OBSERVATION Î
Quelques accès d'épilepsie procursive. Attaques convulsives comitiales diurnes et somnambulisme nocturne.
Tr... Marie, 44 ans, célibataire, blanchisseuse, entre à l'asile de Villejuif le 8 décembre 1926, venant de la maison départementale de Nanterre. Certificat de la préfecture de
police : « Epilepsie et troubles psychiques. Crises convul-
sives depuis l’âge de 8 ans. Actuellement accès hebdomadaires. Crises de fureur post paroxystique. Hier, à l'asile de Nanterre, colère pathologique ; bris de porte ; violences contre le personnel. Excitation psychique. Chante et pleure. Trouble le repos de ses compagnes. Alcoolisme chronique
antérieur. Abolition des réflexes rotuliens et achilléens. Pas-
de troubles pupillaires. Contusions et cicatrices. » (Docteur Heuyer).
Père alcoolique, décédé ; mère morte à 63 ans ; un frère mort à 63 ans de maladie indéterminée. Pas de convulsivants dans la famille.
Fille-mère, elle a une fille de 26 ans, bien portante.
Convulsions en bas âge puis enfance normale jusqu'à l'âge de 8 ans, époque à laquelle survient la première crise, attribuée à la peur causée par la vue de son père qui avait voulu, ce même jour, tuer sa mère. Par la suite attaques espacées.
Elle à pu apprendre à lire et à écrire mais n'a pas son certificat d'études. De 8 à 19 ans, accès typiques : Pas d’aura. Cri initial. Chute avec perte de connaissance. Morsure de la langue. Emission d’urines. Convulsions toniques puis cloniques. Salivation. Durée : dix minutes. Somnolence, <onfusion et lassitude dans le décours.
di
w- Elle. a An son enfant à 19 ans et dem: GES a rénee une | de : recrudescence des crises pendant sa grossesse et son allaite-- |
72) 3 ment qui a duré deux ans. Puis elle a repris son métier de . J blanchisseuse et fait de nombreuses libations (vin rouge).
Jusqu’il y-a huit ans, elle n'aurait présenté que des ver-- tiges et des éblouissements quand des crises plus nombreuses. : l'obligèrent d'entrer à Nanterre. Celles-ci, diurnes et noc- turnes, revenaient régulièrement toutes les semaines et cons-- famment le mercredi. Vertiges fréquents ; rares absences. j Les crises maintenant sont plus irrégulières et, depuis le trai- tement par le gardénal, se groupent en salves quelques jours. dans le mois. Les crises diurnes sont précédées quelquefois # d'une sensation de malaise prémonitoire. Il y a quatre ans, elle a présenté de l'épilepsie procursive de faible durée. Pas d’automatisme coordonné complexe dans le jour ; pas de pensées incoercibles. Quelquefois, elle se met en colère, ce qui a motivé son placement, mais son humeur reste assez cons- tante. Pas de dépression mélancolique. Elle est sujette à du noctambulisme avec ou sans crise préalable. Lors, elle se
| lève, va de son lit dans la salle, marche droit devant elle 4 avec calme, ne voit ni n'entend. Aucun souvenir consécutif de son somnambulisme. N’en ayant eu connaissance que par 5 les dires de ses voisines, pour l'empêcher, le soir, à Nanterre, elle posait elle-même le long de son lit, des planches qu'elle: attachait avec des ficelles.
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L'examen la montre bien orientée, mais elle accuse ele= même une légère dysmnésie. Son élocution est aisée et pré- cise ; ses réponses assez rapides. -
Au point de vue somatique, on relève les marques des contusions et plaies occasionnées par ses chutes dont l’une s’est
accompagnée autrefois d'une fracture des os du nez. On note A une légère congestion faciale. La malade accuse des crampes, TS ne présente de tremblement digital ni lingual. Pupilles
rs 2? égales. Réflexes photomoteurs et d'accomodation normaux. De Pas de diminution de l’acuité visuelle. Quelques SeCOUSSES oculaires nystagmiformes.
à. Réflexes patellaires et achilléens abolis. Pas de troubles de la marche ni d’atrophie musculaire. Pas de Romberg ; . instabilité sur une seule jambe. Urines normales.
F2 réveil, précédé d’un épisode confessionnel avec Hinements de
ER * Exan ar 1en > liquide céphalo rachidien : ‘tension (position |. «ouchée, manomètre de Claude) : avant 24 4 ; après 40 cc’, es CE Albumine : 0, 80. Lymphocytes : 79,6. Réaction de Pandy : Re + ++. Réaction de Guillain : 1222.2222.2200.0000. Borde B* Wassermann : très positif. fe a 2 K.
La malade a contracté la syphilis à 25 ans, alors qu elle: présentait déjà ses crises convulsives. De :
OBSERVATION Il
Somnambulisme à partir de 15 ans. Attaques tante - a # a 21 ans. Vertiges et absences de mémoire. Accès de tremble- ji ment. Automatisme saugrenu pendant le sommeil. Bles- 4 sure importante au cours du somnanbulisme. 6 2 Ch.., âgé de 35 ans, ancien chauffeur d'automobile, a été RER par nous pour la première fois, à l'hôpital Ambroise- ; Paré, dans le service de M. le Professeur Desmarets, où L = E | “tait soigné pour une fracture du poignet droit. Ch... pré SE: | sente des accès de somnambulisme depuis l’âge de 15 ans et ou de æ’est au cours de l’un d'eux qu'il s’est blessé. TER Du côté paternel, sa grand-mère est morte aliénée ; son 2 “grand-père était buveur. Ses parents sont bien portants : mais 4 ses frères et sœurs ont tous présenté des convulsions infan- {iles et l’une de ses sœurs est soignée pour épilepsie à la Sal- pétrière. nt «Après une enfance apparemment normale, il a présenté du somnambulisme dès l'âge de 15 ans : assez fréquemment, il se levait la nuit, sortait dans la cour de la ferme qu'il ha- ra bitait alors puis rentrait se coucher. Vu la fréquence de ce trouble, il fut soigné à la Salpétrière par le D" Voisin avec du. bromure et du valérianate de potasse qui ne donnèrent aucun résultat.
Parti au régiment, il a présenté, à 21 ans, ses premières ‘allaques convulsives ainsi caractérisées : bref vertige prémonitoire, pas de cri initial ; chute brutale n importe où avee perte de connaissance : morsure de La langue ; pas d'urina- : tion involontaire ; un peu de bave sanguinolente. Raideur généralisée ; une fois seulement convulsions cloniques. Au
{ : 4 à je
OO ER RATER cloches, il restait abasourdi plusieurs heures, éprouvait une extrême lassitude. Il a présenté ainsi quatre crises au régiment, occasionnées, dit-il, soit par la fatigue physique, soit par des excès alcooliques. Après sa démobilisation il n'eut plus de crises pendant trois ans, puis représenta des accès diurnes atténués, simples chutes brèves sans perte de con-
naissance, avec courbature consécutive. C’est alors qu'il à
recommencé à présenter du somnambulisme toutes les trois ou quatre nuits et il est intéressant de souligner qu'i/ lui est arrivé de se mordre la langue ou l'intérieur des joues au cours de son sommeil, et qu'il éprouve assez souvent des vertiges le matin au réveil. Sa mémoire a si sensiblement diminué qu'il a dû abandonner sa profession de chauffeur de taxi : il lui est arrivé plusieurs fois de redemander aux clients le but de leur course qu’il oubliait au fur et à mesure. Ces absences de mémoire étaient si fréquentes qu'il se dût décider à changer de profession. Il présente enfin du somnambulisme qui fut constaté plusieurs fois à l'hôpital. Chez lui, it se lève la nuit, verse n'importe où, dans ses souliers par exemple ou par terre, l’eau contenue dans des récipients. Une fois il a rempli de la sorte une carafe d'huile ; puis’il se recouche et sa femine, habituée, le laisse faire. Ceci dure aüu plus une demie-heure et s'accompagne d’une amnésie globale. Au cours d'une crise le 13 juillet 1926, il a sauté nuitamment par la fenêtre, s'est fracturé le poignet droit. On l’a emmené en ambulance, opéré; et ce n’est qu'après qu'il est revenu à lui. Cependant durant le trajet en voiture un sergent de ville lui a parlé et il a répondu : « Une auto m'a renversé. »
Dans le service du D' Desmarets, il s'est levé parfois durant son sommeil, a accompli des actes absurdes ou proposé à ses voisins de jouer aux cartes.
L'examen somatique de Ch... est absolument négatif. Signalons qu'il est sujet à des accès subits de tremblement généralisé.