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sés pour vagabondage ou infraction à la police des chemins de fer ? La chose est trop banale pour mériter qu’on y insiste.
Les tendances homicides se rencontrent comme un des faits tes plus typiques par où se manifeste l'allure brutale et farouche de l'impulsion comitiale. Le meurtre immotivé et subit, exécuté avec un acharnement sanguinaire, est un des apanages essentiels de l'épilepsie. Les colonnes des journaux, la chronique judiciaire en fourmillent. Il s’agit parfois d’impulsions mnésiques : un homme marche, la. tête vide, sans but ; soudain, il s'empare de tout ce qu’il trouve et assomme le premier passant venu. Une apparence de préméditation peut s’observer : il cherche, un temps, une victime. — Ou bien, de la confusion onirique prédomine : harcelé par des hallucinations terrifiantes, il frappe aveuglément autour d2 lui en un accès de fureur horrifique. Ce sont là tantôt instincts sommaires de la brute assoupie normalement, tantôt raptus de défense. — Dans d’autres circonstances plus rares, où nous atteignons déjà à l’automatisme pur, le meurtre ne reflète ni impulsion grossière, ni égarement hallucinatoire ; il peut être occasionné par la simple persévération dans l'absence d'un acte transposé de la veille. Mesnet raconte la triste histoire d’une épileptique qui tua son propre enfant : « Je tenais dans mes bras mon dernier né, lorsque je voulus prendre un couteau pour entamer un pain ; à ce moment je fus prise d’un de mes accès, et croyant couper une tranche, j'ouvris la gorge de mon enfant. Quand je revins à moi, il râlait prêt à rendre le dernier soupir ». Plus délicats toutefois à apprécier du point de vue de la préméditation sont ces cas dont tous les détails semblent répondre à des intentions délibérées. Le malade paraît avoir des raisons de faire ce qu'il fait. Hl
accomplit sans le vouloir les actes de son désir : une jeune fille contrecarrée par sa mère dans un amusement le re*ollicite en période d'absence et, sur un refus, la blesse avec un verre en criant : « Maintenant, je suis contente ! Ne me laisserez-vous pas faire ce que je veux ? » A son réveil, absence de tout souvenir de cette scène (Echeverria). Un malade de Falret, dans l'oubli le plus complet de soi, se livrait sur son “père à des violences subites, expression de sa haïine familiale. — Parfois le crime est accompli avec un calme, une pré-
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sence d'esprit bien troublante. Des idées de jalousie, une haine déjà manifestée antérieurement ou bien des désirs profonds, des complexes refoulés s'extériorisent subitemert à la faveur du relâchement de l'attention volontaire et justifient aux yeux des témoins l'acte en réalité morbide. R.., un épileptique sur lequel Guislain publia un rapport médicolégal, en voulait à un sien voisin qui l’avait fait condamner a quelques mois d'emprisonnement. Le jour même de l'attentat, R.. pendant plusieurs heures et sans discontinuer, repasse un couteau sur une meule, en répétant sans cesse . ” « Je t’'aurai bien ». Il sort en plein jour, ce couteau à la main, court chez B.. avec qui il a eu des démêlés, porte un coup
à la sœur de B.. qui essaie de défendre son frère, atteint enfin celui-ci et se rue sur lui. Il lui fait une profonde entaille à la gorge et y enfonce ses ongles pour l'agrandir. R... avait 30 ans ; il était épileptique depuis l’âge de sept ans ;
et les accès, devenus successivement plus fréquents dégénéraient chez lui en véritable rage. R. n'avait gardé aucun souvenir du crime. Aux questions que lui faisait le Président des Assises, aux détails qu'on lui rappelait, il n’avait qu'une réponse : « Puisque vous me le dites, monsieur, je dois le croire, mais je l’ignore complètement ». Nous avons vu ailleurs qu’obsessions et épilepsie ne s’excluaient pas. Il est plus : l’obsession peut éclore ou trouver un renforcement dans l’absence, Le plus bel exemple du genre nous a été fourni par Lasègue : une femme, atteinte de haut-mal, vit avec sa sœur, une fille-mère. Elle à la garde de l'enfant dont
Sa Sœur demandée en mariage n'ose avouer la présence. En état amnésique, elle jette l'enfant à l’eau alors qu'il avait été décidé de le mettre en nourrice.
ni
Indépendamment des cas où le suicide apparaît en quelque sorte accidentel, il en est d’autres qui ressortissent d'assez près au mécanisme précédent. Quelques auteurs ont prétendu, entre autres M. Courbon, que les épileptiques ne se suicidaient jamais : l'observation permet de s'inscrire en faux contre à cette opinion. Récemment encore, une malade, qui venait à læ es consultation de M. le D° Marchand et luttait contre ses obsessions suicides, mit fin à ses jours. Ses pareils sont nombreux. Le suicide des épieptiques peut être impulsif et conscient
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| manifeste pourtant avec une fréquence peu commune. En de-
butin) : lès. déni
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comme Ta établi M. RARE dans sa thèse. Il sembie avoir été moins remarqué dans les états seconds. Sa propension s'en
hors de la simple attirance de l’eau qui joue parfois peut-être un certain rôle (un malade de Dromard tombe au cours d'une fugue dans le canal Saint-Martin, d'où il est repêché. Kræ-
pelin avait rapporté un cas similaire) il advient que des ten-
dances dépressives inavouées ou refoulées prennent corps däns l’état crépusculaire. Un malade de Magnan sujet à des
obsessions au suicide auxquelles il résistait, est pris d'un - = = = L4 . . Ps x Li vertige, pâlit, se lève et se va précipiter dans la Sein d’où il
est retiré. Revenu à lui, il se voit mouillé, s’en étonne, demande
ce qui vient de se passer, D... (obs. 6) a une absence au cours d’une promenade ; elle change totalement de direction et se
dirige tout droit vers la Seine en exprimant avec un gran&
calme à sa fille qui l’accompagnait son désir de la mort.
« Pourtant, disait-elle, je n'ai jamais envisagé cette idée de
façon réfléchie sans la réprouver aussitôt et toujours ». Une
autre se jette par la fenêtre, après avoir embrassé son enfant
(obs. 8. Voir également nos observations 7, 9).
Caractères de ces actes
Chaque malade a « son » automatisme qui répond à un type plus ou moins univoque. En outre, dans le même curriculum morbi, de longues périodes s'établissent ou telle tendance s'extériorise de préférence à telle autre mais il n’y a jamais, à proprement parler, de rupture absolue entre la personnalité lucide et la conscience seconde. De ce que nous ne pouvons nous connaître intégralement (ce serait « tuer la marionnette » selon l'expression pittoresque de M. Paul Valéry), il ne s'ensuit pas que nous avons perdu l'unité de notre individualisation qui s’est faite progressivement dans le cours d'une évolution continue. Il n'est donc point d'automatisme sans un passé ; et, une règle que l'observation confirme nons
apparaît assez générale : Dans l’épilepsie, les tendances automatiques sont en partie fonction de l’âge des sujets. L'au-
ane EE ohers it ob Sert ve cc plus tardif des automatismes. Il est d'autre part 2 D hécictiques habituelles de l'épilepsie tardive. Nous avons. “4 in effectivement sur 26 cas d’épilepsie tardive (apparue après 25 ans), 49 malades ayant présenté un automatisme à sez complexe et nous trouvons inversement 10 cas d'épilepsie tardive dans les observations que nous rapportons. ‘automatisme coordonné multiplie ses possibilités avec le | nombre des acquisitions intellectueiles. Magasin d’acces- : soires. dont la richesse dépend de l’acquis antérieur, il est —