‹ Des Actes Automatiques de Nature ComitialeChapitre 34 sur 56 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Complétée depuis la présentation de la malade par MM. Toulouse, Marchand et Litvak. (Soc.

clin. de méd. ment., 18 février 1924).

Epilepsie tardive. Crises convulsives avec tournoiement. Absences et récupération automatiques. Anesthésie. Automatisme ménager et professionnel. Parole et calculs automatiques. Déambulation orientée. :

| el Ren..…., 42 ans, modiste, est soignée à la consultation du

à À dispensaire de prophylaxie mentale depuis le 9 mars 1923. N He Père mort à 58 ans de cancer d'estomac. Mère âgée de 65 | x ans très nerveuse ; elle est devenue sourde à l’âge de 32 ans Le 4 à la suite d’une rs : elle présente des crises de sommeil

ES, d’une durée de cinq à dix minutes, survenant pendant !a

DE marche et plusieurs fois par jour. Grand'mère maternelle at-

3 teinte de folie puerpérale et morte à la Salpétrière. Trois

DEA sœurs bien portantes. Une sœur morte à l'asile de Villejuif à 2 ans. Un frère bien portant. Un frère mort à la guerre.

had Cu:

Ses antécédents personnels ne présentent rien de parti-

culier. Elle a été atteinte dans son bas-âge de rougeole et de

scarlatine ; ensuite, elle a souffert d’une otite gauche. Bien constituée, son intelligence est assez dévloppée. Certificat

d'études à 11 ans. Pas de troubles du caractère. Pas d'énu-

rèse tardive. Pas de somnambulisme. — Réglée à 13 ans :

mariée à 25 ans. Pas de fausses-couches. Elle a un fils de 17 ans, en bonne santé, mais très nerveux. R... a toujours été

sobre.

La première crise comitiale est apparue à 33 ans et a été attribuée par la malade. à des émotions (départ de son mari pour l'Orient, bombardement de Paris). Deuxième crise, deux mois après la première ; puis tous les deux mois environ ; puis plus souvent. — $es accès sont précédés d’engourdissement des membres, se manifestent par des convulsions légères dans les membres et la face avec perte de connaissance sans chute. La malade reste debout, continue son travail sans se rendre compte de ce qu’elle fait, tourne quelque fois sur elle-même. Miction involontaire durant ce temps. Notons qu’il lui arrive parfois de se réveiller la nuit et de constater qu'elle a uriné sous elle. Enfin elle présente de temps en temps le jour des suspensions brusques de la pensée, sans perte de conscience.

Conjoints aux accès et dans leur suite immédiate apparaissent des états d’automatisme cérébral dont voici plusieurs exemples :

1% exemple : Dans une crise, elle laisse tomber un pot à eau. Quelques minutes plus tard, quand elle reprend conscience, elle se trouve occupée à éponger l’eau répandue. Elle avait ramassé les morceaux du vase et les avait portés dans une boîte à ordures.

& exemple : Dans une autre crise, la malade perd conscience au moment où elle allait servir le thé de sa mère. Elle continue l'acte commencé. Elle fait une dizaine

de pas, apporte une tasse sur la table, le lait, le sucre ;.

elle verse à sa mère une tasse de thé, sucre le thé. Elle-même mange plusieurs gâteaux et sa mère lui fait boire. quelques gorgées de thé dans sa tasse, Pendant l’accomplissement de cet acte elle ne parle pas. À un moment

te!

Car

ÉNNS EU APE :

sa mère lui demande si elle a mis du maté dans le thé ; elle répond : « oui » et c'était exact. Quelques minutes plus tard elle revient à elle et ne peut croire que c’est elle qui a servi le thé, qu’elle en a bu et qu’elle a mangé.

3 exemple : Au cours d'une autre crise, la malade entend que l'on sonne à la porte de l'appartement. Elle va ouvrir, laisse entrer son beau-frère et même lui dif bonjour. Elle retourne dans la salle à manger et à ce moment sa sœur lui demande : « Peut-on servir la soupe ? » La malade répond : « Mais mon beau-frère n’est pas rentré, il faut l’attendre. »

4 exemple (mars 1924). Après un accès, elle reçoit son charbonnier qui dépose un sac de charbon ; elle le paie correctement puis, revenue à elle, veut le repayer comme si elle ne l'avait déjà fait.

& exemple (juin 1924). Etant en train de porter son neveu dans ses: bras, sa sœur le lui veut enlever. Elle résiste et lui répond pertinemment. (Durée : 7 minutes).

6° exemple (décembre 1924). La malade est prise d’un vertige dans un autobus. Elle quitte ce véhicule pour prendre un tramway. Quand la lucidité lui est revenue, elle s’est retrouvée au Châtelet, où elle se devait rendre.

Dans d’autres crises nombreuses, cette malade a accompli des actes ne différant pas objectivement de ceux qu’elle exécute dans son état normal. C’est ainsi qu'elle a pu se livrer à des travaux de couture et son travail est suffisamment bien exécuté pour n'être pas à refaire. Plusieurs fois elle a prépare du cacao et a retrouvé ensuite sa tasse vide sans se souvenir qu'elle en avait absorbé le contenu.

En novembre 1925, Ren.… a préparé son petit déjeûner pendant une absence et l’a trouvé tout prêt. Une autre fois, lors d'un équivalent qui a duré deux heures, elle s’est décoiffée. Son mari l'a vue, lui a parlé ; elle lui a répondu. Celui-ci : l'a quittée sans qu'elle s’en aperçoive. Quand elle s’est reprise, elle avait défait son couvert, donné un coup de balai, fait sa vaisselle, lavé une paire de chaussettes et s'était recoiffée. A un autre moment, le même jour, elle défit et pie ses couvertures comme pour se coucher.

En janvier 1926, cette malade, après une attaque, a éplu-

mémoire. Tout récemment (mars 1927) pendant une absence prolongée, elle a repassé son linge sans le roussir mais, tâtant son fer, s'est brûlée sérieusement le poignet sans rien sentir.

Plusieurs temps se peuvent remarquer dans la séquence des absences. Dans un premier, il y a suspension de la pensée : Ren.…. lâche les objets qu’elle tient dans ses mains. Trois fois, dans la rue, elle a ainsi perdu son porte-monnaie ; une

fois, son sac à main. Dans un second, automatisme : elle laisse ses provisions dans l'escalier, rentre chez elle, se trouve en .

train de faire son lit et cherche en vain ces provisions. Elle les retrouve par hasard peu après ; mais son litre de vin est cassé.

L'examen somatique montre une exophtalmie double avec tachycardie et léger gonflement thyroïdien. Le réflexe oculo cardiaque est positif (— 6). Bouffées de chaleur, raie vasomotrice très nette.

Les réflexes tendineux sont normaux. Rien du côté de la motricité et de la sensibilité. Réactions pupillaires normales. Les réactions de Berdet-Wassermann et de Vernes sont négatives dans le sang ; urines normales.

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