SAME
REA A = SE — plus séduisant de supposer des variations graduelles des qualités du moi, créant les mêmes différences entre la pensée
normale et la pensée morbide qu'entre deux personnes de
capacité intellectuelle inégale ; la seconde n'utilise plus alors que les déchets de a première et se crée, à la faveur de l4 défaillance de celle-ci, une unité relative due à la conglomération des concepts abandonnés ou refoulés lors de la veille, la seule capable d'enrichissement réel par l'effet de la mémoire consciente.
Mais les faits mieux que les théories rendent compte de la tendance constructive qui surgit dans la régression de l’entenderment,
Actes inadaptés ou saugrenus
Nous avons déjà entrevu dans la phase postcritique de l'attaque convulsive des cas dans lesquels des ébauches d'actes se bornaient à la « comédie cinétique de l’action ». Nous avons dit également que la précipitation de certaines représentations mentales était un obstacle à leur cristallisation motrice, L'on assiste parfois chez les comitiaux, en rapport direct ou non avec les aceès, à des scènes complexes où se multiplient les images directrices. Parfois ces actes bizarres sont moins réellement exécutés que mimés. Le malade devient l'acteur de ses représentations fuyantes. Des tableaux sug: gestifs s’esquissent où la fantaisie joue son rôle, La fuilts automatique des idées se transforme en une sorte d’agitation expressive que Krafft Ebiug dénommait : états crépusculaires avec excilalion à allure de môria. Ainsi, « une épileptique imbécile se met tout à coup à chanter, à faire des grimaces joyeuses, à parler sans fin et avec incohérence. Elle se tori de rire, marche en se dandinant, prend des attitudes grotesques, se roule par terre, dorlote les malades et les médecins qu’elle ne reconnaît pas, se débarrasse de ses vêtements, s’arrange les cheveux, parcourt la salle d'un bout à l’autre », et ne revient à elle qu'au bout d’un jour, sans de tout cela garder nulle souvenanee. — Ce fonctionnaire de Legrand d® Saulle, âgé de 50 ans, d’un niveau intellectuel supérieur, présence tous les quarante jours environ de la pâleur et du
PORT TT CU OSE. CUT be RÉ Ta AR Lu c ne AR Sr 4 À L . —« de Ve
21 Fe NT MR AVES MR ar LPS hoquet. ll se met fes x, prend : erre un pu port tesque, invariablement la même, et dans des termes ordh ç riens profère contre sa femme des menaces de mort. Aprè p'* es quoi, il revient à lui. — Richelieu nous semble pe 4 AR wement offrir un bel exemple de ce type, assez spécial : «€ 10 était sujet à de violents accès de manie ; il S ’imaginait quel- - quéfois être à cheval. Il sautait alors autour d'un billard, donnait des coups de pied à ses domestiques en hennissané et faisait un bruit terrible pendant une heure. Après quoi, HR SES domestiques le mettait au lit. A son réveil, il ne se sou- 44 de venait de rien ». (Lettre de Madame Charlotte, Elisabeth d3 2 ‘es Bavière, veuve de Monsieur). — Un épileptique, cité par Pi- : de .chon, outre ses crises convulsives, présentait des ëquivalents pendant lesquels il sautait sur son comptoir devant ses clients 2° en proférant des paroles bizarres. Ce qui l'avait fait surnomc 54 mer le danseur.
En opposition ayec ces cas qui, par certains côtés, débordent le cadre de ce travail et se rattachent à la manie épi- | Fes leptique, l’on en rencontre d'autres où l'humeur joviale combinée à la pauvreté idéique engendre des actes sau- 4 grenus ». M. de Clérambault a insisté sur cette forme où "+ l'impulsion, loin d'être comme souvent d’allure farouche et à tragique, revêt un aspect parfois assez comique, en désaccord À absolu avec la plus élémentaire opportunité. Pour cet auteur, as. L le caractère saugrenu des actes serait plus fréquent dans les î Bei délires comitiaux mnésiques. Un batelier flamand observé par \> lui, au cours d’un accès « sort de sa péniche, se rend à un # , marché, y empoigne deux oies plumées qu’il jette sur son ? dos ostensiblement, et se met à courir. Lors d’un deuxième s 1 accès il jette une poignée de monnaie sur le comptoir d’ua 4 # ne bar, part sans rien consommer, et dans la rue se met à danmes ser, en faisant mine de prendre les passantes par la taille ». F << | — Notre malade M... (obs. 7) dans la suite d'une attaque se Ye: relève, entre dans la boutique d’un épicier inconnu, se met … en demeure de servir les clients, met en sac des légumes, | ds les pèse, indique les prix avec exactitüde puis, finissant par céder aux objurgations de lentourage ahuri, AE son ‘ chemin,
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Actes instinctifs et quotidiens
Dans l'échelle des actes le degré de complexité et d'adap: tation assurément le moins original est représenté par l’as- +“ouvissement des ‘besoins instinctifs, Au cours de l’automatisme, avec ou sans déambulation, il est à la fois banal et
fréquent d'assister à l'exécution d'actes sommaires qui ns répondent en soi qu'aux simples nécessités de la vie végéta-
tive. Le comitial mange, boït, soulage ses besoins comme le ferait un confus ordinaire et cela n’a rien qui surprenne. Mais il peut témoigner d’une impulsivité toute spéciale à l’égart de ces sujétions naturelles. Les mêmes actions sont alors accomplies de façon brusque et, partant, assez souvent désordonnée : Féré conte qu’un de ses malades à accès convulsifs réguliers, à l'époque d’un accès et en l’absence de celui-ci, présentait un délire assez particulier : Rentrant chez lui vers 3 heures de l’après-midi, heure de sa chute coutumière, il se précipitait dans sa cuisine, faisait main basse sur tout ce qu'il trouvait, absorbait une quantité énorme de liquides et de solides, quelquefois même des aliments crus qu’il mangeait gloutonnement avec ses mains, et ne sortait de son sommeil que pour vomir la quantité excessive des aliments qu'il avait ingérés. La dipsomanie comme la boulimie en état amnésique sont si loin d’être rares chez les comitiaux que, malgré le nombre des cas que nous avons pu constater, nous ne persons pas utile d’en surcharger ce travail.
Quant aux actes quotidiens, ils peuvent acquerir une précision dans leur exécution bien curieuse à signaler. Même dans l’automatisme ambulatoire et, par ses menus détails, l'on peut percevoir souvent autre chose que des phénomènes de syntonie spontanée, des réflexes immédiats. Il en est qui présupposent la mémoire de l'habitude. Si des actes se bornent à l'expression des synthèses toutes faites de notre activilô quotidienne, à la persévération de nos habitudes, à la rép#-
tition du journalier encore faut-il que, sans exiger d'attention
subjective et volontaire, la personnalité du sujet se continue, Parfois la notion de temps semble, elle-même, conservée. l’acte a sa perpétration à l'instant qu'il se doit. Le malade de Charcot, au bout de plusieurs jours d'absence, retrouve sa
Re montre à l'heure. Mais, d’autres fois, chose remarquable, 1e. rythme de la vie automatique s'établit sur une inversion des heures. Notre malade L... (obs. 12) fait à 5 heures un quart dü soir cé qu'elle a accoutumé dé faire à 5 heures un quart du matin. — Par ailleurs, rien ne saurait indiquer à l'entourage quelque trouble de la conscience. Ce que du matin jusqu’au soir, le train de la vie fait accomplir à chacun de nous $e donne libre cours. L'un fait sa toilette sans le savoir : l'autre prend ses repas : c’est ainsi qu'un malade de Jackson commande son diner, mange. règle la note, rentre à son bureau. Il se retrouve chez lui, les idées confuses, et retourne au restaurant pour savoir s’il a dîné ; B.. observé
par Dromard et Levassort accomplit en absence les actes les
plus ordinaires, prend son repas sans que rien puisse fairs croire qu'il agit de manière automatique. Mais, à peine sorti de table, il réclame à manger, ne se rappelant pas avoir déjeuné. Quelquefois aussi, il s'arrête de manger au milieu ;
du repas mais continue à remuer les mâchoires. Pendant ee temps, il a uriné dans son pantalon. Plusieurs de nos sujets
font de même. Une femme se retrouve de la sorte devant son petit déjeuner consommé (obs. 10). — Une autre refait son repas sans s’apercevoir qu'elle l’a déjà absorbé et il faut que les siens lui en fassent remarque (obs 10 et 12). Un troisième, immédiatement après une attaque convulsive déjeune durant deux heures avec un ami, n'en garde à son réveil aucun souvenir, ne veut point croire que ce soit vrai. (Obs. #4). — Le souci de la toilette lui aussi n’est guère rare. Une de nos Æpileptiques s'habille de façon adroite (obs. 3) ; une
autre, s'étant décoiffée, se recoiffe (obs. 10). Chez la femme,
es soins du ménage sont un des aliments de l'automatisme, Notre malade M... (obs. 7) y vaque : elle époussette, nettoie, lave ; elle n'oublie aucun détail et se retrouve devant l’ouviage terminé. Un jour même, elle a « fait ses oiseaux », selon ses propres termés. Elle a nettoyé leur cage, changé lèur eau sans qu’ils se fussent envolés. Une autre épluche $es légumes et allume son feu.
Il serait vain de multiplier ces exemples. L'on imagine peu combien, à lès rechercher soigneusement, ces actes se retrou-
vent couramment chez les épileptiques, qui n'y attirent point
spontanément l'attention.
Fugues et automatisme complexe de l'équilibration
Ces actes Sont de ceux qui, étant à la base de toute fonction de relation, se trouvent le plus précocement, le plus définitivement intégrés dans l'automatisme physiologique. La marche en est l'expression première et ce n’est pas elle qui, én soi, signera la perfection de l’automatisme mais bien son &daptation connexe. Le fait qu'un épileptique marche, court Sans choir, descend même des escaliers en état d'absence est à ce point de vue moins démonstratif que le fait qu'il se maintienne en équilibre sur les toits, évite des obstacles, traverse des rues sans éveiller l'attention autour de lui, Herpin a cité un cavalier qui montant à cheval, en compagnie dé son valet de chambre, put garder les étriers un quart d'hetüre, la conscience abolie, Charcot a rapporté le cas d'un malade qui revint à lui, tout en nageant dans la Seine, après s'y être jeté de façon impulsive. Moins d'épileptiques Se noijeraient peutêtre en état d'absence, s'ils savaient nager à l’état de veille: Que celle-ci survienne chez un homme à bicyclette où il freinera automatiquement (malade observé par M. le Docteur Marchand) où il continuera sa route. Il en fut ainsi pour plusieurs de nos malades : L'un, épileptique à grandes attaques fréquentes, à absences quotidiennes, s'est trouvé une fois au cours d’une excursion en Auvergne en train de pédaler sur une route distante de deux kilomètres du chemin qu'il s'était tracé, sans savoir comment il y avait pu venir, sans présenter de marques de chute. Un autre, roulant de concert, n’a attiré l'attention de son voisin que, parce qu'au lieu de tenir sa droite, il s'obstinait malgré les remarques qui lui en furent faités ét qu'il semblait ne point comprendre, à rester du côté oppôsé (obs. 22). — Nous rapportons également deux cas d'automatisme chez des automobilistes dont l’un à pu con-
duiré sans accidents sa voiture de l’Avenue Kléber aux Invaides (obs. 21). à
La complexité de ces actes, si brefs soient-ils, est bien faita pour étonner plus que la durée de certaines déambulations,.
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an à ES des observations où celles-ci : 1cC 1e immédiatement aux accès : une malade du quartier de À % Glacière après sa crise marche toute la nuit dans Paris et DE A se retrouve à Montmartre le lendemain metin ; une épilep- A tique se lève nuitamment de son lit et va à Versailles ; une 2e jeune fille après chacune de ses attaques quitte sa maison à pour-se diriger dans des quartiers où rien ne l’'attire (95 un parisien se retrouve à Etampes sans savoir comment il y est venu ; un épileptique, dont nous à entretenu M. le Docteur 2 hace perd connaissance, prend un billet de chemin da fer pour Chantilly où il n’est jamais allé et se retrouve un jour d'hiver, trempé de pluie, sur le champ de course. Le - billet retrouvé dans sa poche lui est une indication de l’endroit où il se trouve. — Le RÉ d’entre nos bicyclistes, se promenant à pied un jour à Nice, arrive place Masséna, perd connaissance et se retrouve à Cimiez sans garder de sa coursé, plus que les autres malades, le moindre souvenir.
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7 L'initiative que certains de ces actes nécessitent est curieusæ à opposer aux simples fugues avec confusion, lors desquelles lé malade reste égaré, perd tous les objets qu’il portait avee Jui, reste sans manger, n'assouvit que des besoïns élémeneires. Si des actes, comme nous l'avons vu, peuvent être d'un accomplissement parfait mais ne point persister, il est impossible de déterminer au bout de quel temps, inversement, sur la simple donnée de durée, en vertu de quel critère, ils ne doivent plus ressortir de l’épilepsie. Les très longs voyages ! ont été souvent contestés ; nous ne ferons que citer, à titre documentaire, les observations de Charcot (Paris-Brest), Ca- badé (Bordeaux-Hyères), Voisin (Aix-Paris), Legrand du Saulle (Le Hâvre-Bombay). — Un malade de M. Delmas se rend de Paris à Marseille où il revient à lui ; il se croit tou- ( jours à Paris, voit une inscription indiquant qu'il est dans ET M rue de Rome, ne la reconnaît pas, est stupéfait de découvrir qu'il est à Marseille. — Notre ami, le Docteur Cliquet, nous a fait relation du cas d'un épileptique dont les attaques tonvulsives furent constatées par lui, et qui, certain jour, parti de Paris en état d'absence, se retrouva à Venise sans argent, et, Le embarrassé ne son ne de l'italien, que. 4
ET Les