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ACTION SUR LE SANG

Etant donné la biologie des Ascaris qui ne se nourrissent de sang qu'à titre exceptionnel, il semblerait que l'on ne doive pas trouver dans leurs humeurs de substances hémolysantes, anticoagulantes, comme chez les ankylostomes ou trichocéphales. A vrai dire, l'extrait ascaridien est moins toxique, à ce point de vue que celui de ces petits nématodes, mais il ne saurait être considéré comme inoffensif.

Lintwarew a vu que l'injection de liquide ascaridien produisait rapidement une érythrophagie intense, les macrophages, surtout ceux de la rate et des ganglions lymphatiques absorbent en totalité des globules rouges en apparence intacts.

Les réactions au niveau des globules blancs (eosinophilie) nous paraissent, par contre, être beaucoup plus fonction de l’anaphylaxie que de la toxicité propre de l’Ascaris comme nous l’'exposerons plus loin.

Les troubles sanguins les plus évidents sont ceux que l’on à observés dans la coagulation qui se montre très nettement influencée par l’intoxication ascaridienne, bien qu'à un moindre degré que par les toxines de l’Ankylostome, bien étudiées à ce point de vue par Loeb et Smith.

Dès 1910, P. Emile Weil et Boyé, mettaient en évidence cette action anticoagulante des extraits ascaridiens.

Expérimentant avec des extraits desséchés, broyés, puis mis à macérer dans du sérum physiologique (extrait d'Ascaris Equorum ou Mégalocéphala) 1ls ont opéré sur

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10 lapins en utilisant soit les extraits de la partie antérieure du ver (0 gr. 11 par tête) soit les extraits d’un animal complet.

« Les extraits de tête ne se sont pas montrés plus actifs que les extraits totaux. Le retard de coagulation, disentils, est à peu près constant ; il n’est pas proportionnel aux doses employées. Celles-ci ont varié de 0 gr. 70 à £ gr. pour des lapins de 2 kilogr. environ... »

L'action anticoagulante manifestée après injection périphérique à manqué lorsque l'extrait fut injecté par les veines mésaraïques mais nous n’avons fait que deux expériences. On sera étonné des fortes doses apparentes de toxines employées par les expérimentateurs (jusqu'à 2 grammes) mais il s’agit là d’une dilution d’un extrait de broyage, à un taux d’ailleurs indéterminé et non de liquide péri-entérique pur comme dans la 1° expérience que nous avons relatée.

Nous devons relater maintenant une expérience de Simonin qui complique un peu cette première donnée établie par Weil et Boyé et paraît même, jusqu’à un certain point, contradictoire.

« Expérience 53 (Simonin). 2 cent. cubes de sang prélevés à un lapin sont déversés dans un tube à essai. Cioagulation complète en 6 minutes. La même quantité de sang mise dans un tube de même calibre et dans des conditions identiques, est additionnée d'une goutte de liquide ascaridien frais. Coagulation totale en 4 minutes.

Le lapin reçoit alors par voie veineuse 1 cent. cube de liquide ascaridien, dose qui le tue en 2 minutes. 10 cent. cubes de sang prélevés au moment de la mort sont répartir en deux tubes semblables. Dans le tube 1, le sang

AR ie

additionné de 2 goutets de liquide ascaridien goagule ea 12 minutes. Dans le tube 2, le sang seul ne présente, après 2 heures, aucune ébauche de coagulation ».

Ainsi donc, si le liquide ascaridien en injection provoque un retard de coagulation, mis en présence de sang « in vitro » il se montre exempt de cette propriété anticoagulante, et ce fait paradoxal nous paraît relever d’un phénomène d’ordre général qui ne peut s'observer que sur le sujet vivant : Le choc colloïdoclasique. Simonin, sans employer ce terme avait bien saisi ce fait en concluant : « Les modifications de la coagulabilité peuvent être en effet le résultat d’influences complexes el se trouve en particulier sous la dépendance de la pénétration dans l'organisme de substances protéiques étrangères conte-

nues dans les liquides ou extraits inoculés ».

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