DEUXIEME SECTION
Nous avons vu, en étudiant les débuts périphériques et les débuts viscéraux, que tous les épileptiques du premier
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genre, à un cinquantième près, et que ceux du second genre, 95 fois sur 100, offraient dans l'intervalle de leurs attaques des accidents plus légers semblables au commencement de leurs grandes crises. Dans les cas à débuts encéphaliques, la proportion des malades n'ayant jamais offert ni préludes ni vertiges a été plus forte que dans les deux autres genres; cependant elle n'a guère atteint que la dixième partie des cas ; en effet, sur 183 épileptiques, nous n^en avons rencontré que 14 qui n'eussent certainement point d'accès de petit mal, et 5 chez qui Tabsence de ces espèces d'accidents fût probable, mais non certaine. Sur l'ensemble de nos 300 faits, nous n'en avons donc trouvé que 7 sur 100, à peu près, où l'épilepsie bornât ses manifestations aux attaques complètes. C'est une fois de plus montrer toute l'importance qui s'attache aux accès incomplets au point de vue du diagnostic du mal caduc.
Ici, comme dans les deux chapitres précédents, nous établirons deux degrés dans les manifestations avortées : nous conserverons le nom générique de préludes à celles qui ne vont pas jusqu'à la perte entière de la connaissance, nous réserverons le nom de vertiges à ceux de ces accidents qui s'étendent davantage, sans que pour cela l'attaque se complète. Nous étudierons les préludes d'abord, les vertiges ensuite.
De nos 3 malades à débuts cutanés, 2 voyaient parfois leurs accidents comitiaux se borner à un prélude. Le froid arrive à la tête, s'accompagne de tournoiement des objets, de trouble général des sens et de Tintelligence; chez l'une d'elles Faccès s'arrêtait là ; elle appelait ces préludes des frissons. Chez l'autre, outre des idées tristes, des rêves
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Qffirayants, il y avait spasme du gosier et efforts broyants de déglutition ; mais la connaissance ne se perdait pas entièrement; la patiente aimait à s'asseoir ; cependant elle pouvait continuer à marcher.
Le petit épileptique, dont les attaques débutaient par une vive douleur dentaire, portait la main à sa mâchoire, et s'é« criait avec effroi : Maman j foi mon mal de dents ; parfois Taccès s'arrêtait là.
De 3 patients à début par de fausses perceptions d'odeur, % n'avaient pas d'accidents moindres que les vertiges. Le troisième avait quelquefois de simples préludes ; la mauvaise odeur ne s'étendait pas au delà des fosses nasales (tandis que dans le vertige la sensatioii descendait dans la gorge) ; bientôC tout était fini ; il n'y avait pas trace de trouble intellectuel ; il appelait ces accidents légers ses mauvaises odeurs.
2 des 6 malades dont les attaques commençaient par des bourdonnements ou l'occlusion des oreilles n'avaient pas de préludes isolés ; l'un n'avait que des attaques, l'autre que des attaques et des vertiges. Chez 3 des quatre autres, au trouble de l'ouïe se joignaient bientôt du fourmillement, de l'engourdissement ou même une crampe dans un meipbre, puis chez l'un d'eux du trouble intellectuel, sans que les accidents allassent au delà; le quatrième n'éprouvait rien dans les membres ; mais un spasme gastrique venait compliquer le ' prélude. La plupart de ces patients donnaient à ces accès avortés le nom de bourdonnements.
Sur les 1 4 épileptiques à débuts par des apparences lumirneuses ou des perturbations de la vue, il en était 5 qui n'avaient jamais eu de simples préludes. Des 9*autres, 3 avaient des préludes bornés uniquement au symplàme
yisuel ; 4 étaietit en outre plus ou moins étourdis ; un attire ensuite chancelait et balbutiait; enfin chez le dernier, aux phénomènes de la vision se joignaient Toppression et Timpossibilité de parler, c'est-à-dire le spasme laryngé. Presque tous les malades dont nous venons de parler appelaient leurs préludes éblouissements.
Il est bien remarquable que, parmi les 14 patients dont les crises commençaient par l'obscurcissement ou la pet*te de la vue^ il n'y en ait eu qu'un seul, chez qui les accidents comitiaux pouvaient être limités parfois à un simple prélude. C'était un enfant chez qui alors la vue se perdait pour quel*ques instants, comme il le disait lui-même en se plaignant en même temps que les yeux lui faisaient mal ; son regard était fixe ; il faisait les mêmes mouvements des paupières que les aveugles et il continuait quelquefois à jouer à tâtons. Quand le prSiude se prolongeait, l'enfant prenait un air hébété, cherchait ses mots et parlait difficilement ; mais tout pouvait se borner à ces symptômes dont la durée était fort courte. Dans les 13 autres cas, le moindre degré de Taccès était un vertige ; aussi les malades de cette catégorie n*appe* laient pas leurs crises incomplètes autrement que les épileptiques ne nomment en général leurs vertiges.
Les malades à débuts par le tournoiement des objets ont eu rarement aussi de simples préludes ; il ne s'en est ren* contré qu'un seul sur 8. Après le tournoiement cette patiente était prise d'étourdissement, elle s'asseyait par précaution, quand elle l'éprouvait^ et les symptômes parfois s'arrêtaient là.
Dans le cas à débuts par le. tournoiement de tête ou rélourdissement , les préludes se sont montrés chez la
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moitié des malades; savoir, chez 14 sur 29; le prélude chez 4 d'entre eux se bornait au tournoiement de tête et à Tétourdissement ; 2 avaient en outre de la titubation. A ces symptômes s'ajoutait chez 3 autres la perte de la vue, sans autres accidents ultérieurs ; 3 des malades de cette catégorie éprouYaient, de plus, un trouble plus ou moins caractérisé de Tintelligence , allant le plus souvent jusqu'à un rêve pénible ou à une saisissante hallucination ; mais la connaissance n'était pas pour cela tout à fait perdue. Dans les 2 derniers cas, après l'étourdissement, se montraient des convul* sions dans les membres droits, la conscience restant intacte et les symptômes n'allant pas au delà.
Les cas où se montraient des accès bornés à de simples préludes ont été plus fréquents encore parmi les débuts par des perturbations de l'intelligence ou des hallucinations que dans la catégorie précédente, puisque nous en avons observé 8 sur 1 1 . Nous avons décrit les perversions intellectuelles et les hallucinations diverses qu'éprouvaient ces malades au commencement de leurs attaques. La crise pouvait se borner à ces sortes de courtes vésanies. Il s'y joignait le trouble de la vue et la fixité forcée du regard, l'une restant nette ou étant troublée seulement par des bourdonnements. D'autres fois nous avons observé, en outre, un spasme glottique ou intestinal. Dans un dernier cas, la convulsion des muscles sous-* maxillaires s'ajoutait à la perturbation mentale et visuelle^ et terminait la scène.
Sur les 11 malades dont les accès commençaient par la céphalalgie, la congestion ou la chaleur à la tête, 3 seulement ont offert de simples préludes; encore chez 2 d'entre eux, les accidents se rapprochaient-ils du vertige, s'ils n'ap*
partenaient pas à ce degré : en effet, après le symptôme initial, dans ces 2 faits, il y avait un trouble intellectuel qui ne permettait pas aux patients de comprendre ce qu'on leur disait; ils bégayaient ou ne pouvaient parler, la salive s'accumulait dans la boucbe, et Ton entendait des bruits de déglutition. 2 des 3 malades appelaient leurs préludes congestion.
Nous avons limité, dans ce genre d'épilepsie, la dénomination de préludes aux accès incomplets qui ne vont pas jusqu'à la perte de la connaissance, rangeant au nombre des vertiges les accidents qui s'étendent jusque-là. Il en résulte que tous les épileptiques chez qui l'attaque commence par l'abolition de la conscience ne peuvent pas avoir de simples préludes. Nous arrêterons donc id l'histoire du degré le plus léger d'accident dans Pépilepsie à début encéphalique, pour nous occuper maintenant de la description des vertiges.
De même que les préludes chez tous nos malades étaient identiques au début de leurs attaques, ainsi les vertiges n'ont été que l'image fidèle des premières périodes de ces accès.
Four éviter des inutiles répétitions, nous ne reviendrons pas sur les symptômes initiaux des divers degrés de ces accès incomplets, symptômes que nous avons déjà fait connaître ; nous décrirons les vertiges à dater seulement de la perte de connaissance, et cela avec d'autant plus de raison que Tespèce de trouble mental ,par lequel le vertige a commencé n'a aucune influence sur la marche ultérieure des phénomènes.
Disons, une fois pour toutes, ce que sont les vertiges pour
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les patients euit-mémes, une fois lar conscience abolie; ce Je perds Bubitenieni connaissance, comme par un coup de foudre (nous écrivait l'un d'eux), mais, ainsi que je le recoqnais plus tard, je fais pendant ce temps un trajet, quelquefois trcs-proloûge et très-compliqué. Le sentirait de Texi^tence chez moi est complétèrent aboli, je ne puis mieux me comparer qu'à un acrobate marchant sans avoir la moindre conscience de ce qu'il fait. La bête humaine chemine^ mais dépourvue d'intelligence. C'est une interruption de la vie intellectuelle, la vie animale continuant. Le sentiment revient ensuite, d'abord obscur, mais bientôt net. » Un autre épileptique s'exprimait ainsi. « Pour moi c'est un profond sommeil, sans rêve^ tians aucune pensée et dont je ne m'aperçois que quand il est passé. » c< C'est une lacune dans l'existence de l'être pensant, x> nous disait un autre.
Pour les témoins du vertige, les phénomènes sont en général plus complexes. Nous décrivons d'abord les degrés les plus légers et les moins compliqués.
Que le vertige ait débuté par des troubles des sens ou de l'intelligence ou bien par la perte immédiate de la conscience ; il peut s'arrêter à cette dernière manifestation et ne pas aller au delà. C'en est le type le plus simple ; c'est le .vertige non convulsif. Nous en avons observé plus d'un cas en témoin oculaire attentif. Dans les premiers moments de la perte de connaissance, les sens paraissent abolis : le patient est insensible aux bruits, aux plus fortes odeurs , aux piqûres, aux pincements, aux brûlures* La pupille fortement dilatée reste insensible à la lumière, les yeux sont le plus souvent fermés ; s'ils sont ouverts, ils sont sans regard ;
l'expression est celle de la stupeur. Cette abolition des sens appartient aux degrés moyens ou forts; elle persiste probablement dans les degrés les plus légers, malgré l'abolition de la conscience : bon nombre de malades en effet restent debout, ou continuent à marcher; d'autres, s'ils ont été avertis, comme dans les débuts par les organes des sens, ont pris la précaution de s'asseoir. Quelques patients chancellent, ou marchent, ou fléchissent un genou ; il en est qui ne peuvent se soutenir qu'appuyés sur deux bras; d'aqtres tout en cheminant, se heurtent contre un obstacle, mais cela est rare. La face est presque toujours pâle. Après une minute environ, le malade peut retrouver en quelques secondes toute son intelligence, mais, à l'ordinaire, il passe rapidement par les phases successives du retour des sens, de la divagation, etc. Nous avons déjà décrit ces phénomènes à Toccasion des attaques ; nous y reviendrons avec plus de détails quand nous aurons fait connaître les diverses variétés du vertige.
Dans les degrés plus élevés que celui que nous venons de décrire, les convulsions externes sont très-diversement limitées.
11 est très-fréquent que les yeux soient fixes et grandement ouverts ; les globes alors sont ordinairement dirigés d'un côté où les paupières puissent palpiter, et les yeux eux-mêmes osciller.
Les convulsions toniques peuvent atteindre d'autres muscles de la face : une malade éprouvait toujours dans ses vertiges un frémissement très-prononcé des lèvres. Le plus souvent, les traits du visage sont entraînés d'un côté, les convulsions cloniques s*ajoutent parfois à la contracture des traits faciaux.
Herpin. — Accès. 10
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A un degré plus fort, la tête tourne d'un côté, se renverse ou s'infléchit habituellement sans secousses ; mais celles-ci peuvent aussi survenir ; chez un patient la tête oscillait à droite et à gauche.
Les membres thoraciques peuvent être pris de contracture^ sans que le tronc ou les membres inférieurs y participent. Ils peuvent être agitéspar quelques saccades; mais il ne faut pas ranger parmi les convulsions des membres supérieurs certains mouvements automatiques que font quelques malades^ pendant leurs vertiges : une jeune fille semblait manger quelque chose de son index étendu et dirigé en bas. Une jeune personne paraissait imiter un joueur de guitare ; elle n'avait jamais tenu cet instrument, etc.
Les membres supérieurs et inférieurs d'un seul côté peuvent être envahis par les convulsions le plus souvent simplement toniques, mais quelquefois aussi cloniques.
Aux convulsions toniques de la face, du cou et des membres supérieurs on voit, dans un certain nombre de cas, se joindre celles du tronc qui le plus souvent s'infléchit en avant, mais oscille parfois en avant et en arrière. Ces convulsions des muscles thoraciques et abdominaux entraînent d'autres effets que nous devons indiquer ici et qui sont caractéristiques de ce degré de Vertige : c'est le cri, la chute, les symptômes d'asphyxie, phénomènes que nous avons décrits en étudiant la marche des symptômes de l'attaque et qui se trouvent dans les plus forts vertiges.
Le cri initial est rare dans les accès incomplets ; nous n'avons rencontré que 7 cas dans les débuts encéphaliques où ce symptôme fût plus ou moins habituel : cela tient d'une part à la rareté des vertiges avec convulsions très-étendues
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et aussi à ce que presque toujours dans les accès iDcomplets les symptômes sont moins précipités et moins intenses que dans les attaques. Le cri dans les vertiges est moins fort, moins prolongé, moins déchirant qu'il ne l'est dans les crises complètes du même patient. Les parents le qualifient de gémissements plaintifs^ de petits cris répétés imitant les sanglots^ de cris de douleur ou de frayeur^ de cris gutturaux^ de cris rauques. Nous avons parlé de cas où le cri initial imitait le rire à s'y méprendre, nous l'avons entenda nous-méme dans un vertige chez un jeune garçon dont le cri initial avait habituellement ce caractère. La plupart^es parents des malades donnent aux vertiges avec cri le nom de cris ou de rires,
La chute dans les vertiges est plus fréquente que le cri, nous avons trouvé dans le cas à débuts du troisième genre 28 épileptiques qui y étaient sujets ; ce qui donne la proportion de plus de 15 pour 100. La chute présente dans ces cas toutes les variétés que nous avons indiquées dans la description des attaques complètes ; mais ici où elles terminent TaccèS) elles peuvent être étudiées avec beaucoup plus de facilité. La direction est le plus souvent en avant, quelquefois en arrière ou bien sur les côtés; parfois le malade est renversé en pirouettant. En général chaque patient tombe toujours dans le même sens ; cependant cette règle souffre des exceptions. La chute peut être aussi violente et aussi brusque que dans les attaques et produire des convulsions, des plaies, des fractures de dents, ainsi que nous en avons vu des exemples. Toutefois, à l'ordinaire^ les choses ne se passent pas ainsi. Bon nombre de malades, avertis par l'expérience, s'asseyent ou même se couchent, dès qu'ils
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sentent le prélude du vertige; mais ils peuvent toopber quoique assises! on ne les retient pas. Il en «st qui se bornent à prendre un point d'appui qui les préserve, ou non, de la chute. Certains épileptiques ne tombent qpe sur les genoux et même sur un seul; d'autres, sur les genoux et les mains, quelquefois enfin sur lès fesses, sans que la chute se complète. Mais c*est dans le vertige surtout qu'on peut bien observer ces actes instinctifs de préservation dont nous avons parlé en étudiant dans les attaques complètes, le phénomèpe qui nous occupe en ce moment. Dans tels cas, oit la chute a lieu habituellement en avant, tel enfant sautille, s'il ne tombe pas. Une adulte courait en avant et pouvait ne pas chuter ; elle ne conservait aucun souvenir. Nous avons suivi de près un jeune homme qui, lorsqu'il était saisi par un vertige étant debout ou marchant, se livrait a une sorte de gymnastique des plus étranges : il faisait trois ou quatre gambades ou enjambées d'une hauteur et d'une longueur extraordinaires. Nous Tavons vu se livrer à cet acte singulier sur le boulevard des Italiens en plein jour, dans un salon au milieu d'une grande soirée; on le prenait pour un fou, quelquefois il s'élançait ainsi jusqu'à une fenêtre dont il saisissait la poignée et s'y cramponnait. Dans ses attaques où l'invasion était plus brusque, s'il était debout, il se précipitait en avant, et il en était résulté souvent^ quoiqu'on ne le perdit jamais de vue, de fortes contuâions. Dans ses vertiges, grâce à ses sauts, il ne tombait jai^ais. Un autre épileptique qui, dans ses attaques, tombait ordinairement en arrière^ reculait dans ses vertiges et ne chutait pas. Dans les vertiges terminés par la chute, le patient presque toujours se relève immédiatement ; il est très-rare que l'état de stupeur oblige les assis-
tante à remettre le malade sur pied. Boa nombre de parente appellent simplement chutes les vertiges où les malades tombent.
La respiration dans les Tertiges ne reste pas, vu leur peu de durée, assez longtemps suspendue pour qu'il se manifeste des signes bien tranchés d'asphyxie ; toutefois les assistante signalent, dans quelques cas, la rougeur et même la coloration violacée de la face^ tandis qu*à Fordinaire c'est la pâleur qui accompagne le vertige. Un épileptique, qui cependant ne toirïbait pas, rougissait fortement alors, il faisait quelques petite pas avec l'attitude, les mouvements et l'expression de souffrance de quelqu'un qu'on étouffe ou qu'on étrangle ; après quinze à vingt secondes de suffocation, il était pris subitement d'une grande pâleur. Jamais nous n'avons vu les vertigesi même les plus intenses, laisser à leur suite le piqueté eechymotique et les sugillations, traces assez fréquentes de l'asphyxie dans les atta([ues complètes.
Après avoir examiné les phénomènes du cri, de la chute, de l'asphyxie, nous allons compléter l'étude des degrés les plus élevés de ce genre d'accès incomplets.
La convulsion tonique peut se généraliser sans que l'attaque se complète par la période clohique. Nous avons rencontré 11 malades, parmi nos épileptiques à débuts encéphaliques, qui offraient de temps en temps ce type maximum des vertiges toniques, auxquels on pourrait donner le nom d attaques toniques^ car, à l'exception des mouvements saccadés, l'accès est complet ; seulement l'émission de la salive peut ne pas avoir lieu, et elle est plus souvent, quand elle s'échappe au dehors, liquide que mousseuse. Nous n'avons observé de morsures dans ces cas que chez un seul patient;
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une simple pression sans glissements ni choc doit les produire bien difficilement.
Au vertige avec contracture généralisée peuvent se joindre quelques légers mouvements convulsifs partiels; nous avons vu ce fait chez 2 épileptiques ; les convulsions cloniques étaient chez eux bornées à la face. Du reste il n'est point nécessaire que la contracture soit très-étendue dans les vertiges, pour qu'il se montre quelques mouvements saccadés dans les yeux, dans la bouche, dans un bras ou dans tous les deux, ou même dans les jambes, le patient étant assis. Ainsi que nous l'avons déjà dit, ces manifestations peuvent s'observer dans les vertiges où la contracture est très-limitée. Mais quand la contraction tonique est générale, l'attaque se complète toujours pour peu que les secousses envahissent d'autres parties que le visage. Le vertige avec contracture généralisée et quelques secousses partielles est donc le dernier degré de l'échelle des accès incomplets.
En parcourant la série des vertiges depuis la simple perte de la connaissance jusqu'à ce point maximum, nous n'avons tenu compte que d'un seul ordre de manifestations : les convulsions externes avec leurs principaux effets immédiats; il est un autre ordre de phénomènes qui, quoique plus obscurs, ne doivent pas être passés sous silence; ce sont les convulsions internes ou spasmes viscéraux.
De tous les symptômes convulsifs qui peuvent se joindre à la perte de connaissance, le plus fréquent (sauf peut-être la fixité des yeux) est le spasme pharyngé. Nous l'avons observé dans les trois quarts au moins des vertiges avec ou sans convulsions externes partielles. En étudiant les débuts des attaques, nous avons décrit les symptômes qui se lient
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à ce spasme, sous les noms de mâchonnements, de mastication, de gustation, de déglutition, nous ne répéterons pas cette description, mais nous devons insister sur le fait que ces signes sont précieux pour le vertige comitial qu'ils distinguent du vertige ordinaire, d'une syncope légère, d'un faible accès hystérique, etc. Ces phénomènes sont, chez quelques épileptiques, tellement caractérisés et constants, que les patients, au lieu de donner aux accès incomplets dans lesquels ils se montrent, les noms, en quelque sorte génériques, d'absences, d'étourdissements , de fausses attaques, etc., les appellent mouvements débouche^ mâchon-' nementSj mâchillements^ rincements de bouche.
Si la rétention de la salive dans la bouche est très- fréquente dans les vertiges, son émission à la fin de Taccès est trèsrare. L'explication de ce fait se trouve sans doute dans la brièveté de Taccident qui ne permet pas qu'elle s'y accumule en grande quantité, et dans le prompt retour de l'instinct qui en facilite la déglutition. Quand ce liquide s'échappe des lèvres à la fin du vertige, et cela n'arrive que dans les degrés les plus élevés, il est filant et non mousseux.
11 est plus rareencore que lesurines s'échappent involontairement dans les vertiges ; chez nos 183 épileptiques du troisième genre, nous n'en avons rencontré que 3 chez qui ce symptôme se montrait quelquefois. C'était toujours dans des vertiges des degrés les plus élevés, sans chute, il est vrai, mais avec contraction générale du troue et flexion des jambes. Ces 5 malades étaient des jeunes personnes de quinze à vingt ans. Nous n'avons pas rencontré ce phénomène dans le sexe masculin ; il n'est pas nécessaire d'indiquer la cause de cette différence.
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L'une de ces jeunes filles, sujette à la diarrhée, avait aussi parfois, pendant ses vertiges les plus forts, des selles invo* lontaires ; on ne nous a signalé ce symptôme que dans un seul autre cas.
Le contraste entre la fréquence très-grande du spasme pharyngé et la rareté du spasme des organes intrapelviens tient évidemment à ce que, dans Taccàs incomplet du troisième genre, les spasmes et les convulsions externei marchent plus ou moins parallèlement de haut en bas. 11 faut donc que l'attaque se complète à peu près pour que la vessie et le rectum se contractent convulsivement.
Nous avons terminé la description des attaques complètes par l'étude séparée des périodes de coma et de retour, c'està-dire par Texamen des symptômes qui se succèdent depuis la fin des convulsions jusqu'à l'entier rétablissement des facultés sensitives et pensantes; nous avons à reprendre le même sujet pour les accès incomplets du troisième genre.
Disons d'abord qu'après les vertiges très-légers il est des patients qui reprennent, sur-le-champ, leur occupation momentanément suspendue : jeu, travail, ou repas ; quelquesuns même achèvent la phrase qui a été interrompue. Tel malade qui avait la tête fléchie se redresse brusquement comme quelqu'un qui vient de s'endormir malgré lui sur un fauteuil, et retrouve au moment même toute son intelligence. Chez d'autres la phase que nous allons décrire existe, mais elle est à peine sensible.
La période comateuse ne se rencontre pas à la suite du vertige proprement dit, ou tout au plus se borne-t-elle à un léger état soporeux qui se confond insensiblement avec la période de retour. Alors que toute apparence convulsive ou
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spasmodique viait [de cesser, on peut observer en effet un étiat pendant lequel le malade, assis par exemple, est inimo* bile, les yeux fermés, et ne répond pas aux questions. Bientôt cependant, si ce n'est tout de suite, quand on approche un flacon d'ammoniaque, il recule; si on lui soulève' une paupière, il résiste; un bruit un peu vif l'impressionne, sessens sont donc revenus; les pupilles toutefois sont encore très-dilatées. S'il y a eu de la coloration asphyxique pendant le vertige, elle diminue peu à peu ; la pâleur est remplacée par de la rougeur ou par les couleurs naturelles. Le pouls, d'abord fréquent, se rapproche de l'état normal. Après le retour des sens et le rétablissement des mouvements volontaires, les facultés intellectuelles commencent à revenir. C'est ici que la période de retour offre certains phénomènes plus apparents qu'à la suite des attaques et dont Vétude est pleine d'intérêt. Nous voulons parler d'une phase de divagation qui prend quelquefois toutes les allures du somnambulisme»
Il y a d'abord un délire taciturne, rarement violent dans ee dernier cas, Tépileptique roule des yeux menaçants ; il cherche à s'échapper et à frapper ceux qui veulent le retenir ; c'est un court accès de manie ; il se borne parfois à de petits actes de méchanceté, ainsi le patient vous saisit la main et la serre jusqu'à arracher une exclamation de douleur.
Mais le plus souvent le délire est calme. Une jeune fille dans ce moment, quoique pudique et bien élevée, résistait cpiand on voulait l'empêcher de relever ses jupes. Un jeune garçon, dans notre cabinet, met la main dans la poche de son pantalon et la vide sur notre table. Un tailleur, en jouant aux cartes, est interrompu par un vertige; bientôt il se met
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à les mêler, puis les porte à son oreille, comme pour les écouter; les cloches sonnaient à une église voisine. Une épileptique d'une trentaine d'années et appartenant à la haute société se mettait quelquefois à genoux sur un trottoir après un yertige, et faisait des signes de croix. Cette même personne, dans la même circonstance, saisit un jour son yalet de chambre par le corps, évidemment sans intention malveillante, et cherche à le renverser en luttant avec lui. Dans son état normal, elle n'était nullement famUière avec ce domestique. Certains épileptiques pris de vertige, la plume à la main, barbouillent leur papier, y tracent des arabesques ou écrivent des mots sans liaison entre eux; une dame occu* pée à enregistrer des dépenses entremêle ses articles des mentions les plus baroques.
Mais ce court délire n'est pas toujours taciturne. Devant nous un patient s'inclinant devant son frère, lui dit, passez^ madame. Un autre, par un temps détestable, disait en notre présence aussi et d'un air de satisfaction : Ahl quel beau temps! Un monsieur, seul avec sa femme dans son salon, se lève après un vertige, présente un siège à son visiteur imaginaire et lui demande de ses nouvelles. Ce même épileptique rit quelquefois alors, ou chante contre toutes ses habitudes ; si on le questionne dans cet état, il ne répond pas, marmotte ou répond de travers.
C'est quand cette phase de divagation, muette ou parlée, se prolonge, qu'elle ressemble tout à fait au somnambulisme. Nous commencerons par des exemples de délire taciturne ; ils nous dispenseront de toute description générale. Un jeune homme à plusieurs reprises est sorti dans la rue après ses vertiges, sans cravate ni chapeau. Une dame allume en
plmn jour une l^mpe de salon. Une demoiselle qui n'avaiti il est Trai, que des yertiges, mais quelquefois intenses et même, quoique très-rarement,) avec urines involontaires, allait dans le monde malgré notre défense. Quand elle était prise d'un vertige, elle continuait à marcher, mais comme une somnambule y me disait sa tnère; et il lui est arrivé de se heurter contre un obstacle. Un jour au bal, au milieu d'une danse, elle quitte son cavalier, et traverse deux pièces sans s'en apercevoir ; en reprenant sa connaissance, elle est d'abord surprise à l'aspect de la chambre, puis elle se rappelle qu'elle a été interrompue par un vertige dans une contredanse ; elle rentre dans le salon et a la présence d'esprit de dire à son danseur qu'elle a dû le quitter pour réparer un accident de son costume. Un docteur en droit, fils d'un médecin, homme d'une vive intelligence, nous a raconté plusieurs fois des promenades analogues à celle-ci. Pris d'un vertige en marchant dans la rue, il perd subitement le sentiment de son existence et ne le retrouve que dans une rue éloignée de plusieurs centaines de mètres de celle où il a été atteint; il ne conserve pas le moindre souvenir du trajet; la conscience était alors complètement abolie, et cependant il avait dû jouir de ses sens, tout au moins de la vue, puisqu^il lui est arrivé, par exemple, au printemps et vers 2 à 3 heures, de traverser le boulevard des Italiens alors encombré de voitures, et de marcher en évitant les obstacles sur des trottoirs remplis de monde. Chose singulière, une fois la connaissance perdue, il se dirigeait presque toujours en sens contraire du but de sa course. Nous pourrions multiplier les exemples de ces promenades dans Paris, à travers les lieux les plus fréquentés, par des patients chez qui toute notion du moi
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était complètement effacée pendant plusieurs minutes et à qui il n'arrivait aucun accident. Un jeune épileptique qui montait quelquefois à cheval à la campagne, mais côte à côte avec un valet de chambre qui ne le quittait jamais, fut pris un jour d'un vertige en chevauchant ainsi et garda les étriers pendant près d'un quart d'heure avec la connaissance complètement abolie. Le docteur en droit dont nous parlions plus haut, voyageant en chemin de fer, est pris d'un vertige en wagon ; il descend sans s'en apercevoir le moins du monde à une station prochaine et retrouve le sentiment de son existence en se promenant sur le quai après le départ du train ; ainsi qu'il l'apprit bientôt, les employés l'avaient vainement engagé à remonter en voiture. Une jeune fille, qui ne mettait jamais la table pour le déjeuner qu'à 11 heures, la met à 8 heures après un vertige; revenue à elle et voyant la table pour le déjeuner m ise, elle ne peut croire que ce soit de son fait.
Ces phénomènes peuvent paraître étranges ; nous avons à en signaler de plus singuliers encore. Parlons d'abord des cas où, tout en faisant ou disant parfois des choses hors de propos, les patients non-seulement agissent, mais comprennent, parlent comme si l'intelligence était chez eux complète, et cependant n'en conservent pas plus de souvenir que les malades que nous venons de citer ne se rappellent les actes tacites auxquels ils se sont livrés.
L'un des patients à début par une mauvaise odeur subissait, à la suite de quelques-uns de ses vertiges, ces lacunes bizarres, elles se prolongeaient, dix, quinze minutes et même davantage. 11 venait un jour à Paris pour nous consulter et était assis à côté d'un notaire qu'il connaissait. Il fut pris
tout à coup d'un yertige avec perte absolue àe la connaissauce; bientôt il fouilla dans ses poches et dit à son voisin qu'il devait s'arrêter à Sens, et qu'il venait de s'apercevoir qu'il n'avait pas d'argent (il avait sur lui plusieurs centaines de francs). Le notaire lui offrit de lui en prêter ; il n'accepta que cinq francs, puis descendit à Sens. Quand il retrouva l'écu dans sa poche, il ne put comprendre d'où il lui venait^ il s'était bien aperçu qu'il avait eu une absence, mais cela n'expliquait pas la provenance de la pièce d'argent. Ce ne fut que plus tard qu'il apprit par le notaire ses faits et gestes, son prétendu dénûment et son emprunt.
Un avocat es^t pris dans la rue d'un des vertiges intenses auxquels il est fort sujet, à la suite il se met à haranguer les passants, leur parle des malheurs de sa famille, etc. ; un sergept de ville l'emmène dans un poste où il reprend toute sa connaissance ; il est fort surpris de se trouver en pareil lieu et apprend de la bouche du sergent les circonstances qui l'y ont fait conduire.
Le docteur en droit, fils d'un médecin, dont nous avons déjà cité des actes de somnambulisme, mais tacites, en avait d'autres dans lesquels il parlait. Notre confrère, témoin oculaire et auriculaire de ces états, nous les a décrits à plusieurs reprises; ils durent de 5 à 30 minutes. Un jour assis sur un fauteuil, vis-à-vis. de son père, celui-ci lui adresse diverses questions auxquelles il répond d'une manière juste; la conversaUon continue, le malade rentre dans la pièce où ils étaient au moment du vertige, se remet dans son fauteuil et bientôt reprend toute sa connaissance; mais il n'a pas conservé le moindre souvenir de la promenade et de la conversation et, sans le témoignage* de son père, il ne croirait
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pas a\oîr quitté son fauteuil. Dans une circonstance semblable, notre épileptique conduit son père dans sa chambre, lui montre comme à un étranger un portefeuille de dessins, en cause avec intelligence et avec goût, et ne sort de cet état de somnambulisme qu'au bout d'une demi-heure.
Un grand propriétaire qui remplissait des fonctions importantes dans son département était aussi sujet à ces absences prolongées. Un jour en se promenant dans sa campagne, il est pris d'un vertige. Tout en marchant, il rencontre l*un de ses domestiques qu'il venait de charger d'une commission et lui demande où il ya; le domestique, surpris et même effrayé de cette question et de l'altération qu'il ob-* serve sur la figure de son maître, le fuit. Le patient qui est au milieu de ses terres qu'il connaît dans les moindres détails ne reconnaît plus le pays ; à qui est ce champ? Qu'estce que cela? Il va ainsi visiter une ferme; il en questionne les habitants, mais en se répétant sans cesse ; il monte sur une chaise pour mettre une pendule à Theure. 11 va voir les moissonneurs, il marche sans vaciller, il parle beaucoup, sans gestes ni vivacité. Puis peu à peu, mais au bout de deux heures seulement, son intelligence est revenue entière et il a sa pleine connaissance. Alors il demande ce qui lui est arrivé, on le lui dit : Je rêve donc^ je ne sais plus ce que Je dis, mais je n'ai rien senti, je ne me rappelle rien; son chagrin est aussi profond que sa surprise, en apprenant ce qu'il a dit et fait pendant deux heures, complètement à son insu.
Dans ces derniers cas dont nous pourrions citer d'autres exemples, quelque chose trahissait toujours le rêve ou le délire; mais il est des épileptiques chez qui le somnambulisme de la période de retour n'est marqué par aucun acte et au-
cune expression qui puissent faire supposer qu'ils ne jouissent pas alors de toutes les facultés de leur intelligence, de toute leur connaissance, et qui cependant ne conservent pas le moindre souvenir de tout ce qui s'est p^ssé pendant cette période. Nous avons parlé de ces malades qui, surpris par le vertige la plume à la main, barbouillaient leur papier, y traçaient des arabesques ou écrivaient des phrases incohérentes ou baroques ; il en est qui, dans cette circonstance, achèvent plus ou moins longuement, sans s'en apercevoir, une lettre commencée et, revenus à eux, sont aussi étonnés de voir leur lettre achevée et de n'y rencontrer aucune incorrection d'écriture, de pensée ou de style. Le père du docteur en droit que nous avons cité si souvent dans ces dernières pages nous a affirmé que, plus d'une fois, dans ces états d'absence prolongée, rien n'indiquait que son fils ne fût pas entièrement compos mentis. Le malade lui-même que ces phases de somnambulisme affligeaient encore plus que sa ma-
ladie, sur la naturede laquelle il ne se faisait point d'illusion, nous a rapporté le fait suivant quelques jours après qu'il se fut passé: il reçut un matin la visite d'un de ses intimes amis qui venait lui demander de lui servir de témoin dans un duel. L'ami commençait à raconter les faits qui devaient amener cette rencontre, quand notre client fut atteint d'un vertige; l'interlocuteur continua sa narration, puis la conversation s'engagea sur ce sujet et dura une demi-heure. Les deux amis descendirent dans la rue, le malade devant aller joindre le second témoin, quand tout à coup il s'avisa : Mais pour que je rrC occupe utilement de cette affaire, il est indispensable que tu racontes les circonstances qui f obligent à te battre^ circonstances dont tu ne m'as pas encore
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dit un mot. On juge de la surprise de Tami après sa narration détaillée et la conversation longue et animée qui Tavait suivie. Heureusement il connaissait la maladie de notre docteur, il recommença son histoire.
La fréquence deb vertiges, comme manifestation comitiale, leurs nombreuses variétés, l'intérêt qu'offre leur étude pour la physiologie du système nerveux, et même pour la psychologie, nous ont entraîné dans des détails que nous ne regrettons pas, mais qui ont pu faire perdre de vue Tensemble des phénomènes qui constituent ces accès incomplets. Nous allons donc retracer à grands traits le tableau de l'échelle graduée de ces accidents ou, en d'autres termes, résumer ce qbe nous en avons dit.
Résumé. -^ Les vertiges, après avoir commencé par une perturbation d'un sens ou par son abolition, par un trouble intellectuel ou des sensations physiques à la tête, aboutissent rapidement à l'abolition de toute conscience, quand ils n'ont pas débuté par là. La connaissance perdue, l'accès peut ne pas s'étendre plus loin ; le patient qui ne donne aucun signe d'intelligence, reste debout, dans les degrés les plus légers, ou continue à marcher, la pupille est dilatée, la face est pâle. Dans les degrés moyens ou forts, il est très-momentanément privé de ses sens. Le vertige se complique le plus souvent de spasme pharyngé et de bruits ou de mouvements buccaux ; de légères convulsions de la face, le plus souvent exclusivement toniques, peuvent s'y ajouter. Puis chaque degré peut être marqué par l'étendue plus ou moins grande de la contracture avec ou sans secousses partielles. Quand le tronc est envahi, aux symptômes habituels du vertige s'ajoutent le cri, la chute et les signes d'une asphyxie
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moins caractérisée que dans les attaques. Enfin le vertige peut ne différer d'une attaque complète que par la non-généralisation des convulsions cloniques , la contracture étant étendue à tous les muscles. L'émission de la salive est peu fréquente, elle n'est presque jamais mousseuse. Les urines involontaires sont encore plus rares, et n'appartiennent qu'aux degrés les plus élevés. Les morsures sont un des symptômes les plus exceptionnels. On ne rencontre à la suite ni piqueté ecchymotique , ni sugillation. La durée du vertige proprement dit est, à Tordinaire, d'une minute au plus : elle peut aller à deux minutes. Les patients, dans les nuances légères, reprennent immédiatement leurs occupations : à un degré plus élevé, le retour de Tintelligence est précédé d'une courte stupeur. Toujours en remontant l'échelle d'intensité, on rencontre dans la période de retour un état soporeux léger, le rétablissement des sens, puis une courte divagation, parfois avec violence et méchanceté. A la suite des vertiges les plus complets , surtout s'ils sont fréquents et la maladie ancienne, la période de retour peut se prolonger un quart d'heure, une heure et même deux heures; elle revêt alors la forme du somnambulisme : sans en avoir la conscience, les patients remplissent si lencieusement les actes de la vie ordinaire, mais non sans quelque aberration ; ils peuvent, à leur insu, non-seulement agir, mais parler, leur langage n'étant pas trop déraisonnable et ne trahissant que par intervalles un léger désordre mental : ils peuvent se conduire de manière à ce qu'une personne non prévenue ne soupçonnerait pas que, quelques instants après, le patient ne saurait nulle chose de tout ce qui s'est [lassé.
Herpin. — Accès. 11
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