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après évacuation du pus, à surdistendre momentanément la poche avec le liquide d'injection (eau phéniquée forte en particulier), en maintenant leslèvres de l'incision fermées autour de la canule de la seringue. Cette injection estrépétée deux ou trois fois de suite, et l’abcès guérirait rapidement par accolement des parois.
Il nous a été donné d'observer dans le service de M. Léon Labbé des faits de ce genre : des abcès de l’aisselle ouverts de bonne heure, et traités de la sortéavec une antisepsie soigneuse, n'étaient plus représentés, le troisième Jour après leur ouverture, que par le trajet du drain.
D'autres chirurgiens font passer dans les foyers purulents de grandes quantités de solution faible jusqu’à ce que le liquide ressorte parfaitement clair.
M. Championnière ne se sert que de solutions fortes possédant une action antiseptique suffisante sur les parois de l’abcès, et ne les emploie qu’en très petite quantité. L'injection est faite en deux ou trois reprises ; quelques pressions sur différents points de la poche y font voyager le liquide et établissent son contact avec toute la surface malade. Puis l'évacuation complète de l'injection est soigneusement faite. Le liquide ressort trouble, teinté de rouge parfois et entraîne avec lui quelque coagulums; il est dès lors inutile de poursuivre l'injection dans le but de la voir revenir claire, car ce liquide trouble n’est malpropre qu’en apparence; le foyer suffisamment imprégné par la solution concentrée est devenu un milieu défavorable au développement des micro-organismes, etles substances qu'entraînerait une nouvelle injection, imprégnées elles-mêmes, sont, comme les
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parois, réfractaires à l'infection microbienne;1l ny a donc pas d'intérêt à s’en débarrasser.
Dans certains abcès profonds difficilement accessibles à la vue et au toucher, dans les abcès périnéphrétiques, par exemple, on ne lance pas volontiers une injection dont on n'est plus maître et qu’on n’est jamais sûr de pouvoir faire revenir en totalité. Mieux vaut, dans ce cas, faire le nettoyage de la poche avec une éponge montée, modérément imbibée de la solution antiseptique; les frictions exercées par l’épongé sur les parois de l’abcès mettent celles-ci légèrement à vif, ce qui ne paraît pas peu favorable à l’accolement immédiat des parois. On peut d’ailleurs employer ce procédé pour les autres abcès.
M. Lucas-Championnière emploie la solution phéniquée forte, mais dans les cas où il redoute une intoxication par absorption de l'antiseptique, et même dans les cas ordinaires, il emploie volontiers une solution de chlorure de zinc, antiseptique puissant et sûr qu'il apprécie beaucoup. /
L'eschare très superficielle que produisent les solutions concentrées de cet agent n’entravent en aucune façon la réunion immédiate, ce qu'il a pu maintes fois constater. Il n’est pas toxique et cela seul en fait une substance précieuse pour la chirurgie infantile.
Sa puissance antiseptique donne une très grande sécurité. Il a cependant son défaut comme tout antiseptique : ses applications sont douloureuses et cette douleur persiste quelquefois pendant plusieurs heures ; le remède est facile, il suffit d’une injection de morphine. D'ailleurs les solutions concentrées au 1/12 sont seules vraiment
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douloureuses et jamais on ne les emploie surles grandes surfaces, où on les remplace par une solution au 1/100° encore très puissante.
L'incision sera, s’il y a lieu, raccourcie par quelques points de suture ; on place un drain debout et l’on applique un pansement antiseptique.
Ce pansement sera large et dépassera suffisamment la plaie en tous sens.
I sera bien assujetti, non susceptible de se déplacer.
Bien clos de toutes parts, bien garanti contre toute cause d'infection.
Il sera renouvelé tous les ?, 3 ou 4 jours suivant que l'écoulement séreux aura été plus ou moins abondant. Toutes les fois qu’on pourra le faire, on espacera les pansements, afin de restreindre les chances de réinfection.
Aussitôt l’ancien pansement retiré, la plaie est garantie par une compresse antiseptique; on y touchera le moins possible ; aucune nouvelle injection ne sera faite à moins d'indication formelle, et, en ce cas, on en usera sobrement. Le drain sera retiré au premier pansement, souvent au second ou au troisième en cas d’abcès volumineux dont les parois se rapprochent lentement et où la compression est difficile sinon impossible à appliquer.
Le pansement employé dans le service de M. Championnière est le suivant :
Une ou deux petites compresses de gaze très chargée d’iodoforme.
Quelques sachets de tarlatane renfermant une poudre antiseptique et absorbante {iodoforme, benjoin, quinquina, carbonate de magnésie).