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voqués par les injections de liquides ascaridiens. Il est possible que la tachysynéthie supprime le choc, c’est même la seule façon logique de concevoir son rôle, mais elle ne supprime pas l’intoxication dont elle ne peut que retarder les effets.
Grâce à la tachysynéthie, on peut dissocier les manifestations dues au choc de celles attribuables à l’intoxication.
3° La sensibilisation.
Les toxines vermineuses, en leur qualité de substances étrangères peuvent, lorsqu'elles pénètrent dans l’organisme à dose minime, comme c’est le cas en pathologie humaine, dans l’Ascaridiose, agir à la façon d’antigènes et provoquer dans les humeurs l'apparition d'anticorps spécifiques. |
Parmi ces anticorps, un certain nombre ont été mis en évidence, appartenant surtout par leurs propriétés aux groupes des précipilines et des sensibilisatrices.
A. — Tandis que diverses précipitines vermineuses ont été isolées (Isaac et Van den Velden, pour le Bothriocéphale, Fleig et Lisbonne pour l’Echinocoque, Weinberg pour les Douves), les auteurs sont muets quant à la précipitation des Ascaris ; nulle raison pour qu’elle n'existe pas cependant, mais elle ne présenterait aucune sanction pratique, n'étant pas nécessaire pour permettre d'établir un diagnostic.
B. — Par contre, les travaux de Ghedini (1906), mettant en évidence l'existence de sensibilisatrices dans le sang des porteurs de kyste hydatique ont engagé divers auteurs à rechercher des sensibilisatrices dans la plupart des autres
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helminthiases. Nous rappellerons surtout les travaux de Weinberg et Parvu (Réaction de Bordet Gengon dans les helminthiases). Ces auteurs ont pratiqué leur recherches sur 41 chevaux infestés de parasites divers, mais surtout d'Ascaris mégalocéphala. ”
Voici les résultats qu’ils ont obtenus :
4° La réaction de fixation du complément n’a donné de résultats négatifs que dans quelques cas où l’animal n’a été trouvé infesté que par un petit nombre de parasites
2° Dans 21 cas, la réaction a été très nette pour chaque variété de parasites trouvée à l'autopsie.
3° Dans certains cas, le sérum d’un cheval infesté seulement par les sclérostomes a également donné une réaction positive légère avec l'extrait d’Ascaris et celui d'Œstres. Ainsi, les divers helminthes possèderaient à la fois un pouvoir sensibilisateur spécifique et la faculté d'élaborer des sensibilisatrices communes (ou de groupe).
À la suite de ses travaux personnels, Simonin a pensé pouvoir établir les règles suivantes :
1° Le parasitisme ne s'accompagne pas toujours ou ne s'accompagne pas à tout moment du passage de substances vermineuses dans l'organisme.
(Exemple de la toxicité hydatique enclose, suivant l'expression de Chauffard).
2° Bon nombre de discordances dans les résultats obtenus proviennent avant tout de l'insuffisance des techniques employées dans la recherche des sensibilisatrices.
Quoiqu'il en soit, parmi les réactions de fixation du complément, seule la réaction de Weinberg, appliquée au diagnostic du Kyste hydatique est entrée dans la pratique. Mentionnons simplement, à titre documentaire, la
22 00 Filario-réaction, récemment décrite par Béraud (Thèse d'Alger 1921), qui donnerait habituellement des résultats positifs dans l'infection filarienne. Or, l’on sait que les filaires sont, au point de vue parasitologique, des nématodes assez voisines des Ascaris.
Il est à remarquer, enfin, que la présence d'anticorps dans les sérums, n'implique pas forcément l’idée d’une protection de l'organisme contre les toxines qui l'ont provoquées. Shimamura et Fuji, ayant fait au cheval des injections répétées d’ascarone établissast# que bien que le sang fut devenu riche en sensibilisatrices, .- l'immunité humorale faisait défaut.
4° L’anaphylazie. .
La découverte de l’Anaphylaxie est liée à l'étude des propriétés toxiques des extraits d'animaux inférieurs à l'égard de l'organisme des animaux supérieurs, et, à ce titre, son histoire intéresse la Pathologie vermineuse.
C’est en effet en expérimentant sur l’action toxique du poison des Actinées, que Charles Richet et Portier ont réussi à en extraire un poison particulier ; la congestine qui, inJectée à petite dose à deux reprises à 22 jours d’intervalle produisait, la deuxième fois, la mort d’un chien vigoureux à peine incommodé au cours de là première injection d’une même dose. C’est là l'expérience initiale qui ouvrait la voie à l'étude de l’Anaphylaxie, en 1902. Richet d’ailleurs créait le terme en même temps qu’il constatait le fait.
L'année suivante, Arthus, de Lausanne, publiait le résultat de ses recherches sur l’hypersensibilité des lapins vis-à-vis du sérum de cheval — tandis que Von Pirket et
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Schick signalaient, en Allemagne, les premiers faits cliniques d’anaphylaxie.
Depuis, les travaux se sont multipliés : signalons parmi les plus importants au point de vue expérimental ceux de Rosenau .et d'Anderson et de Ehrlich et Otto, la même année, en 1906.
Les publications cliniques sont actuellement innombrables.
L'étude de l’anaphylaxie vermineuse, pour être tard venue dans la pathologie générale, n’en n’a pas été pour cela négligée. Elle ‘à donné lieu, récemment, à de nombreux travaux dont les premiers en date sont les expériences de Chauffard, Boidin et Laroche, sur l’anaphylaxie hydatique ; c'est d'ailleurs cette dernière variété qui a fait l’objet du plus grand nombre de recherches.
Nous nous limiterons ici à l’étude de l’anaphylaxie ascaridienne, la mieux connue d’ailleurs après l’anaphylaxie echinococcique. La plupart des recherches ont été faites dans le laboratoire de Weinberg à l'Institut Pasteur.
Ugo Mello (1941), ayant observé une chienne porteur d’Ascaris dont le lait était toxique pour ses petits chiens également infestés et non pour d’autres, se livra à diverses expériences sur des cobayes.
Il injecta des cobayes avec du sérum de chevaux porteurs d'un grand nombre d'Ascaris. Quelques jours après, il les éprouva avec quelques gouttes d'extrait d'Ascaris injectées dans le péritoine ; les cobayes présentèrent des réactions nerveuses et circulatoires si intenses que 9 sur 13 moururent dans les 24 heures qui suivirent la deuxième injection « déchainante ».
2° J1 sensibilisa 18 cobayes avec une injection sous-
cutanée d'extrait d'Ascaris (2 cent. cubes) puis, 18 jours après, injecta par voie intra-veineuse une dose 10 fois plus faible du même extrait, soit 0 cent. cube 2 ; 11 cobayes (sur 18) moururent en quelques minutes.
En 1913, Weinberg et Julien rapportaient les résultats encore plus saisissints d'expériences faites involontairement sur le cheval (3 cas mortels)
« L'un de nous, disaient-ils, avait besoin de provoquer l’ædème des paupières chez un certain nombre de chevaux. Dans ce but, il leur a instillé dans l'œil & à 1 cent. cube de liquide périentérique dilué au quart. Un cheval très vigoureux et paraissant en bon état de santé, a présenté au bout de 10 minutes la réaction oculaire caractéristique, puis cinq minutes après, il s’affaissa brusquement et mourut après s’êtré débattu quelques instants. Ayant fait deux autres observations analogues, les auteurs en sont venus à penser que si la même dose de toxine, également appliquée en instillation ne produisait sur d’autres chevaux que des accidents locaux très bénins d'irritation, il fallait admettre une cause anaphylactique pour les accidents mortels, d’ailleurs exceptionnels. On n’a pas constaté la présence d'Ascaris dans l'intestin des chevaux morts de cette facon, mais les auteurs pensent qu'il s’agit là de chevaux ayant été sensibilisés antérieurement par des Ascaris dont ils se sont débarrassés depuis. »
Deux vétérinaires américains Van Es et Schalk (1918), dans une étude sur la nature anaphylactique de l’intoxication parasitaire, rapportent, à côté de cas d'intoxication primitive, diverses observations d'anaphylaxie ascaridienne chez le cheval dont un cas d’anaphylaxie mortelle ;
Pr 5 par contre leurs injections de toxascaris et de belascaris au Chien, faites, il est vrai, avec une technique peu rigoureuse, donnent des résultats assez contradictoires.
Les expériences de Simonin sur l’anaphylaxie ont porté surtout sur l'Echinotoccose et le Tœniasis, mais il a aussi réalisé des chocs anaphylactiques avec le liquide périentérique d'ascaris mégalocéphala en injections intra-Cardiaques de liquide dilué à 1/20 chez des cobayes sensibilisés. u Ses expériences l'ont amené à admettre l'existence d'une anaphylaxie fermineuse de groupe.
Nous voyons ainsi que l’anaphylaxie vermineuse et plus spécialement celle produite par les toxines ascaridiennes est prouvée surabondamment par l'expérimentation. Revenant dans le domaine de la clinique, nous allons pouvoir retrouver diverses manifestations qui peuvent, ou piutôt qui doivent, être interprétées comme d'ordre anaphylactique. j | ‘ Contrairement à ce que l’on observe avec le kyste hydatique qui, soit spontanément, par rupture, soit sous l'influence d’une intervention ou d’une ponction mettent en liberté brusquement de grandes quantités de toxique, l’Ascaridiose ne donne pas lieu à des chocs anaphylactiques violents, mais un observateur minutieux retrouvera la marque de l’anaphylaxie dans diverses manifestations sanguines, cutanées ou nerveuses.
1° Manifestations sanguines.
Ce n’est pas par les signes hématologiques de li crise hémoclasique typique que se manifestera l’anaphyiaxie ascaridienne, sauf dans des conditions expérimentales :
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sans doute l'absorption brusque de toxines peut-elle donner lieu à une crise légère. Il est difficile d'observer d'assez près ces malades pour surprendre le choc, mais ce que l’on observera, ce sont des stigmates qui peuvent être mis en partie sur le compte d'une anaphylaxie légère et-en quelque sorte chronique ; l'éosinophilie habituellement constatée chez les porteurs d'Ascaris et souvent à un taux assez élevé a été considérée par Demescre Em. Paulian (Biologie 1915) eomme un témoignage de l’origine anaphylactique des troubles nerveux note ue et il semble bien qu'il faille en faire un signe de réaction anaphylactique du sang plutôt que d'intoxication, bien que les toxines soient capables de la réaliser à un degré moindre, il est vrai. ; |
2° Manifestations cutanées.
Ce sont des manifestations fugaces que l'on observe à un moindre degré dans l’ascaridiose que dans l’intoxication hydatique ou trichinienne mais qui n’en n'existent pas moins.
L’urticaire a été signalée par St. Avit et par M. Guiart, dans l’ascaridiose ; la disparition des manifestations urti-, cariennes après l'expulsion des Ascaris, signait l’origine vermineuse de ces troubles.
M. Guiart a vu également des eczémas guérir à la suite d'expulsion d'Ascaris et l’on sait combien l’on tend actuellement à ranger urticaire ef eczéma dans les manifestations anaphylactiques. Il en est de même de certains prurits éprouvés par les sujets porteurs de vers.:
Nous l'avons signalé au cours de l'étude des manifestations toxiques, le fait que les expérimentateurs qui dissè-
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quent les ascaris ne sont pas également incommodés par l’inhalation des produits volatils est également en faveur du rôle de l’anaphylaxie dans ces troubles ; l’intoxication est évidente mais c'est l’anaphylaxie qui, dans ce cas, rend compte des réactions beaucoup plus violentes présentées par certaines personnes, quand plusieurs sont exposées aux mêmes inhalations.
3° Manifestations nerveuses.
Ici, en ce qui concerne l’ascaridiose, nous sommes dans un domaine plus hypothétique. Demescre-Paulian à voulu mettre sur le compte de l'anaphylaxie les troubles nerveux de l’helminthiase. Peut-être jouent-ils, en effet, un rôle dont nous ignorons encore l'importance, mais nous savons que les toxines ascaridiennes sont capables de provoquer ces troubles par leurs propres moyens et en ce qui concerne l’ascaridiose, le rôle de l’anaphylaxie paraît ici très limité. |