I. — Intoxicalion aiguë
Ce qui préomine, c'est l’'hyperhémie diffuse des organes visible dès l'ouverture du cadavre de l’animal en expérience.
La congestion est manifeste au niveau des poumons, du foie, moins évidente, bien que constante, au niveau des reins ; on trouve au niveau de ces organes des foyers
A he
hémorragiques plus ou moins limités, tandis que leur surface présente des ecchymoses, comme d’ailleurs celle de la plupart des séreuses. La rate est particulièrement affectée par ces hémorragies interstitielles.
La teinte hémorragique observée avec une sorte d’électivité sur l'intestin grèle des animaux tués par des toxines tœniasiques, ne s’observe pas avec la même intensité dans l’intoxication ascaridienne. Le cœur est dilaté.
Lésions congestives, diffuses, avec, en certains points, des lésions franchement hémorragiques, telles sont les seules altérations appréciables à la suite de l’intoxication suraiguë ou aiguë ayant tué en quelques minutes l’animal en expérience. C’est en vain que l’histologie recherche des lésions plus fines dans ces tissus frappés brusquement et mis dans l'impossibilité de réagir contre l'agent vulnérant.
IT. Intoxication chronique.
Ce terme de « chronique » peut prêter à équivoque. Dans l’intoxication expérimentale, il s'applique en réalité non pas à des cas de très longue durée, mais à ceux ou l'intoxication n’a pas immédiatement sidéré l'organisme lésé et lui a permis de réagir à sa façon.
Un lapin mort le lendemain ou le surlendemain de l'injection toxique est mort d'intoxication chronique.
Ge ne sont plus ici les altérations congestives qui prédo-: minent, mais on rencontre des lésions cellulaires des divers tissus nobles qui ont une certaine électivité. Ce sont, pour la plupart, des lésions microscopiques.
Au foie, c’est une hypertrophie cellulaire avec dégénérescence graisseuse prédominant dans les cellules qui avoisinént la veine sus-hépatique, comme l'ont montré
sc
Messinéo et Calamido, Pomella. On note, de plus, une infiltration lymphocytaire des espaces portes avec parfois de véritables nodules lymphatiques.
La rate présente d’abondantes granulations pigmentaires ferrugineuses.
Au niveau des reins, les lésions intéressent surtout les cellules nobles secrétantes des tubuli contorti (tuméfaction et état vacuolaire — parfois même fonte cellulaire plus ou moins localisée).
Mais c’est au niveau des organes à sécrétion interne et du système nerveux que s’observent les lésions les plus caractéristiques. Elles ont fait l’objet d’études parallèles de deux élèves de Weinberg, dans Îles laboratoires de l'Institut Pasteur, Bedson et Rachmanow.
Les examens anatomiques de Philippe Bedson, 7 ratiqués en 1913, sur les organes à sécrétion interr “animaux morts d'intoxication vermineuse (et en »articulier avec du liquide péri-entérique d’'Ascaris :1égalocéphala) lui ont montré que l’intoxication v' ,nineuse aiguë ne laissait à leur niveau aucune lé on. La toxine ascaridienne injectée à la dose de 2 cent. cubes tue trop rapidement le cobaye pour laisser des traces histologiques.
Les lésions observées l’ont été à la suite d'intoxication chronique par injection de & cent. d’une dilution de toxine ascaridienne, variant de 1/50 à 1/20. Plusieurs injections répétées quotidiennement étaient nécessaires. Ces doses étant compatibles avec une survie assez prolongée, les cobayes étaient sacrifiés au bout de 1 à 4 semaines. Les conclusions suivantes de Bedson expriment le résultat de
ses recherches histologiques :
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