B. — SIGNES CLINIQUES DE L'INTOXICATION
I peut paraître arbitraire et d'une audace excessive de
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vouloir dégager parmi les symptômes présentés par les sujets atteints d'helminthiase ceux qui relèvent plus particeulièrement de l'intoxication. Le problème est, en effet, extrèmement complexe et les récentes découvertes de la biologie concernant l’anaphylaxie, le choc et l’accoutumance, ne sont pas faites pour le simplifier.
A l'aurore de la théorie de l’intoxication vermineuse, on a attribué à l’action toxique propre des vers, toute une série de troubles qui ne témoignent en réalité que d’un déséquilibre humoral plus ou moins brusque. Nous nous sommes efforcés de faire une revue critique des faits donnés tout récemment encore comme d'origine toxique spécifique, sans nous dissimuler ce qu'il peut y avoir d’un peu artificiel, peut-être même prématuré dans cette étude entreprise à la lumière des données biologiques les plus récentes.
Ces troubles toxiques observés en clinique montrent soit une allure chronique, soit plus souvent un tableau symptomatique aigu et c'est dans ce cas surtout qu'il est difficile de faire la part de ce qui revient au choc et de ce qui dépend de l’intoxication.
Celle-ci peut se réaliser de deux façons :
1° Par les sécrétions des parasites vivants : salive, excréta parasitaires. (Ces sécrétions imbibent le milieu intestinal et sont ainsi absorbées par la muqueuse.
2° Par les produits de désintégration des parasites morts ; ceci s’observe surtout dans l'ascaridiose. Le processus qui rend compte des accidents survenant après l’ingestion d’un anthelmintique (la toxicité propre du vermifuge étant dans ce cas hors de cause) est celui qui sa rapproche le plus des conditions expérimentales où l’on
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opère le plus souvent avec des produits de broyage qui sont également à l’état cadavérique.
Il va sans dire que les troubles toxiques de l’'Helminthiase intestinale, relevant d’une absorption par voie digestive soumise au contrôle du foie, ne revêtent pas les caractères de gravité et d’acuité de l’intoxication expérimentale. Nous aurons le tableau d’une intoxication chronique légère le plus souvent avec quelques accès épisodiques aigus qui manifesteront son existence car elle est le plus souvent latente. Nous envisagerons ces troubles suivant les appareils intéressés, étudiant ensuite à part quelques syndromes plus spéciaux.
1° Troubles digestifs.
Nous éliminerons naturellement, parmi les troubles digestifs présentés par les porteurs d’Ascaris, ceux qui sont attribuables aux migrations des vers, aux infections qu’ils peuvent inoculer et aux perforations que, dans des cas très exceptionnels, ils auront pu produire.
Les modifications de l'appétit sont d'ordre variable. On observe moins souvent ici la boulimie que dans le tœniasis ; les sujets présenteront plus fréquemment de l’anorexie ou des perversions de goût.
Les douleurs gastriques, le météorisme, les vomissements rappelant parfois le syndrome du début de la grossesse paraissent relever d’une origine toxique. Le chimisme gastrique, d’ailleurs, témoigne souvent de modifications de la sécrétion : hyperchlorhydrie manifeste (Schümann, Müller), moins accusée cependant dans l’Ascaridiose que dans l’intoxication par l’ankylostome ou les Toénias,
Les troubles intestinaux que l’on serait tenté d'attribuer surtout à l’action de la présence des parasites dans la lumière intestinale ou à leur fixation sur la muqueuse relèvent aussi, pour une grande part, de l'intoxication. Il semble même que l’on soit en droit de différencier les manifestations d’entéro-colite avec constipation habituelle, coliques sèches, d’origine irritative, des diarrhées constantes, de long-cours, véritables diarrhées d'élimination toxinienne, que l’on a pu reproduire d’ailleurs expérimentalement par l'introduction sous la peau de faibles doses de toxique. Mais tous ces troubles sont habituellement associés ; l’entéro-colite comporte elle-même des phases diarrhéiques, l’intoxication n’est pas étrangère à sa production et dans tous ces troubles il faut tenir compte aussi de l’état de sub-infection intestinale entretenu par les inoculations microbiennes successives dûes aux helminthes.
2° Troubles nerveux.
Ces troubles affectent divers domaines de la sphère nerveuse ; leur caractère essentiel est d’être transitoire et de ne reposer sur aucun substratum anatomique. Il faut être prudent dans leur étude et ne pas se hâter d'attribuer à l'intoxication vermineuse des manifestations qui relèvent, avant tout, du vithiatisme, mais on doit se garder aussi de l’exagération inverse vers laquelle tendaient naguère de nombreux cliniciens qui allaient jusqu’à nier leur existence.
Envisageons rapidement ces diverses manifestations. Les troubles sensitifs ont pu consister, dans certains cas, en algies diffuses ou affectant un territoire nerveux, mais