TRAITEMENT
Le traitement d’un abcès sous-tricipital est naturellement inséparable de celui de l’arthrite qui lui-a donné naissance: il ne serait pas rationnel, en effet, de supprimer un foyer d'infection et de laisser évoluer l’autre.
Le traitement prophylactique de l’abcès consistera dans la suppression de la cause de distension articulaire, et l'évacuation des produits septiques capables d'amener l’ulcération et la perforation du cul-de-sac supérieur, en un mot dans l’arthrotomie et le drainage de la synoviale, ou dans l’arthrotomie avec la résection, la cautérisation profonde avec l’évidement, le gougeace, les abrasions du tissu osseux, suivant les cas, s’il s’agit de tumeur blanche, ou la trépanation si l’on à affaire aux arthropathies ostéomyelitiques.
Forgues et Reclus (!)}, pour éviter la complication des fusées purulentes, conseillent l’arthrotomie largement pratiquée dès que le pus se forme dans la jointure. La difficulté est de savoir le moment où la sérosité d’une arthrite tourne au pus : Ja ponction éclaire le diagnostic. Les déformations extérieures de l’articulation, signalées par Chassaignac, auront ici leur utilité.
Mais, lorsque l’abcès sous-tricipital est constitué, quelle conduite curative doit-on tenir ?
() Forgues et Reclus. Thérapeutique chirurgicale. : 6
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D'une façon générale, il faut pratiquer l’arthrotomie conjointement avec l'incision, le nettoyage el le drainage antiseptique de l’abcès.
Le manuel opératoire de l'ouverture de l'abcès est fort simple : Pour se renseigner sur l’étendue et la position exacte de la poche, si elle est mal délimitée, ou s'il existe du gonflement, de l’œdème, Chassaignac conseille de s’aider du trocart explorateur. Puis, on incise la peau et l'on glisse l'instrument dans les interstices musculaires; on arrive ainsi dans le foyer. Après l'évacuation du pus, on procède au nettoyage, au curetage et même au grattage de la poche : nous reviendrons sur ce sujet à propos des abcès d’origine tuberculeuse.
Les incisions se font en des endroits différents, suivant la direction des fusées purulentes : on les combine de façon à ce que le drainage puisse se faire facilement. D'ordinaire, on fait une première incision à des hauteurs variables, suivant que le pus a progressé plus ou moins vers l’aine, à la partie antérieure ou externe de la cuisse, et une seconde dans le voisinage de l'articulation, soit à la face interne vers le tendon du grand adducteur, soit à la face externe ; la seule indication est de permettre au liquide de s’écouler facilement dans les parties déclives de la plaie.
Après le nettoyage de la poche, on passe dans les ouvertures des drains qui sont lavés et antiseptiés chaque jour : ils doivent être assez épais pour ne pas s’aplatir, et posséder une lumière suffisante pour donner passage au liquide à évacuer. Les plus employés sont en caoutchouc rouge qui sont suffisamment rigides et s’altèrent moins rapidement que ceux en caoutchouc vulcanisé. On
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se sert aussi, surtout à la fin de la suppuration, de faisceaux de catgut, de crins de cheval ou de crins de Florence dans les interstices desquels le liquide filtre par capillarité.
Enfin, l’on passe chaque jour par les drains des liquides antiseptiques (eau phéniquée ou sublimée) qui nettoient la poche et empêchent la fermentation du pus.
En ce qui concerne les arthrites tuberculeuses compliquées d’abcès sous-tricipitaux, les indications comportent quelques variantes. Jalaguier, dans sa thèse d’agrégation, signale un procédé opératoire, dû à Lannelongue, et qu'il appelle une arthrotomie d'exploration. « Quand « il y à un abcès intermusculaire, qui peut être d’origine « osseuse ou synoviale, ou qui peut reconnaître ce double « point de départ, on commence par ouvrir labcès, on « explore ensuite, puis, soit au travers de l'os, soit au « travers de la synoviale, on entre dans la jointure en « agrandissant l'ouverture. Alors on explore de nouveau « pour se comporter différemment suivant que l’on ren- « contre des lésions de tel ou tel ordre. »
C'est surtout quand il s’agit de tumeur blanche qu'i faut faire le nettoyage et le grattage complet de l’abcès : il faut enlever soigneusement les fongosités qui deviendront sans cela autant de foyers de suppuration dans la suite et retarderont indéfiniment la guérison de la plaie.
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OBSERVATION XVI. (In E. Bæœckel (1). Résumée)