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ANATOMIE

Le reins profondément situés dans la région lombaire, de chaque côté de la colonne vertébrale, sont entourés par une masse de tissu cellulaire plus ou moins dense.

Cette atmosphère celluleuse périrénale, bien vue par tous les anatomistes, n’a cependant été jusqu'alors l'objet d'aucun travail particulier, et c’est à M. Tuffier (4) que revient l'honneur d’avoir fait l’histoire de cette partie de l'anatomie chirurgicale. Aussi ferons-nous de nombreux emprunts à son excellente monographie.

La capsule adipeuse du rein est constante. Elle se retrouve chez tous les sujets, mais présente, suivant les individus, des différences parfois assez considérables. Elle varie également avec le sexe et l’état de santé ou de maladie. Elle n’est pas non plus répartie d'une façon régulière autour du rein.

Manquant presque complètement à la face antérieure de cet organe, elle acquiert au contraire une certaine épaisseur à sa partie postérieure, épaisseur qui peut aller jusqu’à 3 el 4 centimètres.

« Sur le bord convexe de la glande, elle forme une « bande épaisse qui comble l’espace laissé libre entre

1. Tuffier, La capsule adipeuse du rein. Son rôle au point de vue chirurgical. Rev. de chirurgie, 1890.

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la face interne du colon et le rein, elle se continue là avec la graisse dans laquelle baigne le gros intestin, rapport important, comme nous le verrons. Surle bord concave, elle se localise en un noyau épais, correspondant au hile de la glande et descendant le long de l’uretère et des vaisseaux spermatiques, où fusent souvent les épanchements sanguins dans les déchirures du rein. Au-dessus et au-dessous du hile, ce n’est qu'une lame assez mince. Aux deux extrémités du rein elle forme deux bourrelets très épais. Le bourrelet supérieur correspond à la capsule surrénale et au diaphragme très mince à ce niveau, et qui peut même faire défaut. Le bourrelet inférieur comble un large sinus compris entre le colon et la paroi abdominale. L’extrémité inférieure de la glande s'enfonce dans cette masse qui lui forme une sorte de nid. Elle se continue avec la graisse souspéritonéale. »

C’est donc surtout à la face postérieure du rein que la

capsule adipeuse présente une épaisseur réellement appréciable. -

Compacte et serrée sur le cadavre la masse graisseuse

et diffluente se laisse facilement déchirer sur le vivant.

Les recherches de MM. Tuffier et Lejars (1) ont montré

que les veines de cette zûne celluleuse étaient peu importantes. Aussi l’hémorrhagie est-elle insignifiante lorsqu’on opère dans cette région.

Fermée en avant par le rein qui lui constitue ane sorte

1. Tuffier et Lejars, Les veines de la capsule adipeuse du rein.

Archives de physiologie, n.1, janvier 1591.

de paroi antérieure, la capsule se trouve bridée en arrière par la paroi lombaire, qui se compose de deux parties principales. | - |

1° Une interne allant des apophyses épineuses au bord externe de la masse sacro-lombaire et comprenant :

a) Le feuillet profond, peu solide de l'aponévrose du transverse.

b) Le muscle carré des lombes. “tt

c) Le feuillet moyen de l’aponévrose du Re tés résistant. '

a) La masse sacro-lombaire.

e) Le feuillet superficiel de l’aponévrose du transverse,

2 Une partie interne située à 8 centimètres en dehors de la ligne des apophyses, allant du‘bord externe de la masse sacro-lombaire au bord postérieur du muscle grand: oblique, et correspondant au triangle de J.-L. Petit. À ce niveau on ne rencontre plus que l’aponévrose du transverse, et les muscles transverse et petit oblique; c’est le point faible de la région. C’est là que les abcès viennent faire saïllie en soulevant la peau.

Lorsque la communication entre la poche lombaire et la poche sous-cutanée se fait par une étroite ouverture, on a l’abcès dit en bissac, dit aussi en ‘bouton de chemise.

Ainsi comprise, l’atmosphère celluleuse du rein sert, non seulement par sa distribution spéciale, de moyen de fixité à cet organe, mais ele lui permet encore par sa laxité, des mouvements normaux d'expansion et de translation.

Ces notions nous permettront de mieux nous rendre compte du développement des abcès périnéphrétiques, de leur marche et de leur terminaison.

ÉTIOLOGIE

Nous distinguerons les abcès froids périnéphrétiques d’après leur mode de développement en primitifs el secondaires.

Nous n’ignorons pas ce qu'a d’arbitraire en apparence une pareille division. Cependant certains faits cliniques nous obligent à la maintenir jusqu’à ce que de nouvelles observations soient venues confirmer ou infirmer ce que nous avançons.

Les abcès primitifs ne seraient autre chose que la localisation de la tuberculose dans l’atmosphère celluleuse périrénale. Il n’y a jusqu'ici que de rares observations absolument authentiques; mais pourquoi ne verrait-on pas cette manifestation de la tuberculose se développer primitivement dans la capsule adipeuse du rein, plutôt que dans d’autres régions également à l’abri, en apparence du moins

de l’accès du bacille. D'ailleurs combien de ces suppura-

tions bacillaires passent inaperçues au début et ne se sont révélées que beaucoup plus tard, alors que l'organisme presque tout entier est envahi ? |

Comme pour toutes les inflammations, c’est à la suite d'une cause banale que se développent ces tuberculoses périnéphrétiques.

Dickinson cite un cas d’abcès périnéphrétique à la suite d’une contusion lombaire. La marche lente de la maladie,

Thomas 3

— 14 — | le développement consécutif ou tout au moins concomitant d'une pleurésie, font penser à une tuberculose, qui tout d’abord latente, s’est manifestée d’une façon plus aiguë dans le point qui a offert le moins de résistance.

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