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DES AUTRES MODES D’'ANESTHÉSIE

& En étudiant les accidents toxiques et tardifs dus à l’anesthésie générale, nous avons passé sous silence l’anesthésie au chlorure d’éthyle. En effet les observations expérimentales et cliniques sont d’accord pour admettre que ce dernier produit est inoffensif; si l’on s’en tient à une administration prudente, on n’observe rarement d'accidents immédiats et jamais d’accidents tardifs.

Dans ces dernières années l’anesthésie lombaire, et surtout l’anesthésie locale, ont réalisé des progrès considérables. Il est intéressant de se demander, si à l’instar de l’anesthésie générale, ces divers modes d’anesthésie sont capables de provoquer des intoxications

post-opératoires.

Anesthésie lombairé

C’est à la cocaïne que les chirurgiens eurent d’abord recours.

Dès 1899, M. Tuffier, en France, obtint une anesthésie

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étendue par injection de cocaïne dans le sac médullaire Cadol, Kendirdjy en firent le sujet de leur thèse. Bientôt cependant des accidents assez sérieux vinrent jeter le diserédit sur la méthode. En dehors des accidents immédiats, on eut à observer quelques vomissements, | de la céphalalgie, de la raideur de la nuque, du ralentissement du pouls, un peu d’élévation thermique, de la rétention d’urine ou du relâchement du sphincter vésical ou anal, des paraplégies passagères. Guinard, Ravaut et Aubourg, montrèrent que ces accidents étaient dus à l’irritation méningée, et qu’à la suite de l'injection rachidienne il se produisait dans le liquide céphalorachidien une véritable pluie leucocytaire. Ils proposèrent de diluer la solution dans le liquide céphalo-rachidien du malade. Cette modification n’apporta qu’une atténuation insignifiante aux accidents parfois mortels (Kendirdjy). La cocaïne fut abandonnée. Bier proposa la tropacocaïne, mais ayant observé de violentes céphalalgies, il l’abandonna bientôt.

C'est à M. Chaput que revint le mérite d’avoir employé la stovaïne en injections arachnoïdiennes. Grâce à ce nouveau produit la méthode s’est améliorée et les accidents de toxicité consécutive sont devenus moins fréquents.

Dans ses statistiques portant sur des milliers d’anesthésies M. Chaput ne signale comme accidents consécutifs que les vomissements et la céphalée. La céphalée d’ailleurs est évitée, si l’on a soin d’évacuer, avant l'injection, quelques centimètres cubes de liquide cé-

phalo-rachidien.

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Cet auteur dont l'expérience en la matière est considérable, constate toujours l'intégrité du foie et des reins et n'observe pas d’albuminurie post-opératoire. Schwarz cependant a trouvé de l’albuminurie dans les urines après une injection de # centigrammes de stovaïne,

Nassetti (Clinica Chir., 1909) après avoir rappelé les recherches de Kendirdjy, de Schwartz, de Chaput, de Czermak étudie67 cas observés dans la clinique du professeur Ruggi. Ses conclusions à propos des troubles rénaux sont les suivantes : dans 5°/, des cas on observe une légère albuminurie accompagnée de eylindrurie. Ces troubles rénaux durent généralement une semaine. Ils sont plus accentués et plus fréquents si l’on recourt au chloroforme après échec de la rachistovaïnisation.

Pautrier et Simon ont observé un cas de zona.La paralysie des membres inférieurs aurait été constatée par divers chirurgiens (Trautenroth, Hildebraudt, Lang, Kœnig).

Guinard a signalé un accident analogue, ayant débuté trois mois après l’opération. La parésie devint progressive et le malade mourut très rapidement. D’autres paralysies toutes passagères du reste, ont été rapportées, paralysies des muscles de l'épaule (Le Dentu), des quatre membres (Reynier), du nerf moteur oculaire externe (en tout 7 cas rapportés par Chaput, Lœæser, Scholer, Feilchenfield, Vossius, Caron, Rochard).

A côté de ces accidents légers pour la plupart, il faut noter quelques cas malheureux suivis de mort. Ces cas au nombre de 8 sont signalés par Hildebrandt, Son-

nenberg, Dertz, Freund, Chaput et Guinard. Il faut ce-

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pendant ajouter que les cas de Dertz etFreund ont trait à des sujets très âgés, 72 ans et 73 ans, que lc malade de Chaput était un pleurétique fébricitant, celui de Sonnenberg avait été opéré en pleine septicémie. Les cas de Guinard sont curieux, la mort survenant dans l’un; trois mois après l’anesthésie par paralysie ascendante, dans l’autre la mort survenant subitement au bout de trois semaines. Le cas d’Hildebrandt reste sans explication et la stovaïne peut être ici incriminée exclusivement. Les différent accidents observés à la suite de la rachi-anesthésie ont provoquéun certain nombre d’études expérimentales. Des expériences pratiquées sur des animaux ont montré que la rachi-anesthésie provoquait des altérations nerveuses accusées, surtout à la mœælle lombaire, mais qui se prolongeaient en s’atténuant jusqu'au bulbe (tuméfaction, trouble des cellules, ganglionnaires des cornes postérieures et des racines). Ces lésions témoignent d’une action tardive du poison. Cette action peut être expliquée, car la résorption des toxiques injectés se fait très lentement : il faut douze heures pour que le liquide céphalo-rachidien s'en débarrasse, la novocaïne demande dix-huit heures avant d’être totalement éliminée. Ces chiffres représentent une moyenne, l’on a fréquemment trouvé ces produits dans l'urine quarante-huit heures après leur injection. Ainsi diverses expériences montrent que l’anesthésie lombaire n'est pas sans danger pour l’organisme. A côté des bons résultats publiés par quelques chirurgiens français, vous devons mettre en parallèle les ré-

sultats de M. Kœrte de Berlin (Hôpital Urbain).

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