‹ Des Accidents de Lithiase Rénale Au Cours des Décalcifications OsseusesChapitre 21 sur 46 · I. — LITHIASE RENALE ET FRACTURES INFECTEES · texte numérisé non relu

I. — LITHIASE RENALE ET FRACTURES INFECTEES

H. Ernest Paul, de Toronto, a rassemblé, en 1922, vingt cas de « suppuration osseuse consécutive à des blessures de guerre, cause essentielle de calculs du rein », qu'il a publiés dans le Journal of Urology de 1923. Voici ces observations : é

Obs. n° 1. — B. C..., musicien, 23 ans ; examiné pour la première fois le 22 avril 1919.

En avril 1915, une blessure du dos par schrapnell a déterminé une fracture ouverte des deuxième et troisième vertèbres lombaires avec paraplégie temporaire ayant nécessité le cathétérisme vésical pendant deux semaines. La blessure, par suite d’une suppuration petsistante, a mis cinq mois à guérir. En décembre 1918, trois ans et huit mois après que le malade eût été blessé, il éprouve pour la première fois une douleur violente dans la région rénale gauche, se manifestant principa- ‘lement la nuit. Le 2 février 1919, survient la première crise typique de colique néphrétique gauche. Le 20 avril 1919, la vessie montrait une légère infection à bactérium

coli et staphylocoques. Une radiographie montrait un calcul du volume d’une petite bille dans le bassinet du rein gauche et un autre plus petit dans le calice inférieur. L’excrétion de la phtaléine était un peu altérée du côté gauche. Le 1° mai 1919, une pyélotomie est pratiquée ; les deux calculs sont enlevés. Guérison sans suites.

Obs. n° 2. S. P..., 22 ans, forgeron. Examiné pour

la première fois le 16 juin 1919.

Le 15 août 1917, nombreuses blessures par schrapnell

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des deux membres inférieurs et du dos ; fracture multiesquilleuse du fémur ‘droit. La suppuration des blessures se prolonge longtemps et la guérison n'est complète qu’en septembre 1918. En janvier 1918, cinq mois après la blessure, était survenue la première colique néphrétique. Il n’eut plus de crises nouvelles jusqu’en juin NE époque à laquelle il fut découvert porteur de deux pelits calculs de l’uretère droit, à deux pouces de la vessie. L'urine montrait une infection modérée ; l’excrétion de la phtaléine était légèrement diminuée. Le 2 octobre 1919, deux petits calculs sont enlevés de l’extrémité inférieure de l’uretère droit. Guérison simple, sans suites. En décembre 1920, nouvelle colique néphrétique, la radio ne montrait aucun calcul, maïs le cathéter urétéral était arrêté à deux pouces et demi de la vessie. L’uretère droit fut dilaté jusqu’à admettre un cathéter n° 9F. Trois jours plus tard, le malade éliminait deux petits calculs d’oxalate.

Obs. n° 3. — W. R. B..., 31 ans, directeur de fabrique, vu pour la première fois en octobre 1919.

En août 1918, blessure thoracique par schrapnell avec fracture comminutive de deux côtes. Longue suppuration. La guérison survient au bout de neuf semaines. Deux mois avant cette blessure, le malade avait souffert de furôncles du tronc et de la nuque. En juillet 1919, un an après la blessure, crise typique de colique néphrétique droite, avec pyurie importante. De nombreuses crises se répètent jusqu’au mois d'octobre. Le 3 octobre 1919, un pyélogramme montrait un gros rein pyonéphrotique, avec un calcul de la taille d’une grosse cerise, dans le calice inférieur. La fonction du rein droit était très diminuée. Le 11 novembre 1919, néphrectomie droite. Le rein contenait un gros calcul blanchâtre d’oxalates du volume d’une noix. Le microbe infectant était le

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staphylocoque doré. Guérison sans suites. Le 18 février 1920, l’excrétion de la phénolphtaléine en une heure était de 48 %.

Obs. n° 4. — N. R. J.., 27 ans, camionneur. Vu pour la première fois le 1° octobre 1919.

En novembre 1917, fracture exposée, comminutive du fémur gauche, dans sa partie moyenne ; le drainage de la plaie est maintenu jusqu’en mars 1918. En janvier 1919, on enlève un petit séquestre fracturaire. La plaie guérit en quinze jours. Le 10 juin 1919, dix-neuf mois après la blessure, crise abdominale aiguë ; on enlève l’appendice. En août 1919, nouvelle crise abdominale semblable, mais avec quelques troubles urinaires : les urines contenaient quelques cellules de pus et quelques hématies. La radio ne montrait aucune ombre qui put faire penser au calcul. Le 1° octobre 1919, nous voyons le malade pour la première fois à l’occasion d’une crise {ypique de colique néphrétique droite, Température 103 F: pouls 110. Le rein droit était palpable. A la cytoscopie, on voyait un calcul émerger du méat urétéral droit ; on l’enleva par les voies naturelles. Ce calcul avait une surface irrégulière et rugueuse, mûriforme ; il était long de 1,5 em., large de 1 cm., dans son plus grand diamèetre. Deux jours plus tard, une nouvelle radio ne montrait plus aucune ombre calculeuse ; six mois plus tard, la pyurie avait disparu, le poids du malade avait augmenté de 7 kilos, l’excrétion de la phtaléine était normale.

Obs. n° 5. — J. C.., 27 ans, clerc. Vu pour la première fois le 6 février 1920.

Le 30 octobre 1917, blessures multiples du membre inférieur droit, nécessitant l’amputation à 7 pouces audessous du grand trochanter ; le moignon continue à

suppurer. En octobré 1918, un an après la blessure, quand le blessé commence à se lever, il fait une hématurie sans douleur. En novembre 1918, colique néphrétique droite qui dure trois jours. De nombreuses crises se succèdent, méconnues dans leur vraie signification et attribuées à des troubles gastro-intestinaux. En juin 1919, une radio montre un petit calcul de la partie basse de l’uretère droit; ce calcul est éliminé spontanément trois semaines plus tard. Il ne se manifeste pas de troubles nouveaux, jusqu’en août 1920 où la radio montre un calcul du bassinet gauche. Petite diminution de la fonction du rein gauche ; excrétion de la phtaléine : 53 %. Les urines ne montraient, au microscope, ni cellules de pus, ni microbes. Le 21 mars 1921, un calcul müriforme, irrégulier, brunâtre, du volume d’une amende, était enlevé de la jonction urétéro-pyélique par pyélotomie ; le bassinet était très dilaté. Guérison simple, sans suites.

Obs. n° 6. —— H. C.., 27 ans, clerc. Vu pour la première fois le 6 avril 1920.

En juin 1916, blessure par schrapnell de la cuisse droite, fracture du grand trochanter ; choc commotionnel. La blessure guérit en cinq semaines. En janvier 1920, trois ans et demi après la blessure, première crise de colique néphrétique droite avec hématurie. De nombreuses crises se répètent entre janvier et avril 1920 ; à cette époque, les crises douloureuses sont plus longues mais moins aiguës. Les urines étaient légèrement infeclées, le 10 avril 1920, après une cystoscopie et un double cathétérisme, la température est entre 102 F et 105 F. Les radiographies ne montrent pas de calculs ; l’inoculation au cobaye est négative. Le malade va passer l'été à la campagne mais n’est pas amélioré. Le 12 octobre 1920 le cathétère urétéral est arrêté à deux pouces de la

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