CONCLUSIONS
4° Parmi les complications septiques de l'hypertrophie prostatique, il faut faire une place plus grande aux prostatites.
La prostatite est fréquente chez le prostatique, soit qu'elle existe antérieurement à lhypertrophie et témoigne d’une infection ancienne de la glande, soit qu'elle apparaisse secondairement au cours de a maladie. Dans ce cas, elle peut être la conséquence de cathétérismes septiques, où compliquer certaines lésions infectieuses du voisinage. Il faut également faire une part à l'infection possible de la glande par voie sanguine ou lymphatique.
2 La prostatite qui accompagne l'hypertrophie, revêt les formes habituelles des prostatites. L'infection peut se limiter aux conduits excréteurs et aux aciniglandulaires, ou gagner le tissu interstitiel. On peul ainsi observer des formes catarrhales pures et des
ere
prostatites suppurées intraparenchymateuses, aboutissant à la formation d'abcès plus ou moins étendus.
3° Il est fréquent de voir ces abcès, dont le volume esi parfois considérable, revêtir une marche absolument chronique, rester véritablement Jatents.
4 En clinique, ils se bornent à augmenter la gène des mictions; l'absence de réaction les fait passer inaperçus et les symptômes qui en dépendent sont mis sur le compte de l'hypertrophie, y compris les accidents septiques qu'ils peuvent entrainer. Faute d'un examen suffisant, on passe le plus souvent à côté du mal et l’on reste désarmé devant l’aggravation subite des symptômes qu'on attribue à l'hypertrophie.
Il serait pourtant facile d'éviter cette erreur : il suffil pour cela de pratiquer le toucher rectal.
o° Nous posons en principe que c'est un devoir absolu de procéder au toucher rectal d'une façon fréquente chez tout prostatique, et à plus forie raison le toucher s'impose en présence de l'aggravation subite de la maladie.
6° Les abcès chroniques de la prostate sont susceplibles de faire apparaitre tous les accidents de l'infection urinaire (infection vésicale, rénale, infection
CS
générale, orchite, phlegmon périprostatique ou périvésical).
Ils peuvent parfois s'ouvrir spontanément, soit du côté de l’urètre, soit dans le rectum, soit vers le périnée.
8° Le traitement de ces abcès, purement chirurgical, est celui de toute collection purulente : incision précoce et drainage.
9° Que l'évacuation soit spontanée ou artificielle, elle peut être suivie d'une amélioration générale dans l'état du malade. La dysurie diminue, la fonction vésicale se fait mieux; l’abcès qui a détruit plus ou moins complètement le parenchvne glandulaire, détermine, une fois ouvert, le même résultat que la prostalectomie. À celégard une observation rapportée par M. le professeur Albarran, est particulièrement
intéressante.
Vu Le Doyen, Le Président de thèse, BROUARDEL À. FOURNIER Vu,
et permis d'imprimer :
Le Vice-recteur de l'Académie de Paris,