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CHAPITRE IV

ÉTIOLOGIE ET PROPHYLAXIE

L'observation clinique peut s’étendre actuellement à 50 cas environ. Ne retenant que les observations dans lesquelles sont notés l’âge de malade, la durée de l’anesthésie, le mode d’anesthésie, la quantité d’anesthésique employée, le nombre des anesthésies supportées par le patient, l’état antérieur de ses organes, nous pouvons dans quelque mesure réunir un certain nombre de conditions capables de favoriser l’éclosion des accidents toxiques.

L'âge. Les jeunes sujets sont de beaucoup les plus frappés. Dans plus de la moitié des cas, les intoxications se sont produites chez des malades n’ayant pas atteint 30 ans ; parmi ceux-ci, ce sont les sujets au-dessous de 15 ans qui, de beaucoup, sont le plus souvent touchés.

Telfort et Falconer admettent que le foie des enfants et plus vulnérable aux actions toxiques et spécialement à celui du chloroforme. :

La durée de l'anesthésie et la quantité d’anesthésique employée entrent en jeu certainement ; dans les obser-

vations, elles ont été notées, l’on remarque que les ac-

Deua, TIRUES

cidents succèdent le plus souvent à des anesthésies difficiles, au cours desquelles le malade a dû absorber des doses importantes de chloroforme. Mais nous devons signaler également, les .cas très intéressants, où pour un simpie examen sous chloroforme, ayant duré en tout quelques minutes l'ictère grave est apparu.

On peut donc dire que les accidents ne dépendent pas d’une façon absolue de la dose de toxique employé. La même remarque est encore juste en ce qui touche le mode d'administration chloroformique. Le mélange titré d’air et de vapeurs anesthésiques (appareil de Roth- Dræœger) ne met pas à l’abri des accidents post-opératoires. Deux observations au moins relatent l'emploi de cet appareil pour des cas chirurgicaux très simples (hernie .étranglée, suture rotulienne), qui malgré cela furent suivis d'intoxication mortelle.

Les anesthésies répétées semblent avoir dans La genèse de ces accidents, une importance notable. Nous avons rapporté deux cas où les accidents apparurent nettement après la deuxième chloroformisation, la première ayant eu lieu dans des conditions excellentes, quinze jours auparavant.

L'état antérieur des organes semble, par contre, jouer un rôle prédominant. De l’observation clinique de M. Quénu, il ressort, que chez les ictériques opérés pour lithiase ou tout autre affection, l’ictère et les aceidents d'intoxication biliaire s’accentuent dans les deux jours qui suivent l’acte opératoire.

Cet auteur a montré d’autre part combien sont graves

les opérations pour cancers biliaires et quelle part il

faut réserver, dans le pronostic, à l’administration du chloroforme. Une observation que nous rapportons, est à ce point de vue très caractéristique. D’autres affections intéressant le foie ou le rein ont été notées par les observateurs, l’alcoolisme (Lecène, Gurcel, Goullioud, Foa) avec cirrhose au début, les coliques hépatiques, le carcinome du rein. qe

Vittorio Brun, frappé de la fréquence des accidents chez les jeunes sujets, a étudié quelles pouvaient être les conditions qui, chez eux, semblaient favoriser l’éclosion des accidents. Les plus fréquentes, à son sens, sont le rachitisme, la tuberculose, les parasites intestinaux, l’anémie. En résumant les cas de la littérature et les siens, il conclut que presque toujours il existe une circonstance suffisante à elle seule, pour expliquer les effets graves et mortels survenant même avec des quantités très faibles de chloroforme (1 eme.). Celui-ci agit sur un organisme en insuffisance fonctionnelle évidente ou latente, et quand l’autopsie ne démontre pas de lésions antécédentes, il faut admettre l’existence d’une infériorité fonctionnelle héréditaire.

En dehors des cas d'intoxication mortelle, nous avons déjà eu l’occasion de montrer à quel point les rénaux avaient à souffrir de l’administration du chloroforme et de l’éther. Nous savons déjà que chez les malades présentant de l’albumine, cette albumine est toujours augmentée, l’albuminurie transitoire est fréquemment provoquée; en outre, les lésions rénales qui sont ainsi créées, peuvent devenir l’amorce delésions chroniques,

qui évolueront ultérieurement,

Ainsi nous pouvons conclure en manière de prophylaxie que l’anesthésie générale ne doit ètre administrée, et encore sous toutes réserves, qu’à des sujets indemnes de tares héréditaires ou acquises, frappant en particulier le foie ou le rein ; une analyse complète des urines, établissant par ses résultats le jeu fonctionnel des organes, est une précaution nécessaire avant toute tentative d’anesthésie générale. En outre il est de toute prudence de rejeter l’anesthésie générale chez les enfants de moins d’un an.

DEUXIEMÉ PARTIE

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