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ne C... est sobre. L'examen neurologique est entièrement né- gatif, de même que les réactions humorales.
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LE 88 — : Er. OBSERVATION XIV.
Traumatisme crânien. Equivalents comitiaux tardifs. Accès larvés. Crises de fureur violente. Déambulation simple : F actes incoordonnés ; actes coordonnés. Dédoublement du moi.
Eg... Paul, 33 ans, inspecteur de police, vient pour la première fois au dispensaire de prophylaxie mentale le 16 mars
Père mort à 36 ans, de laryngite tuberculeuse ; mère âgée de 55 ans, bien portante ; ni frère ni sœur ; marié, sa femme a fait deux fausses couches.
Pas de convulsions infantiles ni de maladies infectieuses graves. Fièvre paludéenne à 15 ans ; danse de St-Guy à 16 ans, ayant duré un ah, s'étant accompagnée d'une hémiparésie gauche. A 20 ans, le 13 août 1914, coup de crosse de fusil sur le côté droit du crâne puis coup de pied de cheval (piétiné par la cavalerie). Il s’est retrouvé dans une ambulance allemande et a présenté, durant sa captivité de quatre ans ef demi, une surdité intermittente.
A 28 ans, premier accès d’automatisme cérébral : il s’est trouvé seul chez lui, ayant cassé divers objets. Il a souffert ensuite de la tête durant plusieurs jours. Quelque temps avant, il avait été traité pour des écoulements d'oreille et avait éprouvé de violentes céphalées.
Depuis dix-huit mois, ses crises d'automatisme sont plus fréquentes : il en a eu jusqu'à deux par mois. Pas de crise d'épilepsie classique ; pourtant, au cours de ses accès, il lui est
arrivé de tomber ; il se retrouve alors sale et débraillé, porte
des traces de chute, des meurtrissures et de la boue. D’autres fois il a des contractions de la bouche et se mord les joues, quelquefois la langue, ou urine dans la rue lors de son errance. Enfin, à la fin de ses troubles, il entre dans des états de fureur impulsive au cours desquels « il tuerait sa femme ». Avant de partir, il se sent généralement mal à l’aise et comme angoissé.
Ses périodes d'automatisme se caractérisent soit par une Simple déambulation, soit par l’accomplissement d'actes, désordonnés parfois, parfois coordonnés. Un samedi par exemple, qu'il avait fait son service de nuit, il est rentré
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chez lui assez las ; le soir, il est parti, et n'est rentré que le h. lendemain matin. A ce moment il fut transporté par une £ colère épouvantable. Souvent, après son travail, il marche RE au hasard ayant perdu connaissance, ne garde aucur souve- : N F nir des endroits où il passe, ne peut expliquer comme il se À fait qu'il retrouve le chemin de son domicile. Au cours de cette promenade, les personnes qui le rencontrent lui trouvent 2 l'air bizarre. Il aurait la figure rouge et des clignottements ©
des paupières. Il tient parfois des propos incohérents ou ré pond de travers aux questions posées. Plusieurs fois, il s’est | mis à uriner au milieu de la rue. Il a été appréhendé par des 118 agents qui, après avoir constaté son identité et sa profession l'ont laissé partir. À son retour, il constate que ses se-
melles sont usées, que ses vêtements sont mouillés lorsqu'il
a plu. Souvent il exécute des actes pertinents : à entre dans 2 des débits de tabac, dépense de l'argent, tient à des per- ee sonnes connues des conversations qui lui sont rapportées par. D la suite. Une fois même, un collègue lui a affirmé lui avoir
dônné un renseignement qu'il avait noté : ne le voulait
Point croire mais a trouvé à la page correspondante de son agenda un griffonage informe. Dans cet état il ne mange jamais, car il présente presque toujours de l'intolérance gastrique mais il lui arrive de faire sa toilette de façon correcte.
Sa conscience n’est pas toujours abolie. 11 perçoit mais n'intègre pas ses actes dans sa personnalité. Une fois, chez L” des amis il a récité hors de propos et sur un rythme rapide la mort du pélican d'Alfred de Musset. Il ne s’entendait que très vaguement. Il ne percevait sa voix que murmurée. Il ne pouvait en retenir le flux : « C’est comme une personne très éloignée qui parle. Je n’ai pas l'impression que c’est moi. »
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A la fin de ses absences, il se saisit quelquefois d'armes, frappe « comme un sourd » a failli une fois tuer sa femme avec un sabre ; puis, épuisé, tombe comme une masse.
Eq... est inquiet de sa situation. Son intelligence est normale ; sa mémoire assez bonne. L'examen somatique ne révèle rien. Il ne présente aucun caractère hystérique.
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(Publiée par L. Marchand et Bauer. Soc. clin. de Médecine Mentale, 16 ROVCHbES 1995).