OBSERVATION X
(In. Th. Lozé)
Proslalile sénile (2% période). Foyer infectieux
proslalo-génital; orchite. (D (ruépin)
M. G..., 72 ans, atteint de prostalile sénile au 2"° stade de l’évolution des accidents (dilatalions glandulaires avec produits stagnants infectés et sclérose périglandulaire) se passe la sonde deux fois par jour, pour vider sa vessie el urine seul dans l'intervalle. Le début des accidents remonte à dix années et le cathélérisme régulier est fait depuis plus de deux ans. |
On m'appelle auprès de Ini le 2° octobre 1897. surtout en raison des difficultés du cathétérisme. Ce malade est semi-comateux après avoir été délirant. La langue est sèche el noirâtre ; il a des râles de bronchite dans toute la poitrine ; la vessie est peu dilaltée. La température atteint dans l'aisselle 39°.
La prostate est très volumineuse avec des saillies glandulaires demi-molles dont la compression chasse au méal un pus infect el sanguinolent. Elle parait également sensible dans tous les points. Les bourses
sont tuméfiées, il v a orchite double.
Sonde à demeure, lavements évacuants, suppositoires, régime laclé.
Dans la nuit, le malade retire sa sonde par où s'écoulait lorsqu'on enlevait le fausset, toutes les lrois heures environ, très peu d'urine chargée, à odeur forte, à réaction alcaline. Elle est remplacée
presque immédiatement.
Dans les jours qui suivirent la mise en place de la sonde à demeure, se montra un très abondant écoulement vrétral, refluant en grande partie dans la vessie et coïncidant avec le dégonflement prostatique el l'amélioration de l'état général. En même temps
les orchites disparaissaient graduellement.
Au bout de quelques jours (16 octobre) le malade était revenu à son état primitif; il faut dire alors qu'étant allé faire un voyage en province, il éprouva, après un écart de régime, une grande difficulté à introduire la sonde, le domestique qui le suivait partout, habitué à cette petite opération ne fut pas plus heureux. Un confrère appelé passa une fois puis ne passa plus. Et le malade, au prix de grands efforts émettait un peu d'urine à de fréquents intervalles quand la fièvre le prit, le délire se manifesta el son domestique prit sur lui de le ramener de suite à Paris.
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M. G. avait toujours, depuis des années, nn abondant écoulement urétrai, cel écoulement s'était arrêté lorsque débutèrent les accidents, il reprit et persista après leur guérison. La bronchite disparut en même temps que les symptômes d'infection générale et pendant un an le malade put paraître à l'abri d'une rechute. Matin et soir il passait une sonde demimolle à béquille, évacuait sa vessie, la lavait avec une petite quantité d'eau boriquée, lavait aussi Furetre en retirant la sonde. Bien que M. Reliquet eut conseillé jadis au malade de ne point uriner sans la sonde et que pareille recommandation lui eût élé faite bien des fois pendant les années 1895 et 1896, il ne voulut jamais consentir à prendre celle précaution. Il ne quittait point le régime lacté et avait repris les conditions de vie habituelles. Mais la prostate restail volumineuse ; la compression digitale amenait au méat du muco-pus ; l'écoulement urétral restait ÊE
En novembre 1895, nouvelle menace d'infection générale, c’est encore pour les difficultés du cathétérisme que je suis appelé. Les bourses sont encore de nouveau tuméfiées, les testicules et les cordons sensibles. La rougeur intense de la peau dans un point bien limité près de la tête de l'épididyme droit qui est très sensible peut faire craindre un abces.
Purgation, sonde à demeure, elc. Trois jours après l'amélioration est certaine, la sonde à demeure à pu
être relirée, mais le malade n'est point autorisé à uriner seul, ce qu'il a cependant fait à quelques jours de là. Demandé encore une fois, je replacai la sonde à demeure: j'instituai de suite les soins réguliers indispensables, le régime, et la situation redevint peu à peu ce qu'elle était dans le courant de 1893.
Les bourses sont pendantes, les épididymes volumineux, sans induralion ni sensibilité, la prostate remplie de dilatation glandulaire,
Ces trois poussées de généralisation infectieuse, loin d'avoir démontré à M. G. la nécessité des soins de tous les instants semblèrent le décider au contraire à les négliger. [l recommencça à uriner seul dans la journée tout en lavant incomplètement sa vessie matin el soir. [| renonça aux lavements, au moins à leur emploi régulier.
J'appris sa mort pendant le printemps de 1896 (avril) et son domestique vint me faire savoir que des accidents analogues à ceux qui ont été décrits plus haut s'étaient montrés brusquement cinq jours avant le décès. La sonde passait mal, il y avait de la fièvre, de la somnolence, de la constipation, du gonflement des bourses. M. G. se refusait à prendre les aliments. Le malade et son entourage qui savaient que J'allais imposer la sonde à demeure, l'évacuation de la vessie toutes les trois heures, l'injection immédiate
d'un peu d'eau boriquée après chaque évacuation, les lavements, le lail coupé à doses fractionnées, ete.…, ne comprenant point la nécessilé de ces minuties, crurent devoir attendre et quand ils se décidèrent à consulter un confrère, il était alors impossible de combattre efficacement cette quatrième manifestation du foyer infectieux prostato-génital.