LS
CA et a
LE
MR Pa
Diles, la compiexité des moyens employés posent des problèmes dont la solution restera toujours difficile. Seul l'examen minutieux des faits et de leurs moindres détails peut jeter un peu de lumière sur leur genèse spéciale.
L'épileptique revient parfois à lui dans la prison. Les cas abondent dans la littérature de malades qui, pris soudain d'impulsions caractéristiques et considérés comme des individus en état d'ébriété, se voient accusés des délits les p'us variés. La dipsomanie s'accompagne de violences et d'outrages qui sont mis sur le compte d’une ivresse simple, les injures sur celui de l’irritabilité concomitante, L'onomatomanie peut être délictueuse : Magnan a cité le cas d’un inculpé qui se livra brusquement à des invectives explosives devant le tribunal contre le procureür, desservant un peu plus sa cause sans
qu'il puisse comprendre les raisons qui lui valurent un sup-
plément de peine. L’exhibitionnisme est pris pour une perversion répréhensible. Soit une sensation critique de malaise, soït un besoin symptômatique d'une émission d'urine, soit une libération d’instincts sexuels sommaires, pousse les épileptiques à se dévêtir, à uriner en public ou à faire montre de leurs organes génitaux. Une jeune fille, quoique pudique et bien élevée, résistait quand on voulait l'empêcher de relever ses jupes (Herpin) ; un inspecteur de police, urinant dans la rue, né doit de ne pas être inquiété qu’à sa situation (obs, 14) ; un jeune homme, expertisé par Gelma se lève de sa place, étant au spectacle, se dirige vers l'orchestre et urine contre la baluStrade qui sépare le public des musiciens, puis il entreprénd de se dévêtir. Le magistrat de Trousséau faisait de mê-
mé qui, durant une audience du tribunal, se leva de son
siège pour uriner dans un coin de la salle. Pour être exécutés posément, ces gestes sont encore trop incongrus pour inquiéter sur leur vraie nature. Il est plus difficile de débrouiller, malgré l’amnésie invoquée, la part intentionnelle des actes qui témoignent d’une certainé cohésion dans l'assouvissement de l'instinct. Les pensées insondables de la veille acquièrent
une intensité que l'absence de contrôle rend irrésistible : un héréditaire épileptique, dans la suite de l'attaque, se préci-
pitait sur sa mère et voulait la violer (Krafft Ebing). Uh ma-
lade du service de Kræpelin qui présentait de fréquentes per
rte RER
tes de connaissance avec morsure de la langue, y était entré pour avoir pratiqué sur un fillette de trois ans une tentative
de viol complètement amnésique. Le sujet, observé par M. Le-
grain et duquel nous avons rapporté l'écriture, fut accusé formellement du viol de sa nièce, morte en suite de couches a la Maternité ; si le fait n'entraîna pas de poursuites, faute d'être établi péremptoirement, cet homme s’accusa du moins personnellement dans des épisodes délirants afnnésiques. MM. Gilles et Carriat n'ont-ils point, à la faveur d'un aecès confusionnel postparoxystique, jouant le rôle d’une psychanalyse spontané, découvert, chez un de leurs malades, dans
les intimités du subconscient le désordre essentiel de la li- .
bido ?
Certains ‘actes nocifs relèvent d’une mentalité régressive assez pauvre et sont plus ou moins entachés de confusion, Ils sont assimilables par certains côtés à des perversions infantiles : La pyromanie n'est pas rare. Legrand du Saulle, Motet, plus récemment M. Pactet en ont publié des exemples : un pyromane, à six ou huit semaines d'intervalle, met le feu de la même facon ; un autre allume vingt-trois incendies dans sont village. I est vrai que quinze d’entre eux avaient lieu le dimanché soir, alors que l’épileptique en question se trouvait sous l'influence d’un appoint d'alcool, Dans ces cas, la répétition de l'acte, l’observance d’une certaine constance dans son exécution. sont des plus significatives.
Le vol kleptomaniaque révèle, à côté de l’égocentrisme de la personnalité restreinte le dénuement de ses moyens. Il est très ordinaire, dit Gowers, de voir les malades dans un hôpital aller après de légères attaques et pendant l'état automatique dans les casiers de leurs camarades en sortir tous les objets et les mettre dans leurs poches. Une femme sur laquelle il ne planait aucun soupçon de malhonnêteté alla au casier d’une autre malade, y prit une bourse et l’empocha. C'est encore dans Legrand du Saulle que l'on trouvera les plus caractéristiques exemples. Un jeune homme d’un rang élevé est comblé par sa famille. Trois ou quatre fois l’an, il éprouve à l'estomac une sensation particulière toujours identique et en quelques secondes il se sont envahi d'une sorte de vapeur qu'il ne peut définir. Son intelligence se trouble, Lorsqu'il
NT: F retrouve sa lucidité au bout de quelques jours, il est fort surpris de se trouver harassé de fatigue, très loin de chez lui en chemin de fer ou en prison, les vêtements en désordre, couvert de poussière, ne se souvenant de rien de ce qui a pu se passer et ayant dans les poches des porte-monnaies, portefeuilles, bijoux, foulards, porte-cigare, canifs, couteaux, dentelles, des billets de banque, de l'or, des bons, des lettres, du papier à cigarettes, des sondes en gomme, un hochet, une médaille de sauvetage, deux tabatières, un sifflet, des clefs
et des cure-dents ! Au sujet d’un malade de même genre, :
Christian s'étonne de ne remarquer aucune tendance au vol dans les intervalles libres ! Chose curieuse, cette kleptomanie peut être préparoxystique : B. (obs. 16) mené au commissariat, est trouvé porteur de boîtes de cigares et de pâte dentifrice. Le renforcement pathologique du sens de la propriété est susceptible de se manifester de manière plus raffinée : S. (obs. 11) immédiatement après l’accès dissimule soigneusement les objets qui lui tiennent plus particulièrement à cœur. Revenu à lui, il a quelquefois de la peine à les retrouver.
Dans un autre ordre de faits, l’on assiste à des automutilations. Celles-ci relèvent de processus psychologiques difficilement analysables. Il faut en retenir du moins ce point important : Tout comme dans l’hystérie, l’automatisme épileptique peut s'accompagner d’anesthésie (voir obs. 10, 42, etc...ÿ
Nous avons examiné déjà quelles explications étaient applicables aux fugues et à la déambulation. La fuite peut, par elle-même, constituer un acte médicolégal, être la cause d'importantes erreurs judiciaires. Simple impulsion à la marche, inconscient besoin d’un changement elle provoque la désertion, l'abandon de poste, l’évasion. Raecke sur dix-huit cas de désertions et de fugues chez Les marins, en trouve six attribuables à labsence épileptique. Les problèmes touchant cette question ont été fort bien traités par Duponchel. Læ guerre lui a donné un renouveau d'actualité. Un de nos matades ainsi fut irrésitiblement porté vers les lignes allemandes où il fut fait prisonnier ; un autre-étant de garde, s’esb sauvé pendant vingt-quatre heures, ce qui le traduisit en Conseil de Guerre. Et combien de procès-verbaux sont aussi dres-