‹ Des accès incomplets d'épilepsieChapitre 22 sur 27 · OU COMMOTIONS · texte numérisé non relu

OU COMMOTIONS

Nous n'insisterons pas sur l'identité des accès incomplets et des premiers temps de l'attaque chez le même épileptique en ce qui concerne nos cas à débuts encéphaliques. Toutefois nous ne négligerons pas de mentionner certaiqes excep-

RAPPORTS ENTRE LES ATTAQUES ET LES VERTIGES, ETC. 17i

lions à cette xègle, quoiqu'elles soient plus apparentes que réelles. Il s'agit surtout de quelques patients qui, sujets aux commotions soit comme préludes, soit comme début des vertiges, avaient des attaques et parfois des vertiges qui commençaient par des bourdonnements d'oreilles, le tournoiement de tête, un étourdissement ; une perturbation intellectuelle ou la perte de la connaissance ne prouve pas qu'il n'y a pas eu de commotion, celle-ci ayant pu, tout en renversant le malade, le priver de sa connaissance. Une remarque analogue s'applique aux autres phénomènes que nous venons d'énumérer, car la secousse en est presque toujours accompagnée. Ajoutons encore que les légères variétés qu'on peut observer exceptionnellement dans le début des attaques chez le même épileptique, se rencontrent également dans ses vertiges; la règle d'identité en est donc confirmée plutôt qu'infirmée.

Si nous voulons rechercher maintenant par quel degré d'accidents comitiaux la maladie a commencé chez nos 183 épileptiques du troisième genre, nous devons éliminer d'abord 39 cas, où nous n'avons pu obtenir rien de précis sur ce qui concerne l'origine des vertiges, préludes ou commotions; restent 144 patients.

De ce nombre :

67 ont vu leur maladie commencer par des attaques ; 77 par des vertiges, préludes ou commotions.

L'origine de l'épilepsie par accès incomplets est donc plus fréquente dans le cas à débuts encéphaliques que l'origine par attaques. Dans le premier genre nous avons observé une différence dans le même sens, quoique un peu moindre. Dans le second genre les deux catégories offraient le même

172 DÉBUTS ENCÉPHALIQUES.

nombre. La simililude du fait dans les trois séries permet de considérer, comme une loi, la proposition suivante : ce Dans la moitié au moins des cas^ les premières manifestations de tépilepsie sont des accès incomplets, » Nous ne reviendrons pas sur l'importance que donne à ce fait une connaissance approfondie de ces atteintes légères.

Novs ajouterons ici comme dans les deux chapitres précédents qu'en cas de guérison^ les accidents comitiaux les plus légers sont les derniers qui cèdent.

L'intervalle qui s'est écoulé entre la première apparition des préludes, commotions ou vertiges et la première attaque a beaucoup varié :

Il y a eu début simultané ou séparé par quelques jours

seulement dans ■ 3 cas.

LUotervalle a été de moins d'un an dans 8

— — d'un an à cinq ans dans 23

— — de cinq à dix ans dans 6

— — de dix à quinze ans dans. ... 3

— — de quinze an§ dans 4

Il s'écoule donc, le plus souvent, d'un à cinq ans entre leé premiers accès incomplets et la première attaque. Le second geore nous avait offert un résultat analogue. Dans le premier genre les attaques avaient été en général plus promptes à se manifester.

Chez 4 épileptiques les accès incomplets se sont graduellement convertis en attaques. Cette transformation s'est opérée dans les limites d'un à six ans.

7 malades^ n'ayant jamais eu d'attaques, avaient des atteintes de petit mal.

5, depuis un à cinq ans ; 2, depuis cinq & dix ans.

On nous permettra de placer ici une remarque pratique ; c'est que, si l'on devait attendre, pour diagnostiquer tépi-lepsie^ qu'elle se manifestât par des attaques complètes^ le ràal aurait dans le plus grand nofnhre des cas le temps de pousser des racines profondes avant d'être reconnu.

Sur i 78 malades du troisième genre :

165 avaient des attaques ;

et de ce dernier nombro ;

f8 n*ayaîent subi que des attaques ;

12 n'avaient que des attaques et des- préludes ou commotions^ sans vertiges;

98 éprouvaient des attaques et dès vertiges, sans préludes ni commotions simples ;

37 offraient des attaques, vertiges et préludes ou commotions.

Comparant ces résultats à ceux fournis par ceux des deux premiers genres, nous trouvons :

l"" Que. les épileptiques n'ayant que des attaques consti* tuent la dixième partie des cas du troisième genre, soit 10 pour 100; tandis que la proportion n'en était que de 4 pour 100 dans le second genre et de 2 pour 100 dans le premier ;

2"" Que les malades n'ayant que des attaques et des préludes ou commotions, sont plus rares encore ici que dans le second et surtout dans le premier genre^ dans la proportion de 7, 21, 47 pour 100 ;

3^* Que les cas à attaques et vertiges ou accès sont proportionnellement plus fréquents dans le troisième genre que dans le second, dans le second que dans le premier, et cela dans les rapports de 55, 37 pour 100;

i74 DÉBUTS ENCÉPHALIQUES.

4"" Que la catégorie qui offre les trois degrés, un peu plus nombreuse dans les débuts encéphaliques que dans les débuts viscéraux, l'est beaucoup^ moins que dans les débuts périphériques, dans les proportions de 28, 25,^ 50 pour 100.

En d'autres termes, marchant du premier au troisième genre, on trouve, sur le sujet qui nous occupe, que les cas à attaques seules vont en augmentant de nombre, que les cas à attaques et vertiges suivent une progression semblable, que ceux à attaques et préludes ou commotions, et ceux offrant les trois degrés (sauf pour les débuts viscéraux) vont au contraire en diminuant. D'où celte conclusion générale : * (( La tendance des attaques à avorter, surtout vers leur début, est à son maximum dans le premier genre, à son minimum dans le troisième. x>

Au point de vue des applications pratiques, nous devons appuyer sur le fait qu^il n'y a que 5 épileptiques sur 100 qui ne présentent pas d'accès incomplets; cela montre quel rôle^ dans le diagnostic du mal comitial, doit incomber à ce genre de manifestations dont l'étude méthodique a été si négligée jusqu'ici.

13 de nos épileptiques du troisième genre sur 178 n'avaient pas d'attaques, ce qui donne la proportion de 7 pour 100. Des 13 patients, 9 n'avaient que des vertiges, 4 avaient des vertiges et des préludes ou commotions. Aucun n'avait que les accidents du degré le plus léger; mais, ainsi que nous l'avons fait remarquer pour les deux premiers genres, les médecins spéciaux ne sont pas consultés pour ces insignifiants malaises dont la nature est méconnue.

De même que dans les deux premiers genres, les accès incomplets sont ici en général, chez le même malade, bien plus fréquents que les attaques, ainsi que le prouve le tableau suivant.

Accès incomplets plus fréquents que les attaques. . i03 cas.

— — à peu près aussi fréqueats 20

— — plus rares 22

Le rapport entre la première et la seconde catégorie est un peu moindre que celui de 10 à 2, et il était de 10 à 4^ pour le second genre, de 10 à 3, pour le premier.

Si nous recherchons maintenant quelle est la tendance des attaques d'une part, et des accès incomplets de l'autre, à revenir plutôt le jour que la nuit ou réciproquement, nous trouverons les données suivantes :

Cas à attaques toujours diurnes 29 ^i

— — le plus souvent diurnes 74 j

— — revenant à peu près également

dejouretdenuit 8| 8 "^ *^^

le plus souvent nocturnes. ... 43 toujours nocturnes ou dans

sommeil de jour.

le I 54 j

Il résulte de ces chiffres que la tendance des attaques à revenir de jour est presque deux fois plus grande que celle à arriver de nuit. Or, comme nous avons admis un rapport à peu près semblable (15 : 9), pour la répartition des heures entre le jour et la nuit, il en résulte que les heures de nuit et celles de jour sont, en moyenne, saps influence sur le retour des attaques, quand on embrasse une longue série de cas.

Si nous récapitulons les données fournies à ce point

DÉBUTS ENCÉPHALIQUES.

de vue par les trois genres nous obtenons le tableau sui vant. ..

4er CHU.

te uni.

9c filIRI.

TWIDI.

Attaques survenant toujours, ou le plus souvent, de jour

Attaques à peu près également de iour et de nuit

Attaques toujours, oit plus souvent, de nuit

La conclusion pour l'ensemble est presque identique à celle fournie par le troisième genre : le rapport de la disposition diurne à la disposition nocturne est très-approximativement celui de 15à9 ; c'est-à-dire que, proportion gardée, il y a autant d'attaques dans les heures de nuit que dans celles de jour.

Mais ce qui est vrai de l'ensemble ne l'est point du tout des cas particulier^, où la tendance nocturne ou diurne est le plus souvent bien tranchée; seulement, comme la prédominance a lieu pour les uns dans un sens, pour les autres dans le sens opposé, ces tendances diverses se neutralisent.

Nous devons toutefois faire remarquer que dans le premier genre, la prédisposition nocturne est proportionnellement presque double de la prédisposition diurne. Nous sommes disposés à attribuer cette anomalie à cette circonstance que les crampes des muscles volontaires, quelle que soit leur nature, sont bien plus fréquentes dans l'attitude horizontale que dans la station ou dans la position assise.

La tendance diurne ou nocturne des accès incomplets est

bien différente de celles des attaques, ainsi que cela ressort du tableau suivant.

Cas à accès incomplets toujours diurnes 40

— — — le plus souvent diurnes 63

— — — à peu près également diurnes

et nocturnes 4

— — — le plus souvent nocturnes ... 7

— — — toujours nocturne^

Même en faisant la part de ce fait, que les accès incomplets à débuts encéphaliques doivent, en certaine proportion, n'être pas constatés la nuit, il n'en résulte pas moins des données ci-dessus que les accidents de petit mal ont une tendance bien plus grande à revenir de jour que de nuit, puisque le rapport est ici celui de 22 à 4, au lieu de 15 à 9^ que nous avons admis pour la distribution des heures de jour et de nuit.

On peut, d'après le tableau suivant, comparer la même circonstance dans les trois genres de débuts.

1er SURI.

le UIU.

Se filial.

TOUDX.

Accès incomplets toujours ou le dIus souvent diurnes

Accès à pea près également diur?

nea et nocturnes

Accès toujours, ou plus souvent, nocturnes

L'ensemble des cas donne le rapport de 20 à 4, au lieu de 15 à 9, entre la tendance diurne et la tendance nocturne; les accès incomplets ont donc une tendance bien marquée

Hbrpin. — Accès. iS

178 DÉBUTS ENCÉPHALIQUES.

à se montrer de jour plutôt que de nuit. Dans le troisième genre où le rapport est de 22, 4 à 1, 6; et même dans le second où il est de 21 à 3, la tendance est bien plus caractérisée que danâ le premier genre où le rapport de 14 à 10 indique au contraire une légère prédominance nocturne. Sans parler de la disposition nocturne aux crampes en général, que nous ayons déjà invoquée, la différence doit tenir aussi à ce que la contraction douloureuse des débuts périphériques réveille les malades et ne permet pas de méconnaître les préludes et accès nocturnes, tandis qu'un spasme viscéral, et, à plus forte raison, une perturbation des sens et de rintelli^ence, doivent souvent ne pas interrompre le sommeil, et peuvent ainsi passer inaperçus.

' En résumé, dans V ensemble des faits, comme dans les deux premiers genres, les attaques ont une tendance à peu près égale à revenir aux heures de lit et aux heures d'ac^ tivitéy tandis que les accès incomplets se montrent proportionnellement plus souvent le jour que la nuit. Dans les cas à débuts périphériques la tendance nocturne l'emporte pour les attaques et pour les accès incomplets, mais beaucoup plus pour les premiers que pour les seconds.

L'étude des causes accidentelles des attaques, vertiges^

préludes ou commotions dans les cas à débuts encéphaliques nous a montré, d'une manière plus évidente encore que dans les débuts viscéraux, la rareté d*un lien rationnel entre la nature de la cause et l'espèce des préludes, aussi avonsnous bientôt renoncé à mettre en présence de chaque variété des > débuts ses causes accidentelles. Ce rapprochement entraînait des longueurs fort inutiles* par défaut de concordance des phénomènes. Nous nous bornerons donc à

RAPPORTS ENTRE LES ATTAQUES ET LES VERTIGES, ETC. i79

éuumérer ces causes^ que nous avons soumises à un contrôle soigneux pour nous assurer qu'il ne s'agissait pas de fortuites coïncidences. On verra que leuç action variée, quoiqu'il ne s'agisse ici que des cas à débuts encéphaliques, porte sur les muscles et sur les viscères tout aussi bien que sur les organes des sens et les. centres nerveux»

Les causes morales sont^ de toutes, les plus fréquentes : ce sont, pour les enfants, des contrariétés, des punitions, même médtées, même légères ; pour tous les âges, des chagrins, la joie, utie viv« surprise, la frayeur, une scène pénible, la vue d'une plaie sanglante, le récit d'une opération, etc.

La fatigue intellectuelle nous .a été souvent signalée ; quel-' ques jeunes gens n'avaient jamais leurs attaques ou vertiges que dans la salle d'étude. Un jeune homme qui ne recevait d'enseignement que celui de son précepteur n'éprouvait d'accidents comitiaux que dans les leçons de langues, qui le fatiguaient beaucoup. Pour d'autres la cause consistait dans des excès de lecture, un travail de rédaction trop prolongé, une conversation animée et longtemps soutenue, une vive discussion.

Quant aux sens^ c'était une. chute douloureuse, un coup, le contact d'un objet brylant, l'insolation, l'exposition à un. feu trop vif, k chaleur de l'appartement. C'était aussi : un bruit imprévu, certains sons musicaux, la vue d'une roue en mouvement. Il est singulier que cette dernière circonstance, qui ne nous.a jamais été indiquée qu'une fois, ait été mentionnée par Arétée parmi le très-petit nombre des causes accidentelles d'attaques qu'il énumère.

La fatigue musculaire a été accusée presque aussi fréquem-

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ment que les influences morales. On nous a souvent signalé une marche forcée par sa longueur ou sa rapidité, l'escrime, une leçon de gymnastique trop prolongée surtout avec des exercices qui, comme ceux du trapèze ou des parallèles, se font assez souvent la tête en bas.

En ce qui concerne le sommeil, les attaques ou vertiges sont assez souvent provoqués par un réveil brusque ou forcé au milieu de la nuit; par un lever exceptionnellement matinal, par les veillées prolongées ; messe de minuit, concerts, soirées tardives dans le monde, au théâtre, surtout si le spectacle est très-bruyant ou très-émouvant.

Il faut aussi ranger parmi les causes dont l'action est complète les longues promenades, ou les voyages en voiture, surtout en chemin de fer et principalement de nuit. . Pour peu que les malades aient des attaques ou des vertiges un peu fréquents, il est bien rare qu'un voyage (nous ne disons pas Une courte excursion) en chemin de fer n'en provoque pas.

L'abus ou l'usage exceptionnel du café noir ou des boissons alcooliques occasionne très-fréquemment des accidents comitiaux. Un ouvrier avait plus de la moitié de ses attaques chez les marchands de vins; il n'y passait pourtant pas, tant s'en fallait, la moitié de sa vie. Les gens sobres doivent avant tout éviter les vins mousseux, et même tout simplement les vins blancs.

Bon nombre d'épileptiques ont à table un nombre d'attaques ou de vertiges proportionnellement supérieur à celui du reste de la journée. Chez d'autres au contraire l'abstinence peu prolongée entraîne ces accidents.

Nous avons constaté les inconvénients de l'abus ou de

Tusage exceptionnel du tabac à fumer ou le séjour, pour une personne qui n'en a pas l'habitude, dans un lieu où plusieurs fumeurs sont réunis.

Quelques patients ont une forte proportion de leurs crises épileptiques au cabinet d'aisances. Il faut encore citer chez quelques-uns, comme causes accidentelles incontestables, l'onanisme, le coït surtout avec abus, les pollutions nocturnes rapprochées, l'époque menstruelle, le besoin d'uriner non satisfait.

Nous avons vu plus d'une fois un purgatif amener une attaque anticipée; les accidents comitiaux peuvent être aussi provoqués (non pas au moment même) par une application de sangsues, par une plaie. Les bains de mer et les bains de rivière ont incontestablement une influence fâcheuse que partagent, quoique à un moindre degré, les bains de baignoire tempérés.

Dans cette multitude de causes, toutes observées dans des cas à débuts encéphaliques, il en est bien peu que nous n'ayons pas rencontrés aussi dans les deux autres genres de débuts. Nous n'avons pas craint de passer en revue cette longue série, quoique leur étude ait montré qu'elles avaient peu d'intérêt pour l'histoire spéciale des accès incomplets. Mais l'indication de ces causes fournira, pour tracer l'hygiène des épileptiques, des règles bien plus sûres que les données systématiques sur lesquelles on les fonde le plus souvent.

Nous aurons terminé tout ce qui concerne les rapports entre les attaques et les vertiges, préludes ou commotions, quand nous aurons mentionné les moyens abortifs qu'on nous a signalés comme semblant avoir eu quelque^

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fois une action utile chez les malades de notre troisième genre.

Le moyen le plus généralement employé est la respiration d'une vapeur irritante ou à la fois irritante pour la muqueuse nasale et sédative pour le système nerveux: ammoniaque, acide acétique, éther; viennent ensuite la projection d'eau à la figure ou des aspersions froides sur la face et même sur le haut de la tête.

Il faut ajouter la succussion par les épaules, le pincement de la peau par un assistant ou par le malade lui-même, un coup douloureux sur Favant-bras.

Deux patients se mettaient à courir. Plusieurs, au moment du tournoiement de tête ou de la perturbation cérébrale, luttaient par un effort d'énergique volonté.

Enfin chez un patient, au moment de la rotation de la tête sur elle-même, on réussissait parfois en imprimant à cette partie un mouvement en sens inverse.

Nous devons répéter ici, pour la troisième fois, que la preuve qu'une attaque a avorté sous l'influence de telle ou telle action est difficile à établir ; le même résultat se produisant souvent d'une manière spontanée. >

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