ARTHRITE TRAUMATIQUE DU GENOU. ABCÈS SOUS-TRICIPITAL ANKYLOSE
Claude G..., domestique, 25 ans, entré à l’Hôtel-Dieu le 6 avril
Père vivant, mère morte d’une affection de l'estomac, frères et sœurs en bonne santé.
Le malade s’est toujours bien porté : aucun antécédent syphilitique ni alcoolique.
Le 6 mars 1880, cet homme en travaillant la vigne s'était donné un coup de serpette entre le condyle interne du fémur et la rotule du genou droit. Il s'était aussitôt trempé le genou dans l'eau, l’'hémorrhagie s'était arrêtée et G... avait repris son travail.
Pendant quelques jours, il s'écoula de la plaie un peu de liquide filant, analogue à du blanc d'œuf.
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Le 15 mars, le genou s’enflamma et gonfla : il en sortit une assez grande quantité de pus, et le malade alarmé entra peu de temps après à l'hôpital.
6 avril — On constate au-dessus de la rotule une plaie en forme de croissant, de cinq à six centimètres de longueur, et communiquant avec l'articulation. Le genou est enflé, et le malade ne peut faire aucun mouvement sans de violentes dou-. leurs. La cuisse est tuméfiée dans ses deux tiers inférieurs. Fièvre et douleurs aiguës.
Après avoir nettoyé la plaie, on applique un pansement de Lister et par-dessus, un bandage silicaté.
14 avril. — On coupe le bandage : on s'aperçoit qu’en avant de la cuisse, le cul-de-sac sous-tricipital à laissé fuser du pus qui a envahi le membre jusqu’au tiers supérieur. On fait deux incisions, l’une interne, l’autre externe, et on draine avec un faisceau de crins, puis on replace le membre. préalablement pansé, dans l'appareil silicaté. Pulvérisations phéniquées avec le pulvérisateur à vapeur pendant l'opération.
22 avril. — On enlève le pansement : il existe un peu d'œdème au niveau des plaies et au-dessus du genou. Attèle platrée remontant jusqu'en haut de la face postérieure de la cuisse.
18 juin. — On enlève la gouttière platrée et on change les drains : l'injection traverse bien les trajets. En pressant, on fait sourdre un pus épais, grisâtre. Nettoyage minutieux des plaies Le genou commence à s'ankyloser.
10 juillet. — On fait tous les trois ou quatre jours un pansement antiseptique complet. La plaie située au-dessus de la rotule s’est complètement cicatrisée. Il s'écoule encore un peu de pus par les drains qu'on a placés dans les ouvertures.
217. — Le malade reprend peu à peu ses forces : le genou s’ankylose entièrement.
2 août. — On fait au malade un bandage silicaté et on l'envoie en convalescence à Longchêne.
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OBSERVATION IT (Inédite)
ARTHRITE TRAUMATIQUE. — ABCÈS INTERMUSCULAIRE. ARTICULATION CLOISONNÉE. — AMÉLIORATION LOCALE. TUBERCULOSE PULMONAIRE ET MORT
Louis-Marie AÀ..…., 30 ans, charron, entré le 28 juillet 1871 à l'Hôtel-Dieu, salle Saint-Sacerdos n° 6.
Antécédents héréditaires vagues; on apprend seulement que le père avait des douleurs à une épaule, sans autres renseignements complémentaires.
Comme antécédents personnels, le malade accuse une fièvre paludéenne à l'âge de 10 ans, et une typhoïde à 17 ans.
À ?1 ans, pendant son service militaire, il fut renversé de cheval, traîné à terre pendant quelques secondes, et il reçut un coup de pied de l'animal au genou droit. Il en résulta à la partie externe du genou une petite plaie qui se ferma au bout d’un mois. Mais pendant ce laps de temps le genou enfla et la jambe resta un peu fléchie sur la cuisse. A l'hôpital de Thionville où A... fut admis, on lui appliqua des vésicatoires qui le soulagèrent beaucoup.
Au printemps de l’année suivante (1868), il fut envoyé aux eaux. Il n’en retira aucun bénéfice : au contraire, au bout d’une saison de 40 jours, son genou était redevenu douloureux et les mouvements plus difficiles.
Après un séjour de six mois à l'hôpital de Valenciennes et un traitement approprié, se trouvant beaucoup mieux, A... sortit et reprit son travail.
En novembre 1870, après une nouvelle chute de cheval sur le même genou, il rentra à l’'Hôtel-Dieu de Lyon. Le genou étant un peu tuméfié et présentant quelques points fluctuants, on fit des applications de teinture d'iode et d'emplâtre de Vigo. Le malade
soulagé sortit, puis rentra le ?8 juillet 1871. d 3
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15 septembre. — Le genou a augmenté de volume ; on constate la présence d’une importante collection de liquide remontant sous le triceps et communiquant avec l'articulation. On fait une ponction sous-cutanée avec un trocart explorateur et on obtient un liquide citrin mélangé de globules de pus.
On applique un bandage silicaté qui maintient le membre dans l'extension et on fait un peu de compression sur le genou.
9 octobre. — On constate que la collection s’est en grande partie reformée, mais elle ne communique plus avec l'articulation. Elle tend donc à s'isoler, à se renfermer dans la poche formée sous le triceps. Cette disposition éloignant toute crainte du côté de l'articulation, on fait une ponction de l’abcès avec un trocart dont le manche est recouvert d'une baudruche trempée dans l'eau. Il sort environ un litre de liquide séro-purulent. Application d’un pansement au collodion sur l’ouverture.
20 octobre. — Le malade amélioré est envoyé en convalescence à Longchène.
2? novembre. — Il rentre à l’Hôtel-Dieu ; l’état local n’est pas modifié, mais l’état général s’est aggravé : le malade est d’une maigreur excessive, il se plaint de douleurs dans les épaules, de dyspnée, de palpitations de cœur.
Peu d’appétit, toux opiniâtre et crachements de sang. A l’auscultation, on trouve des signes de phtisie.
Le malade meurt le 16 février 1872 de tuberculose pulmonaire.
OBSERVATION III (Inédite)
ARTHRITE SUPPURÉE DU GENOU GAUCHE. — VASTE ABCÈS SOUS-TRICIPITAL. — DRAINAGE. — OCCLUSION INAMOVIBLE. — MORT
Théophile R..., domestique, 16 ans, entré dans le service du professeur Ollier, en mars 1893, au n° 41 de Saint-Sacerdos. Père inconnu. Mère en bonne santé.
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Pas de maladie grave antérieure : quelques croûtes dans les cheveux pouvant faire penser à la scrofule.
Six ans avant son entrée à l'Hôtel-Dieu, douleurs légères dans le genou gauche, sans tuméfaction. Claudication légère. Six mois après, le malade fit une chute qui détermina une entorse du genou. Après traitement, il reprit son travail et son état resta stationnaire jusqu’en janvier 1893. À partir de cette époque, sans cause appréciable, les douleurs recommencèrent avec une intensité nouvelle, le genou se tuméfia davantage, et le 2? mars, cet enfant s'étant aperçu qu'une tumeur molle, fluctuante s'était formée au dessous de la rotule, la perça avec un morceau de bois, Il s’en écoula un liquide trouble, blanchätre, mais non franchement purulent.
La plaie se referma, mais la tuméfaction de l'articulation n'ayant fait que s’accroître, surtout au niveau du cul-de-sac supérieur, R... entra à l'Hôtel-Dieu où l’on constata les lésions suivantes.
Genou considérablement tuméfié. Peau chaude et légèrement rouge. La tuméfaction surtout prononcée au-dessus de la rotule remonte jusqu'à la partie moyenne de la cuisse.
Le cul-de-sac supérieur s’est rompu, et il existe un vaste décollement jusqu'au tiers supérieur du membre.
Mouvements excessivement douloureux, amaigrissement considérable, anémie profonde. Perte de l'appétitet, depuis deux mois, frissons dans le membre inférieur. Diarrhée incoërcible.
26 mars. — Le malade étant anesthésié, on fait deux incisions au niveau du cul-de-sac supérieur, l’une interne et l’autre externe. et une contre-ouverture à la face externe du tiers supérieur de la cuisse. On passe deux drains par ces ouvertures : il s’en écoule une grande quantité de pus crêmeux, blanchâtre. On fait ensuite un bandage silicaté emprisonnant tout le membre.
31 mars. — Suppuration toujours abondante. Pas de frissons. Bismuth.
3 avril. — On change le bandage. Le pus est toujours abondant : les plaies ont bon aspect, et restent ouvertes par les drains. La température monte de quelques dixièmes après l'enlèvement du
bandage.