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L'HYPERTROPHIE PROSTATIQUE
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La gravité de l'hypertrophie prostatique réside presque entièrement dans ses complications septiques.
Dès le début de l'apparition des théories pastoriennes, M. le professeur Guyon s'appliqua à faire ressortir et à étudier le role de l'infection dans l'évolution du prostatisme et toute une série de brillants travaux sortis de l'école de Necker ont pleinement mis en lumière les différents termes de l'infection urinaire.
Parmi les complications infectieuses de l'hyperbrophie prostatique, il en est une généralement peu étudiée, presque passée sous silence dans les traités classiques, c'est la prostatite.
Sans doute quelques auteurs font mention d'abeès prostatiques rencontrés à l'autopsie, mais il est très rare en clinique que l'on songe à rechercher sur un prostatique le rôle de la prostalite et il arrive parfois, comme nous le verrons plus loin, que des abeès volu-
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mineux restent méconnus alors même que le malade est observé par des cliniciens expérimentés.
La plupart des livres spéciaux se contentent de faire allusion à la possibilité de cette complication et nous n'avons trouvé que très peu de renseignements sur ce point.
C'est ainsi que dans le Traité de Chirurgie de S. Duplay et Reclus (deuxième édition), M. Forgues se contente d'indiquer parmi les complications de l'hypertrophie : la néphrite, la cystite et les hématuries.
M. Pousson (1) dit simplement : «la prostatite est rare dans le cours de l'hypertrophie prostatique, elle revêl la forme simple où phlegmoneuse. »
M. Desnos (2) reconnait la fréquence des prostatiles, sans attirer plus spécialement l'attention sur ce point.
Frisch dans son récent el très complet travail sur les maladies de la prostate (3) consacre deux pages à l'étude de la prostatite compliquant l'hypertrophie, et en donne une étude assez complète sans insister cependant suffisamment, à notre avis, sur le caractère latent, insidieux de certains abcès qu'on néglige en clinique, parce qu'on n’y pense pas, el qui sont sus-
(1) Précis des maladies des voies urinaires, p. 327. (2) Dictionnaire Dechambre. Art. Prostate (3) Die Krankheiten der Prostata, p. 146.
ceptibles d'entraîner les plus redoutables conséquences.
M. Albarran (1) seul, dans son récent article des « Maladies de la prostate » a mis en relief ce côté. intéressant de l'histoire des prostatites compliquant l'hypertrophie et c'est sur ses conseils, en nous appuyant sur les observatious qu'il a bien voulu nous confier, que nous nous proposons celte étude.
Les rapports de la prostatite et de l'hypertrophie prostatique, la part que prend l'inflammation de l'élément glandulaire aux lésions anatomiques sont encore mal connus.
Au reste, nous ignorons jusqu à présent la cause réelle du processus pathologique qui se traduit en clinique par la dysurie sénile.
Des examens incomplets ont servi de base à différentes théories qu'une analyse scientifique rigoureuse
(1) Traité de chirurgie, Le Dentu et P. Delbet, t. VIT.