‹ Des acquisitions récentes sur la biologie des ascarisChapitre 12 sur 38 · I. — Habitat · texte numérisé non relu

I. — Habitat

Tous les Suites s'accordent depuis longtemps, se fondant sur de nombreux examens anatomiques, pour considérer l'intestin grèle comme l'habitat normal de.l'Ascaris lombricoïdes. Dans le grèle du sujet infesté (enfant ou adulte) vivent un ou plusieurs ascaris, soit mâles soit femelles. Rarement isolés, ils se trouvent en petit nombre dans l'intestin des malades de nos pays, cependant, dans des cas exceptionnels, on les a vu former de nombreuses colonies, de‘plusieurs centaines d'exemplaires. Ce fait rare dans les pays tempérés, est très fréquent dans les régions tropicales. =

C'est surtout lorsqu'ils se trouvent en grand nombre chez le même hôte que les Ascaris adultes se répandent hors de leur habitat normal pour constituer des #igralions. Ces migrations, connues par les auteurs les plus anciens, sont prouvées par les observations de cas d’ascaridiose des voies biliaires, du canal de Wirsung, donnant lieu à des syndromes d’obstruction — migration gastrique œsophagrenne, pharyngée, auriculaire (par la trompe d'Eustache), nasale, etc... Chaque année apporte de nouvelles observations, mais comme le fait envisagé en luimême n'est pas nouveau, nous ne croyons pas devoir nous y arrêter dans cette étude.

Il en est de même des migrations par effraction de la muqueuse intestinale (perforation de la muqueuse saine — habituellement non admise par la plupart des auteurs — en {ous cas exceptionnelle migration à la faveur d'une altération de la paroi, comme cela se produit dans la fièvre typhoïde, ainsi que l'a montré notre maître

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M. Guiart, donnant lieu à des péritonites ou à des abcès vermineux.

Toutes ces migrations, très intéressantes au point de vue clinique, ne font pas partie de la biologie normale de lAscaris, qui est, avant tout, un hôte de l'intestin grêle.

IT. — Mode d'existence dans la lumière intestinale.

Nous abordons maintenant le problème le plus intéressant dans la biologie de l’Ascaris, et celui qui a donné lieu — tout récemment encore — aux controverses les plus nombreuses, car on ne peut chez l’homme, en l'état actuel de nos moyens d'investigation, observer l'Ascaris à l’état vivant. Les autopsies, elles-mêmes, pratiquées quelques heures après la mort, comme M. Garin 3 pu le faire à Tunis, et Fontoynont, à Madagascar, tout en nous donnant les renseignements les plus précis que nous possédons, ne nous donnent peut-être pas l’image de ce qui se produit du vivant de l'hôte. D'autre part, l’observation Chez l'animal ne nous permet plus ici d'en inférer de l'animal à l’homme, car suivant les espèces, les Ascaris ont un mode de vie et des organes de fixation sensiblement différents, comme M. Garin a eu le mérite de le prouver dans sa thèse sur « La fixation et le mode de nutrition de quelques Nématodes » (Lyon, 1913).

Aussi, est-ce surtout dans cette étude encore récente et la plus complète parue sur ce point, que nous puiserons les dernières données concernant le mode de vie de l’'Ascaris lombricoïdes. Nous envisagerons successivement ce que l'on sait maintenant de la mobilité, du mode de fixation et de la nutrition de ce ver, laissant de côté tout ce

qui concerne les autres ascaris, plus ou moins voisins ef, à fortiori, les autres espèces de Nématodes..

1° Mobilité.

Depuis longtemps, la mobilité des Ascaris dans la lumière intestinale est connue, mais comme le plus souvent les Ascaris sont observés morts, c'est-à-dire à l’état de rigidité, les auteurs se sont faits pendant longtemps une idée très fausse concernant cette mobilité. L’Ascaris, emprisonné dans son enveloppe chitineuse, était considéré comme relativement peu mobile, capable tout au plus de s'infléchir mollement sur son axe.

Les observations faites récemment sur l'Ascaris adulte, maintenu en vie « in vitro » dans un milieu approprié, ont permis à notre maître M. Guiart de s'inscrire, récemment, en faux contre cette conception. L’Ascaris vivant est mou et extrêmement mobile, susceptible de mouvements, d’enroulement rapide sur lui-même, de la même façon que le plus souple des serpents. Cette mollesse et cette-mobilité lui permettent de se diriger à son gré le long des anses intestinales sans les traumatiser et cette notion n'est pas sans importance pour éliminer certaines pathogénies traumatiques, jadis admises dans les acecidents de l’ascaridiose.

R° Mode de fixation de l'Ascaris lombricoïides. Cette mobilité extrême de l’Ascaris paraît exclure de l'étude de ce ver le problème de la fixation et, de fait, nombre d'auteurs le considèrent comme constamment LHbre, mobile dans l'intestin de son hôte. Ils se fondent

suriout pour admettre cette non-fixation, sur ce fait qu’à

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l'autopsie de sujets porteurs d’ascaris, ces vers ne paraissent jamais attachés à la muqueuse intestinale. Ceci est vrai, évidemment, pour les cas habituels en Europe où l’on procède à l’autopsie 24 heures au moins après la mort, mais dans les pays où l'examen anatomique peut être pratiqué quelques heures après le décès du malade, les constatations ont plus de valeur.

Or, en ce qui concerne l’Ascaris de l'homme, Jerinici, en Galicie, et Fontoymont, à Madagascar, ont observé des parasites fixés sur la muqueuse intestinale.

M. Garin, recherchant dans les mêmes conditions, à Tunis, des Ascaris dans l'intestin de malades qui venaient de mourir, n'a jamais observé cette fixation, mais ces constatations négatives, tout en conservant leur valeur, n'infirment pas, de l'avis même de leur auteur, les constatations positives de Jerinici et de Fontoynont : elles prouvent simplement que la fixation est facultative et inconstante.

D'ailleurs, M. Garin, observant soigneusement à la loupe la muqueuse intestinale en des régions où s'étaient trouvés des Ascaris, a vu des ulcérations de la muqueuse « points rougeâtres, entourés d’une auréole ecchymotique, et dont le centre laisse écouler un peu de sang Ou renferme un petit caillot. »

Ces ulcérations ont été observées par lui, non pas seulement sur les animaux parasités par le Belascaris canis (qui, par ailleurs, se comporte comme l’Ascaris humain) . mais aussi chez l’homme porteur d’Ascaris Lombricoïdes. Comment interpréter ces ulcérations, si l’on n’admet pas qu’elles témoignent de la fixation des Ascaris à la muqueuse ? Parmi les organes de l’Ascaris, un seul, en

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