‹ Des Abcès Sous-Tricipitaux Consécutifs Aux Arthrites Purulentes Du GenouChapitre 20 sur 22 · MÉCANISME DE GUÉRISON PAR CLOISONNEMEET DE L’ARTICULATION · texte numérisé non relu

MÉCANISME DE GUÉRISON PAR CLOISONNEMEET DE L’ARTICULATION

Nous avons dit que les recherches de Schwartz et de Tillaux avaient établi que le cul-de-sac supérieur ne communiquait pas, chez certains sujets, ou re communiquait que par un orifice très rétréci avec le reste de l'articulation. Cette disposition anatomique, qu’elle existe antérieurement à l’arthrite, ou qu’elle soit créée par un processus cicatriciel, explique quelques cas de guérison inattendue du genre de ceux que nous publions. Il semble que toute la malignité de laffection articulaire se déverse dans l’abcès : la cloison une fois formée entre les deux cavités purulentes, l'articulation se dessèche rapidement et la guérison arrive en dépit de tous les fâcheux pronostics.

Voici deux faits inédits à l’appui de ce curieux mécanisme de guérison :

OBSERVATION XVIII (Inédite)

ARTHRITE INFECTUEUSE SUPPURÉE DU GENOU GAUCHE ABCÈS SOUS-TRICIPITAL, CLOISONNEMENT. — ARTHROTOMIE GUÉRISON

B.., Lucien, étudiant en médecine, entré à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. le professeur Poncet le 9 décembre 1893.

Père mort de maladie de foie, mère bien portante. Marié, père d'un enfant de trois ans bien portant.

A eu une amygdalite à l’âge de cinq ans, la rougeole a vingt-trois ans.

Le malade faisait le service d'externe à la Charité : il eut à panser le 21 décembre un enfant atteint de coxalgie non suppurée qui avait pris la diphtérie pendant son séjour à l'hôpital.

Pendant les 8 jours suivants, il ressentit quelques malaises, de l'inappétence. Le ?8 au soir, il fut pris d'un frisson : la température monta à 400 et le 30 à 410.

Pendant la nuit du 4 au 5, dyspnée qui l’oblige à s'asseoir sur son lit. La jambe se replie sur l'articulation du genou, l'extension devient impossible, et le genou devient de plus en plus douloureux. Le malade est alors soigné pour rhumatisme articulaire.

Le 7 une angine herpétique se déclare : traitement par des badigeonnages au perchlorure de fer, guérison après trois jours, les badigeonnages ont amené la chute de larges fausses membranes.

Période d’abattement : le malade est indifférent à ce qui se passe autour de lui, après quoi il cst pris de broncho-pneumonie qui dure jusqu'à la fin d'octobre.

La tuméfaction qui siégeait d'abord au niveau de la tubérosité antérieure du tibia remonte progressivement, envahit l’articulation du genou et remonte jusqu’au milieu de la face antérieure de la cuisse : il se forme une collection purulente. Le membre majade est mis dans une gouttière et immobilisé. Les douleurs restent toujours très vives.

À partir du 24 novembre le malade s’affaiblit rapidement, ne se nourrit plus, jusqu à son entrée à l'hôpital où il arrive dans un état de cachexie profonde.

A l'examen on trouve un genou énorme. Une vaste collection emplit le cul-de-sac sous tricipital et remonte jusqu’à la partie moyenne de la cuisse. L'état général est très atteint. Température de 40o.

On ouvre l'articulation par deux incisions parallèles à la rotule. Une quantité énorme de pus s'écoule. Mais l'abcès s’est cloisonné, la partie postérieure de l'articulation est restée saine.

Au bout de 15 jours, le malade sortit presque guéri. L'état local actuel [mars 1895) est très sattsfaisant : la jointure est complète-

he

ment desséchée, les plaies fermées ; la jambe reste néanmoins modérément fléchie sur la cuisse, et peu mobile, ce qui tient sans doute au refus du malade de se lever et de mobiliser progressivement son articulation.

OBSERVATION XIX. {Inédite)

ARTRITE SUPPURÉE DU GENOU DROIT. — COLLECTION PURULENTE SOUS LE TRICEPS. — PONCTIONS SUCCESSIVES. — CLOISONNE- MENT DE L'ARTICULATION. — GUÉRISON SANS FISTULES.

Philibert G., 12 ans, entré le 8 juin 1872 dans le service du professeur Ollier.

Rien à noter du côté des parents.

Personnellement, cet enfant a eu à plusieurs reprises des manifestations scrofuleuses.

Deux ans avant son entrée à l'Hôtel-Dieu, à la suite d'un froid, prétend il, son articulation droite gonfla, et un point douloureux se manifesta au-dessous et en dehors de la rotule.

En 1871 la tuméfaction augmentant, un médecin prescrivit des vésicatoires qui ne furent pas appliqués.

En avril 1872, à la suite d'une fatigue excessive, il dut s’aliter quelques jours, puis se servir, pour marcher, de béquilles. La jambe malade fléchissait sous le poids du corps. Le malade constata de plus qu'il maigrissait sensiblement ; néanmoins l'état général restait relativement bon.

Il entra à l'Hôtel-Dieu, et le 2? juillet, après anesthésie, on pratiqua une ponction au genou. Résultat négatif: on arriva sur un amas de fongosités.

25 juillet, nouvelle ponction à l'aspirateur, au-dessus de la rotule : on retire une certaine quantité de pus crêmeux mélangé de grumeaux. On fait une seconde ponction plus haut ; il s'écoule une seringue et demie de liquide rougeûtre cette fois, mais toujours grumuleux, cailleboté, La jambe s'étend plus facilement.

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