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effet, est susceptible de léser la muqueuse, c’est l'appareil buccal.
Quelques considérations anatomiques s'imposent pour concevoir cette fixation buccale. Nous envisagerons ici exclusivement l’Ascaris lombricoïdes. Des différences anatomiques assez notables le ‘séparant du Belascaris
Canis.
Chez l’Ascaris lombricoïdes, « l'extrémité antérieure est constituée par une sorte de bouton, formé par l’ensemble de 3 lèvres. Les bords de chaque lèvre sont finement denticulés. La partie de la lèvre qui limite la cavité buccale «est revêtue d'une épaisse couche de chitine. La chitine qui revêt la lèvre sur sa paroi buccale se continue au niveau du pharynx sur un court espace et forme; au début de celui-ci, une courte cavité pré-pharyngienne, en forme d’entonnoir (Garin). » Une musculature puissante permet à l’orifice buccal de se dilater pour exercer une aspiration et de se contracter ensuite sur son contenu.
C’est ainsi, sans doute, que l’Ascaris peut appliquer se: lèvres contre la muqueuse intestinale, en aspirer une petite portion, à la façon d’une ventouse, et en ulcérer le pourtour par les denticules qui couronnent les lèvres, tandis que la portion de muqueuse invaginée dans la cavité buccale, est elle-même comprimée, congestionnée, et peutêtre plus ou moins digérée par les sécrétions buccales de l’Ascaris.
Nulle constatation objective ne permet encore d’affirmer de quelle façon se réalise cette fixation chez l'Ascaris lombricoïdes, ce dernier peut se fixer de la même façon que lui.
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3° Nutrition de l'Ascaris lombricoïdes.
Comme le fait remarquer M. Garin, la firation est dominée par le problème de l'alimentation. Le fait que la fixation est un phénomène inconstant, peut-être même exceptionnel, chez l’Ascaris lombricoïdes, prouve que pour qu’elle se produise, il faut qu'interviennent des conditions d'alimentation également anormales ou des besoins de nourriture exceptionnels.
Cette étude de la nutrition de l’Ascaris est très complexe, encore entourée d'une grande part d’inconnu. Nous allons passer en revue les hypothèses émises et les résultats des études récentes sur la question.
A. Hypothèse de la nutrition aux dépens du Chyle.
C'est la doctrine la plus ancienne : Les Ascaris ne seraient pas, à proprement parler, des parasites vivant aux dépens de la substance de leur hôte, mais plutôt des commensauz, prélevant un tribut sur leur nourriture. C'est ainsi qu'ils étaient considérés comme exerçant surtout une action spoliatrice. Cette théorie est de moins en moins admise actuellement. Signalons que tout récemment encore, M. Neveu-Lemaire se rangeait à cette opinion (Infections parasitaires. Collection Sergent 1921, page 124). « Bien que certainsauteurs, dit-1l, admettent que ces Nématodes se nourrissent de sang, ce mode d’alimentation semble exceptionnel, normalement le chyle doit être la base de leur nourriture. On conçoit aisément que ces parasites, étant de grande taille et parfois très nombreux, exercent une action spoliatrice certaine. »
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B. Hypothèse de la nutrition sanguine.
M. Guiart s’est basé sur le fait, qu'il arrive fréquemment d'observer des Ascaris colorés en rouge, pour admettre que ces Nématodes peuvent, exceptionnellement d’ailleurs, se nourrir aux dépens du sang de leur hôte. La disposition de l'armature buccale de l’Ascaris, l'existence d’une couronne de denticules pointues sur les lèvres et le fait que le pharynx peut faire ventouse sur la muqueuse, la congestionner, l’ulcérer facilement jusqu'au contact des capillaires si abondants sous la muqueuse, tout cela constitue un faisceau de présomptions en faveur de la nutrition hématique, où tout au moins permet d’en envisager la possibilité. Il est vrai que les sécrétions buccales de l’Ascaris ne présentent pas les sêmes propriétés anti-coagulantes que celles de l’Ankylostome ou du Trichocéphale, mais chez l'Ascaris la nutrition hématique est considérée par M. Guiart et ses partisans comme un phénomène exceptionnel, subordonné aux nécessités passagères d’une alimentation plus abondante « lorsque l'Ascaris est épuisé par une mue, par exemple, ou lorsqu'il veut produire une grande quantité d'œufs. (Guiart, Parasitologie, page 330). » Chez l'Ankylostome ou le Trichocéphale, au contraire, la nutrition hématique étant le mode ordinaire d'alimentation, on conçoit que les sécrétions buccales soient orientées dans le sens de l’anti-coagulation.
« Il est certain, dit également Guiart, qu'on peut trouver dans le tube digestif (de l Ascaris) des globules rouges non encore altérés, et il n’est pas rare d'observer de temps en temps le rejet d'Ascaris roses ou franchement
MR 1 Ve rouges ; ce sont des parasites qui ont été expulsés alors qu'ils venaient de se nourrir de sang. »
M. Garin tire de ses expériences personnelles des conclusions défavorables à cette théorie de la nutrition hématique même passagère
1° Il a observé lui-même, des Ascaris rougis, mais à constaté que « si l’on broiïe ces Ascaris colorés, dans de l’eau distillée, l’eau se colore très peu et, examinée au spectroscope, elle ne donne pas les raies de l’Hémoglobine. » |
2° D'autre part, il a réalisé diverses expériences sur le Belascaris canis (qui paraît se comporter comme l’Ascaris lombricoïdes au point de vue nutrition) et ces. expériences n’ont pas été à l’appui, non plus, de la théorie hématique. Ces expériences nous paraissent particulièrement intéressantes ; en voici le résumé
I) Injections sous-cutanées de bleu de Méthylène à des chats parasités : sacrifiés quelques heures
après l'injection :
a) Les Ascaris contenus dans l'intestin ont toujours présenté une coloration vert-pâle, surtout marquée au niveau du tube digestif, dans sa partie antérieure.
b) Les Gestodes contenus dans le tube digestif, à côté des Ascaris, bien que fixés à la paroi, gardent leur couleur blanche.
c) Le milieu fécal n’est pas teinté en bleu ou vert.
Cette première expérience serait favorable à la doctrine de la mutrition hématique, mais il n’en n’est pas de même des suivantes :