‹ Des abcès chauds: pathogénie et traitement antiseptiqueChapitre 10 sur 24 · DRE · texte numérisé non relu

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instruments, de tous les objets qui entreront en contact avec les tissus, la préparation antiseptique de la région malade jusqu’à distance suffisante dans tous les seus, sont de mise ici plus que partout ailleurs.

Le bistouri est l'instrument de choix; à quel moment faut-il s’en servir? Le plus près possible du début de l’abcès. Ceci nous rappelle un cas très intéressant observé dans le service de M. Championnière.

Une femme de 26 ans entre dans le service pour un abcès de la fesse gauche et un phlegmon péri-utérin du côté droit, au début.

L’abcès de la fesse est traité.

On constate d'abord un empâtement du côté droit de l'utérus. La température monte à 40°. La douleur s’accentue et bientôt sur la partie droite de la paroï abdominale antérieure, au-dessus de l’arcade de Fallope, se développe un plastron induré étendu de l’épine iliaque antéro-supérieure, un peu en dedans de cette épine, jusqu'au voisinage de la ligne médiane.

La malade est chloroformisée. M. Championnière pratique une incision au-dessus de l'arcade crurale, pénètre dans des tissus œdématiés, se fraye laborieusement une voie jusqu'aux vaisseaux iliaques, et trouve en dedans de ces derniers une masse d'apparence caséeuse qu'il évacue à la curette, — Le foyer est nettoyé au chlorure de zinc, — un drain est placé. L'opération fut suivie d’une chute immédiate de la température et l’état général de la malade s’améliora en quelques jours. La guérison se fit sans nouvelle alerte.

Ï1 n’y a que des avantages à inciser prématurément, on

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évite l’infection à distance, l'extension sur place du foyer purulent et les désordres plus ou moins graves qui en résultent, on abrège la période douloureuse et la durée de l’abcès, on épargne au malade une dépression souvent fâcheuse de son état général, enfin on opère sur une peau saine qui conserve tout sa vitalité et se prête à la réunion immédiate.

Toutes les fois qu'on le pourra, on pratiquera une incision longue qu'une suture raccourcira ensuite jusqu'au drain ; dans les endroits du corps exposés aux regards on se bornera au strict nécessaire, à moins qu’on ne puisse dissimuler lincision dans un repli cutané ; d’une façon générale si le malade est endormi, si l’abcès est volumineux, profond, et s’il paraît mal circonserit, on n’hésitera pas à se donner le jour nécessaire ; on obtient dans ces cas de très belles réunions immédiates.

Il est évident que l’on fera les contre-ouvertures reconnues nécessaires ; mais On en aura moins souvent besoin si l’on fait de longues incisions.

Après avoir vidé bien complètement la poche et s’être assuré des diverticules qu’elle peut présenter, on procède à l'injection.

Cette injection peut être faite avec des liquides antiseptiques très divers. On a employé des solutions avec les acides phénique, borique, salicylique, thymique, avec le chloral, le sublimé, le biiodure de mercure ; ces solutions ont été employées en quantité variable et diversement titrées.

Un procédé qui paraît avoir donné des résultats satisfaisants entre les mains de certains chirurgiens consiste,

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