OBSERVATION XI
Hérédité chargée. Accès épileptiques complets et incom-
plets. Pensées incoercibles. Idées obsédantes. Automatisme mal coordonné et coordonné post-critique. Dissimulation inconsciente d'objets.
St... René, 22 ans, célibataire, employé de commerce, venu pour la première fois à la consultation du D' Marchand, le 25 avril 1924.
Père, médecin, épileptique et toxicomane (morphine, cocaïne), mort à 47 ans. Mère, bien portante, 45 ans, une fausse couche gémellaire de 4 mois. Un frère jumeau bien portant ; un cousin et une cousine du côté paternel, épileptiques.
Crises névropathiques dès l'âge de deux mois : rictus et
déviation de la tête à droite, durant quelques secondes, ne,
ché ses légumes et allumé son feu, sans inscription dans la |
SORTE à ns
s'accompagnant pas de salivation, se répétant plusieurs fois
par jour et par nuit. < . A marché à 17 mois ; pendant qu’il jouait, il ne PES pas mais perdait connaissance, urinait ; sa tête se déviait, avait un rictus.
A sept ans, deux fortes crises avec convulsions, morsure de la langue, salivation, urination. Enurèse nocturne jusqu'à 12 ans. Dans toute cette période, il a manifesté une intelligence vive, a obtenu son certificat d'études à 12 ans, a commencé des études secondaires, a travaillé quelque temps a l'institut agronomique, mais a dû tout interrompre à causede ses crises. Récemment, il a pu apprendre la sténographie. À 13 ans, mélancolie et idées de suicide, accompagnant une
. recrudescence des crises. À 17 ans, excès de boisson. Accès
convulsifs complets. Une fois, après un séjour de trois semaines à la campagne chez des amis, il est rentré dans un. état d'obnubilation complète chez les siens à Paris.
Puis les attaques, suivant le rythme suivant, se sont modifiées: pâleur, contorsion du visage, bras droit raide ; pas de chute : il marche, range ses affaires, se déshabille. Quand il se reprend, n’en garde connaissance. Ces crises tant diurnes que nocturnes très fréquentes ont été espacées par le gardénal et la belladonne.
En outre St... est sujet à des absences et présente de gros troubles de la mémoire. De caractère difficile, il s'est révélé: dès l'enfance comme irritable, entêté et orgueilleux. Son automalisme tantôt incoordonné, tantôt coordonné survient. environ une minule après les attaques : après ses fortes crises, il se déchausse ; d’autres fois il dissimule avec soin des objets. usuels ou des souvenirs chers qu'il est incapable de retrouver
par la suite ; s'il se trouve devant une armoire, il les va.
chercher et les cache sous le linge. Il y a un an, une heure (Re une grande crise il a déjeuné sans le savoir avec un
: ce déjeuner a duré deux heures ; il s’est conduit norma-
Fa et quand on le lui rappela, il n’en gardait aucun souvenir et ne le voulait point croire.
Ses absences ont toujours un début brusque ; un a voile lui
passe devant les yeux ; tout s'arrête. Le retour de la connais-
sance se réalise par d’ insensibles degrés ; St... dans un état
de semi conscience, éprouve une sensation délicieuse de bierm être — qu'il voudrait prolonger s’il le pouvait.
À l'état de veille, il accuse des pensées incoercibles qui se dévident, sans pouvoir être retenues. Il présente enfin assez souvent des obsessions irrésistibles au redoublement de ses propres gestes : quand il pose quelque chose sur une table par exemple, il ne peut, di-il, se défendre de répéter plusieurs fois le mouvement. +4
Examen somatique : rien d’anormal. Réactions humorales: négatives. Urines normales : traces d’urobiline et d’mdoxyl.
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