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en France par Terrier. La cocaïne.injectée sous la peau au moyen d’une seringue de Pravaz donna une anal-
gésie suffisante pour pratiquer quelques opérations. On
ne connaissait pas encore la toxicité du produit: des
désastres s’ensuivirent.
Vers la fin de l’année 1886, M. le professeur Reclus commença une série d'expériences qui, en quelques années, le conduisirent à édifier une méthode scientifique d’anesthésie par la cocaïne (1).
La cocaïne possède sans doute un pouvoir anesthésique puissant, elle est malheureusement très toxique. Injectée au delà de certaines doses, elle produit des phénomènes d’empoisonnement et peut entraîner la mort.
Le premier cas de mort se produisit en Russie. Un médecin russe, Kolomnine avait injecté à une malade une dose considérable : 30 grammes d’une solution à 5 °/., soit 1 gr. 50 de l’alcaloïde, Au bout de trois quarts d'heuré la malade perdit connaissance, puis fut prise de violentes convulsions, auxquelles succéda une syncope
mortelle.
Chez un autre sujet qui avait absorbé une dose ana-
logue, les accidents débutèrent au bout de quinze minutes : constriction du pharynx, nausées sans vomissements, troubles de la vue, dilatation des pupilles, cyanose, pouls filiforme, convulsions et syncope. La mort survint en trente minutes. L’autopsie montra une
légère surcharge graisseuse du cœur, et une congestion
1. Professeur Reclus. La cocaïne en chirurgie (1895) ; L'Aneslhésie localisée par la cocaïne (1903).
re
généralisée aux méninges, à l’encéphale, aux viscères. M. Reclus admet que pour être à l'abri de tout accident, il ne faut jamais dépasser une dose de 0 gr. 20 de cocaïne, et encore on ne pourra atteindre ce maximum qu'avec une solution à 4 pour 200, solution moins toxiqué qu’une solution plus concentrée (1). Dans les 60 cas de mort imputables à la cocaïne, et änalysés par M. Reclus, la quantité de l’alcaloïde injectée en une fois avait été
de:
0 gr. 40 en solution à 2°/,
0 gr. 60 5 °/, 0 gr. 80 —— 20 °/:
Aer. — D o/, Lgr. 50 — D
Ces doses étaient excessives, et comme quantité de cocaïne et comme concentration de la solution.
A côté de la cocaïne,un grand nombre d’autres anesthésiques vinrent se ranger. Pour ne rappeler ici que leur toxicité; voyons tout de suite les résultats obtenus par MM. Piquand et Dreyfus, sur les lapins.
En pratiquant des injections intra-veineuses avec des solutions à 1 pour 200 (2), ils ont obtenus les résultats suivants :
1. MM. Piquand et Dreyfus ont montré, conformément à cettethéorie, qu’un lapin ne présente aucun trouble après injection sous-cutanée de 10 centigrammes de cocaïne à 1 pour 200, et
présente. des accidents d’intoxication si on injecte la même dose en solution à 10 °/,.
2. Ces injections sont faites dans l'oreille du lapin à l’aide de l’appareil de Roger réglé pour laisser passer 15 centimètres cubes de liquide à la minute.