CONSIDERATIONS GENERALES
C'est pour combler cette lacune dans l'histoire de l'epilepsie qu'instruit de ses desastreux effets, nous nous sommes decide a faire une etude approfondie des acces incomplets ou acces de petit mat, et cela en soumettant a une analyse rigoureuse 300 observations que nous avons recueillies dans notre pratique particuliere.
Nulle affection, plus que le mat des cornices, ne reclamait, d'une maniere plus imperieuse, un semblable travail.
Le premier et plus important resultat de cette etude a ete la pleine confirmation d'une double loi que nous avions decouverte il y a dix ans et que nous publions aujourd'hui pour la premiere fois. Cette loi nous semble appartenir a cet ordre de decouvertes, que toute personne competente s'etonne de ne pas avoir faites (si elle ne s'en croit pas elle-meme l'auteur), tant elles decoulent clairement du simple rapprochement des faits. Elle peut s'enoncer ainsi : « Les manifestations « comitiales, crampes, convulsions partielles, spasmes visce- « raux, vertiges, etc., que les epileptiques eprouvent d'une « maniere irregulierement periodique, dans les intervalles « de leurs grands acces, sont des attaques reduites a leurs « symptomes initiaux ou avortant a une periode plus ou « moins avancee de leur cours.
«Les debuts d'attaques varient a l'infini chez les differents « sujets, mais sont toujours, ou presque toujours, identi- « ques chez le meme patient. En consequence, les acces in- « complets, quoiqu'eminemment diversifies, sont toujours « ou presque toujours, semblables chez le meme epilepti- « que. »
Telle est notre decouverte dans la plus simple expression. Mais la simplicite meme de cette double loi en voile au pre-
4 CONSIDERATIONS GENERATES.
mier coup d'ceil l'iinportance. Dans ie cours do cc travail on vcrra combien les faits generaux qu'elle met en evidence sont leeonds en resultats interessants et utiles, lis jettent une vive lumiere sur la symplomatologie du mal caduc, et, par consequent, sur son diagnostic, lis en preparent l'histoire physiologique, mal ebauchee jusqu'iei par defaut d'une connaissance suffisante des differentes especes d'acces; ils en determinent mieux le siege. Ils eclairent d'un jour nouveau l'elude des moyens abortifs des attaques. lis fourniront a la physiologie du systeme nerveux et meme a la psycbologie des sujets interessants d'observations, enfm , et surlout en faisant decouvrir le mal, a une epoque tres-rapprochee de son origine, ils permettront d'attaquer cette cruelle maladie en temps opportun et dans une phase ou, le plus souvent, bornee a de tres-legeres atteintes, elle est plus facile a guerir.
La loi d,ide?itite des acces du petit mal et des debuts d'attaques chez le meme sujet peut, en raison de sa Constance, etre verifiee par lout observaleur, sans qu'il soit necessaire de recueillir un grand nombre de faits. D'eux-memes, les malades les plus intelligents appellentleurs aeces legers : preludes, commencements, menaces de crises, acces avortes, fausses crises, etc. A defaut de cette initiative, si vous avez affaire a un epileptique ou a Tun de ses parents, qui soil doue de quelque peu d'esprit d'observation, il est une enquete d'une execution facile, qui est completement demonstrative ; faites-leur decrire, sans les mettre sur la voie, le debut d'une attaque complete; faites ensuile raconter les vertiges ou autres accidents nerveux eprouves dans l'inlervalledes grandes attaques; terminez enfin par cette question : quelle difference
CONSIDEUATIONS pENERALES. ^
remarquez-vous entre ces petites crises et le commencement des altaques?
Aucune, vous repondra-t-on toujours.
Mais, quelque probante que fut une semblable enquete, elle n'eut pas suffi pour installer dans la science la double loi qui domine tout ce sujet, il fallait, pour cela, comtne nous l'avons deja dit, reunir un tres-grand nombre de faits et les analyser. La loi d'aillcurs etait un guide precieux, mais elle ne donnait pas d'elle-meme les resultats importanls que nous allons successivement faire connailre, apres avoir indique le plan que nous suivrons dans leur exposition.
Une attaqne d'epilepsie se compose essenticllement de trois ordres de phenomenes : convulsion des muscles soumis a la volonle, spasmes des muscles visceraux, abolition des sens et de la connaissance. Un acces peut commencer par l'un quelconque de ces symptomes. Les debuts d'attaques peuvent done etre groupes en trois genres :
i° Debuts pe>ipht5riques;
2° Debuts visci5rau\-, en nc comprenant pas les centres
nerveux pai mi les visceres ; 3° Debuts eneephaliques.
Deja les medecins grecs, qui attribuaient d'ailleurs aux pbenomenes initiaux.de l'attaque une importance exageree au point de vue du siege et du traitement de cette maladie, avaient divise l'epilepsie en trois genres :
Epilepsia e parte externa:
— ex ulero, ex ore, ventriculo, etc.
— ex eapite vel ex cerebro.
Cette division,quiressortnaturellementdes faits, nous servirade guide ; elle a particulierement l'avanlage de permettre