‹ Des Abus de la Castration Chez la FemmeChapitre 5 sur 37 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

L'histoire de presque toutes les interventions chirurgicales démontre que les tentatives opératoires nouvelles ont eu le plus souvent des initiateurs dans l’antiquité. La castration de la femme n’a pas échappé à ce fait d'observation.

Il suffit de signaler la période préhistorique de cette opération pour en arriver à l’ère chirurgicale qui commence en 1872. On sait qu’à cette époque Hegar et Battey ont pratiqué, presque en même temps, l’ablation des ovaires normaux. La priorité de l'opération a été l’objet de vives revendications sur lesquelles il est inutile d’insister. Que ce soit Hegar, Battey ou Lawson Tait qui ait pratiqué la première castration, le fait est de minime importance. Il nous faut seulement savoir, comme l'ont écrit Hegar et Kaltenbach, qu’en enlevant les ovaires de la femme, les opérateurs ont obéi à des indications théoriques”.

Rôle des ovaires.

Les idées théoriques qui ont présidé à l'application de la

1. Voir la Thèse de Tissier et l’Index bibliographique à la fin de notre travail. (

LP

castration au sexe féminin sont basées sur le rôle qu’on attribue à l'ovaire.

Le temps est éloigné où Athénée d’Atalia {1° siècle de l'ère chrétienne) et Averrhoës (xm° siècle) disaient que les ovaires étaient superflus et que, comme les mamelles de l’homme, ils ne servaient guère qu’à établir la symétrie du corps humain.

Pendant longtemps, l'utérus avait exclusivement fixé l’attention des médecins (401). Mais la découverte de la fonction ovarienne eut pour résultat de faire déchoir la matrice du rang élevé qu'elle occupait dans la physiologie et la pathologie. Négrier (372) établissait la nouvelle doctrine dans ces termes : « On disait autrefois et on dit même encore de nos jours : L'utérus, c’est la femme. Nous nous croyons en droit de réformer ce langage et de dire : L’ovaire, c’est la femme. » Et Chéreau, modifiant la phrase célèbre de Van Helmond, ajoutait : « Propter solum ovarium, mulier id est quod est. » On pourra lire le développement de cette théorie par Virchow qui rapporte à l'ovaire toutes les qualités de la femme ‘.

Déjà Roussel (401) avait eu l’occasion de regretter que les fonctions génitales de la femme eussent trop absorbé l’attention des médecins. Briquet avait protesté contre la tendance des pathologistes à exagérer le rôle des ovaires. Bernutz (368) n'avait fait que confirmer l'opinion de Briquet. Bref, une réaction dont on trouve les traces dans le Dictionnaire encyclopédique (242) n’a pas tardé à se manifester et à réduire notablement le rôle attribué à l’ovaire, dans l’enthousiasme qui avait suivi la découverte des fonctions de cette glande.

Il est cependant nécessaire, pour l'intelligence de notre sujet, de dire un mot des rapports de l'ovulation avec la menstruation (339). On connait la théorie classique qui a régné

présque sans conteste dans la science, depuis les travaux de

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