes, vingt siècles avant qu’il y eût des canaliculeux, medici canaliculi, comme les appelait ironiquement Haller », et ce ne fut qu’après la généralisation du vice vénérien en Europe que s’établit cette nouvelle classe de guérisseurs. Dès lors, les occasions d’observer se multiplièrent, des livres parurent en grand nombre sur la gonorrhée, et les médecins commencèrent à étudier sérieusement les maladies de l’appareil génitourinaire.

Malheureusement, la médecine emplastique régnait alors en maîtresse, les connaissances anatomiques manquaient de précision, l’anatomie pathologique n’existait pas, et, n’envisageant que l’histoire des suppurations prostatiques, on peut dire que de tous les écrits de cette époque, il ne reste absolument rien qui mérite d’être relevé.

J.-L. Petit (2) est le premier qui parle des abcès de la prostate en vrai chirurgien. Il donne, dans le tome III de ses œuvres chirurgicales, trois observations fort remarquables, tant au point de vue de l’évolution de la maladie qu’à celui du traitement employé.

Desault (3), quelques années plus tard, traçait la pre-

(1) Rapport à l'Institut de France à propos du mémoire de A. Petit sur la rétention d’urine. (Paris, 1818.)

(2) J.-L. Petit, Œuvres posthumes de chirurgie, mises au jour par M. Lesne, maître en chirurgie. Paris, 1774.

(3) Desault, Rétention d’urine par le gonflement de la prostate, in Journal de chirurgie, t. II, p. 183 (Paris, 1791), et Maladies des voies urinaires in Œuvres chirurgicales, par. Xav. Bichat, t. III, p. 220. Paris, 1803.

HISTORIQUE

mièro description magistrale que nous ayons sur les abcès de la prostate. Les auteurs qui lui ont immédiatement succédé n’ont rien ajouté à la question. Bosquillon (1), dans sa traduction du traité de Benjamin Bell sur la gonorrhée virulente et la maladie vénérienne, consacre près de cent pages à ses observations personnelles sur les engorgements de la prostate, et, malgré des prétentions évidentes à l’originalité, il n’apporte en définitive aucun fait nouveau. Swediaur (2) traite à son tour des abcès de la prostate, mais il pense qu’il n’y a rien à modifier à la description de Desault et la transcrit intégralement.

Ev. Home (3) et Sœmmering (4), dont on parle beaucoup, n’ont pas davantage fait avancer nos connaissances sur les abcès de la prostate. Nauche (5), dont on parle peu, est certainement aussi avancé que Sœmmering; et Jourdan (6), que personne ne cite,ra, beaucoup mieux que ces derniers auteurs, décrit les symptômes des abcès prostatiques et discuté les indications de leur traitement.

L’excellente description de Boyer (7) est venue ensuite.

(1) Bosquillon, Observations sur les engorgements de la prostate. Add. h la traduction du traité de B. Bell, sur la gonorrhée virulente, t. I, p. 155. Paris, 1802.

(2) Swediaur, Traité co>nplet sur les symptômes, les effets, la nature et le traitement des maladies syphilitiques, 7e édition, t. I, p. 330. Paris, 1817. (La première édition est de 1798.)

(3) Ev. Home, Pratical observations on the treatement of the prostate gland. London, 1811.

(4) Sœmmering, Traité des maladies de la vessie et de l'urèthre, considérées particulièrement chez les vieillards. Trad. par Hollard. Paris, 1824, p. 142.

(5) Nauche, Des maladies de la vessie et du conduit urinaire chez les personnes avancées en âge. Paris, 1819, p. 59 et p. 198.

(6) Jourdan, article Ischurie, in Di et. des sciences médicales, p. 214 et suiv. Paris, 1818.

(7) Boyer, Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent, t. IX, p. 110 et 186. Paris, 1824.

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