CONSIDERATIONS GEN ER ALES
En 1852, lorsque nous publiames notre premier travail sur l'epilepsie (1), l'incurabilite a peu pres absolue de cdte nevrose etait un fait gericralement admis. Les medecins dont on reclamait les conseils pour les malheureux alleints de cette affection, sans confiance dans le resultat, n'apportaient, a combaltre le mal, ni serieuse preoccupation ni suffisante perseverance.
Ncs protestations contre ce fatal pronostic, protestations appuyees sur des faits nombrcux, ont certainement ebranle l'opinion. On traite aujourd'hui les epilepliques, on enguerit quelques-uns ; cependanton est loin d'obtenir la proportion des succes qu'il est permis d'esperer maintenant, parce qu'on ne fait pas concourir d'emblee lous les moyens convenables dans ce but, loin de la :
On meconnait souvent l'epilepsie a son origine et Ton perd ainsi un temps precieux.
(1) Herpin, du Pronostic et du traitement curatif de l'epilepsie. Paris, 18j2, in-8 ; ouvrage couronnG par I'lnstitut de France. II lupin. — Acccs. 1
2 CONSIDERATIONS GENEUALES.
Meme apres avoir reconnu la maladie, au lieu d'en aborder franchement le traitement special , on en cherche la source dans telle disposition morbideou dans telle revolution physiologique, qui ne sont que des circonstances concomitant es.
Ou bien, se laissant guider par des idees systematiques, on ne choisit pas les moyens que l'experience a demontre etre les plus utiles.
Enfin, quand on se decide a employer les agents efficaces, on ne met pas, dans chaque medication ou dans la succession des divers traitements, une suffisante perseverance.
Mais, encore unefois, le principal ecueil qui fait sombrer tant de malheureux dans l'incurabilite, c'est que 1'epilepsie est meconnue par un grand nombre de praticiens, alors qu'elle est le plus susceptible de guerison. Notre pratique nous en a fourni la preuve dans des centaines de cas, et cette erreur est plus pardonnable qu'elle ne le parait au premier coup d'ceil.
Dans la moitie au moins des cas, la maladie commence, non par des attaques, mais par des accidents legers, tels que crampes d'un membre, convulsions partielles, spasmes visceraux, vertiges, commotions, et autres manifestations analogues. Dans cette moitie de cas, la majorite des malades restait d'un a cinq ans (plusieurs meme davantage), avant d'avoir des attaques completes. Or si celles-ci ont ete l'objet de descriptions gene rales assez fideles, les autres accidents (en y comprenant meme le vertige, le mieux connu de tous), n'ont jamais ete le sujet d'etudes methodiques. Aussi, dans leur extreme variete, ces acces legers d'epilepsie ne sont-ils pas reconnus par le plus grand nombre des praticiens.