‹ Des acquisitions récentes sur la biologie des ascarisChapitre 32 sur 38 · FAR VUE · texte numérisé non relu

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ment importants dont nous allons maintenant aborder l'étude à la lumière des notions les plus récentes.

Aussi bien, est-ce là le domaine le plus vaste et peutêtre le plus fertile parmi les acquisitions de ces dernières années dans l'helminthologie, comme dans la pathologie générale. lé

Suivant l’ordre chronologique, c'est-à-dire la succession régulière des divers phénomènes dans le temps, nous envisagerons :

1° Le choc immédiat ;

2° L’accoutumance rapide ;

3° La sensibilisation ;

4° L'anaphylaxie avec le choc anaphylactique.

Cet ordre nous paraît apporter plus de clarté dans l'étude de ces manifestations complexes qu’une nomenclature de noms et d'expériences, suivant un ordre historique qui nous ferait pénétrer dans la confusion des interprétations successives données par leurs auteurs.

1° Le choc immédiat.

Parmi les réactions violentes que provoque l'injection de toxines vermineuses dans les veines d'un animal en expérience, il est évident qu'une part importante revient au choc colloïdo-clasique. On serait tenté, en particulier, de lui attribuer les troubles circulatoires immédiats : Hypotension brusque, modifications du rythme cardiaque, si l'on ne savait depuis les expériences de Leroy que l’action hypotensive du liquide ascaridien persiste même après précipitation et filtration des matières protéiques qu'il renferme.

La notion du choc colloïdo-clasique est toute récente

LR QMES

et la plupart des expériences faites sur la toxicité des extraits vermineux, sont antérieures à elle. Il ne semble pas qué les expérimentateurs les plus récents, à l’exception de Simonin et de Brinda, aient compté avec elle, car ils n’en font pas mention ; nous croyons devoir signaler ici son importance. Cela n’infirme d’ailleurs nullement le pouvoir-toxique des sucs vermineux qui se manifeste par des troubles que provoquent les injections intra-veineuses de dilutions à des taux infimes d'extraits privés d’albuminoïdes ou encore l’absorption de toxines par voie souscutanée.

11 faut bien dire aussi que le choc primitif est à peu près exclusivement du domaine de l’expérimentation dans l'ignorance absolue où nous sommes actuellement des troubles que peut occasionner la présence des larves d’ascaris dans le sang circulant. Dans l'ascaridiose ou l'oxyurose confirmées, les toxines sont absorbées à dose réfractée, par voie parentérale et ne sauraient donner lieu à un choc primaire comme leur irruption massive par voie intraveineuse.

Nous devons, enfin, établir une distinction entre le choc immédiat ou primaire, seu} envisagé maintenant et le choe secondaire, dont les manifestations sont intimément liées à celles de l’anaphylaxie.

2° L'accoutumance rapide. À

Divers auteurs, expérimentant avec des injections intraveineuses de peptone (Schmidt-Mulheim) de propeptone (Gley et Le Bas) ou d'extraits d'organes (Roger et Josué, Gley et Champy, etc...) ont constaté qu'après une première injection de ces produits à l'animal, ils pouvaient,

DOPRANUE

au bout de quelques instants, en injecter de nouvelles doses considérables, sans voir apparaître les troubles qu'auraient provoqués ces doses injectées initialement. Le milieu humoral de l’animal en expérience s'était rapidement accoutumé aux albumines étrangères injectées ; ce phénomène a été décrit sous les noms de tachysynethie ou encore skeptophylaxie (ce dernier terme étant réservé surtout à l’anti-anaphylaxie).

Or, cette même accoutumance rapide s’observe également dans l'intoxication vermineuse comme l'ont montré les expériences de Simonin.

« Un suc ascaridien très actif, provenant du mélange des liquides cœlomiques de plusieurs vers, introduit par voie veineuse tue en 3 ou 4 minutes un lapin de 2 kilos, à la dose de 1 cent. cube. Si l’on injecte dans la jugulaire d'un lapin une petite quantité (1 ou 2 cent. cubes) de ce liquide dilué au 1/20°, on s’apercoit que quelques minutes après, l'animal peut recevoir par la même voie, impunément, semble-t-il 5 à 10 cent. cubes de suc ascaridien pur, soit eu égard à son poids, une dose infiniment supérieure à la dose mortelle. »

Les expériences de Simonin lui ont permis de pénétrer plus à fond ces phénomènes et de faire les constatations suivantes :

A. — Une fois l'animal protégé, non seulement ne se manifestent plus les effets toxiques généraux du poison, mais encore n'apparaissent plus les effets particuliers qu’il détermine habituellement au niveau des divers appa-

reils.

B. — Cette protection ne s'établit pas d'emblée, d'une

bp façon complète ; on peut en effet distinguer deux phases dans le développement de cette accoutumance rapide :

La première débute immédiatement après l'injection première. La protection est insuffisante pour empêcher l'apparition des phénomènes toxiques généraux, mais l'injection seconde provoquerait encore des troubles spéciaux dus au poison sur les appareils particulièrement sensibles à son action.

La deuxième lui fait suite et est caractérisée par l’immu-

nité absolue du sujet à l'égard de l'injection seconde ; elle apparait 10 ou 15 minutes environ après l'injection première. Cet état s'accompagne d’une diminution considérable de la coagulabilité du sang. ; Bien que la dose mortelle puisse être très largement dépassée, les doses ne peuvent pas être indéfiniment élevées ; à partir d’une certaine limite, l'animal peut mourir brusquement sans avoir, au préalable, manifesté des troubles quelconques.

D'autre part, l’immunité ainsi acquise n’est que très provisoire ; elle ne tient qu'à un état particulier de l’organisme. Les produits injectés dans l'organisme conservent leur toxicité qui, inefficace provisoirement, pourra agir dans la suite si le poison n’est pas éliminé avant que ne cesse la tachysynéthie ; les animaux en expérience peuvent mourir après un temps plus ou moins long, avec les lésions habituelles de l'intoxication vermineuse expérimentale.

Comme le fait remarquer Simonin, bien que latente, l'intoxication n’en n'existe pas moins et la tachysynéthie ne saurait être considérée comme un argument absolu en faveur de la pathogénie colloïdo-clasique des accidents pro-

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