‹ Des Abcès Urineux à Siège Exceptionnel Non PérinéauxChapitre 8 sur 21 · ET AE · texte numérisé non relu

ET AE

Certains crurent en trouver la raison dans les difiérences de réaction du liquide urinaire. Les uns avec Muron (1) accusèrent d’être phlogogènes les urines fortement acides par excès d’acide urique; mais, dans ses expériences, Muron ne s'était pas assez mis en garde contre les souillures, ce qui leur ôte leur valeur. D'autre part Patridge, les reprenant et injectant à plusieurs reprises sous la peau de la cuisse, chez des nègres, des urines fortement troublées par des urates en excès, nota tout au plus un peu d’induration passagère, mais jamais d’inflammation suppurative. La doctrine était donc fausse. D’autres auteurs mirent en cause l’alcalinité des urines ammoniacales et cela avec quelque apparence de raison, car, en fait, les urines spontanément ammoniacales provoquent plus fréquemment la formation d’abcès que celles à réaction normale. Mais la cause n’est pas dans leur alcalinité même; en effet, si l’on alcalinise des urines normales avec de la soude ou de la potasse, elles restent aphlogogènes (Menzel).

C’est seulement à la suite des travaux de Pasteur que l’on put trouver la clef du problème. On demanda à la microbiologie ce que la chimie n’avait pu apprendre et bientôt la conception erronée de l'urine toxique fut remplacée par celle de l’urine septique. On en vint à démontrer que l’urine, par elle-même, n'avait pas de propriétés inflammatoires vis-à-vis des tissus, mais quelle les empruntait aux différents germes qui, parfois, vivaient en son milieu. Diverses expériences le prouvent surabondamment. G. Simon (2) n'arrive à provoquer l’inflam-

(1) Thèse Paris, 1874.

(2) Deutsche Klinik, 1869.

Morer. 2

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