NATURE DES ACTES
EL, —— Généralités
Avant d'aborder l'étude des actes automatiques, il est peutêtre bon de définir ce que l’on est en droit d'entendre par le mot automatisme, Son sens étymologique (Autos, même ; Maroc, , effort) pourrait englober l’ensemble de notre activité mentale, toute manifestation intelligente ayant sa part de spontanéité et faisant partie d’un même moi, le seul dont nous prenions conscience, et que, sans pétition de principe, nous ne pouvons scinder à priori. Qu'on envisage en effet la signification physiologique ou psychologique de ce terme, il semblerait de prime abord qu'il ne se puisse concevoir que par opposition. Il appelle la notion métaphysique préliminaire d’un non-déterminisme, d'un libre arbitre, Sans vouloir engager de discussions déplacées dans ce domaine spécieux, sans préjuger de la nature profonde de notre pensée, l'on peut cependant se baser sur la conscience même que nous prenons de notre liberté pour établir des différences de valeur et des gradations de complexité selon la somme de lucidité dans cette connaissance de soi que chaque acte nécessite, Ainsi, l’automatisme peut se définir, non plus tout ce qui émane de nous, mais ce qui émane de nous malgré nous. De lui, il n’est évidemment point de définition valable qui ne comporte un élément subjectif et ne nous oblige à admettre la réalité de notre volonté, en tant que donnée psychologique fondamentale, sans d’ailleurs préjuger pour cela de sa portée philosophique. Est automatique, alors, tout ce qui, au su comme à l'insu de nous-même, échappe à notre volonté tant évocatrice que modificatrice. Si ce n'est donc le fait d’être lucide qui change le caractère automatique d’un acte, celui
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de ne point l'être dans l'instant même suppose toujours son
automatisme car il n'est pas de phénomène de conscience
‘concevable sans utilisation d'états affectifs ou de faits enre-
gistrés par la mémoire. Mais alors que la lucidité peut franchir des étapes successives, notre délibération réfléchie apparaît plus nettement délimitable. 11 s’en suit que notre automatisme n'est pas fonction de la lucidité que nous en avons mais bien de la chute de notre tonus volitionnel.
Une analyse des actes amène à faire la part, dans l’automatisme normal, de manifestations soit réflexes soit machinales, selon la discrimination de Richet, les premières suscitées spontanément par un stimulus extérieur, les secondes amor cées par la volonté sans qu'elle intervienne par la suite dans leur exécution. Classant les actes automatiques des aliénés en général, M. Rôgues de Fursac distingue la docilité morbide et l'imitation morbide (écholalie, échomimie, échopraxie}). H ne s’agit là encore qüe de réflexes, quoique d’un ordre Supérieur. 11 n’est point de relàächement mental en effet qui ne révèle la tendance naturelle à l’automatisme moteur. Dans {4 distraction, cet automatisme est quelquefois le dérivatif plus ou moins nécessaire de la pensée qui s’absorbe ; de même, la suspension de la pensée réclame la suppléance automati-
que, Le sot est un automate, il est machine a écrit La Bruyère.
Fout excès comme toute restriction de la pensée a son contrepoids d’automatisme ; mais il ne s'agit là encore que d’un automatisme négatif, sans l'élément initial actif, le primum movens de la personnalité « paraconsciente » (Fürstner).
L'idée automatique entraîne un mouvement réflexe ;- 4 mouvement, pour l'esprit non réfléchi, provoque une évocation suggestive. Ainsi se crée un enchaïnement qui tend à renforcer les mobiles initiaux de l’activité, une fois celle-et déclanchée par la carence des fonctions cérébrales supérieures. Pensée et mouvement se succèdent dans le temps, mais ne cessent de rester dans une interdépendance absolue. De même sorte, la pensée normale, au cours du développement psychique de l'individu, ne peut croître que grâce à cette constante projection motrice qui aboutit à une fixation
Secondaire d'images dans une intégration de mouvements a
“ont le langage représente une des expressions les plus différenciées,
Belles chaînes en qui s'engage Le dieu dans la chair égaré.
envisageons des mécanismes normaux, c'ést qu'à l'effort initial ne peut pas ne pas se joindre une projection motrice, si toutefois un synchronisme reste possible entre ces deux éléments. L'automatisme psychique pur ne se pourra done <oncevoir que dans les cas extrêmes d'accélération du rythme Z@ de la pensée ou dans un ralentissement si marqué des idées qu'elles n'ont plus d'efficacité que sous forme d'états affectifs plus ou moins obsédants.
en É
Aussi, avant d'essayer de classer les actes mêmes (toute
simplification est toujours arbitraire), envisagerons-nous un automatisme plus spécifiquement intellectuel.
FH, — Eléments psychiques purs sans accomplissement d'actes
La complication des actions automatiques dans l’épilepsie est, ainsi que pour tous les äctes normaux d'une certaine coordination, conditionnée par deux composantes distinctes : lune en quelque sorte conceptuelle, l’autre exécutive. Dès qu’il ne s'agit plus de simples réponses à des excitations extérieures, de réflexes sans durée persistante comme sans adaptation soutenue, la préséance de représentations mentales complexes devient nécessaire. Ces représentations n’ont point d’accomplissement obligé sous la forme d'un acte les choses peuvent se borner à leur enchaîinement automatique où se caractérise la perturbation du débit Ge la pensée
morbide, Le ralentissement intellectuel n'est pas seul à aider
au développement d'un automatisme avec restriction du
- champ de la conscience. Certaines accélérations du cours de
la pensée supposent nécessairement une spontanéité du jex
des associations d'idées que réalise par exemple l'excitation
f maniaque. Or, la manie épileptique ne saurait se confondre avec Ja confusion ou s'expliquer par elle seule. Il faut admettre alors une stimulation première qui est à l'origine de tout
Pourtant, ce qui différencie l’automatisme spécial que nous
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