‹ Des Actes Automatiques de Nature ComitialeChapitre 7 sur 56 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Le problème de l’automatisme psychologique dans l'épi- La #4 lepsie a commencé d'être élucidé vers le milieu du 19° siècle ; mais, dès l'Antiquité, des observateurs avaient noté dans le SR mal sacré des manifestations motrices non convulsives. Il est 74

accès et d'un désordre assez grossier. Hippocrate parle de ma- sr 3 Hades qui s’échappent de chez eux, de leurs errances, de leur volubilité confuse : « Vidi.. quosdam exilere et foris fugere, ac decipere, quoad expergiscantur... Aliique multi sunt et 1 % -

vrai qu'ils n’avaient en vue que les troubles associés aux L

varii morbi quorum quodque recensere, prolixa foret oratio ». | Arêtée décrit expressément les fugues postparoxystiques. I

donne la première description d'une ambulomanie déjà coor., donnée : « Quidam immensum spatium decurrunt, et quo >

perventuri sint nescientes, eodem: unde discesserant cursa : feruntur. Alii per longum iter eos, quibus forte occurrerint, a) comitantur ». Bootius, Marcellus Donat, Brescon observent ve

d’insolites attaques qu'ils présument épileptiques; certains

malades restent debout (Antonius Benevenius) ; certains sont {

atteints de procursion ou vagabondent (Thomas Erastus) ; un + “épileptique danse en rond, un autre déchire ses vêtements : durant le paroxysme (Etmüller) ; un autre, enfin, court de ;

façon ininterrompue et ne s'arrête que pour dormir (Ful- ’pius).

Durant toute la première partie du 19° siècle, les aliénistes, tels Pinel, Esquirol et Calmeil, tendent plus à grouper ks maladies mentales d’après leurs vaines apparences qu'à rechercher leur lien causal. Aussi faut-il attendre les travaux de Billod (1843), de Delasiauve (1854), de Trousseau (1861), et d’'Herpin (1867) pour voir s'établir, en même temps que la -distinction entre le haut mal et le petit mal, la notion de leur essence commune. Mais c'est à Morel et à J. Fabret sur-

tout, que l’on doit de connaître les troubles mentaux variés, corrélatifs de l’épilepsie dont les formes larvées deviendront classiques après les discussions de la Société Médicopsychologique en 1873.

Il serait trop long d'énumérer dans ce bref historique les innombrables travaux suscités par ce sujet : la liste des

= observations rapportées, tant en France qu'à l'étranger, s’al-

longerait sans fin. En ce qui concerne les actes automatiques, leurs formes les plus rares pour leur durée et leur complexité sont d’abord envisagées au détriment d'actes en apparence plus banaux. Le grand automatisme ambulatoire, les fugues amnésiques prolongées requièrent l'attention. Legrand dw Saulle, en 1877, rattache à l’épilepsie larvée le cas d’un mMmalade, qui, parti du Hàvre en état second, se réveilla sur un navire en vue de Bombay. La célèbre leçon de Charcot du

81 janvier 1888 marque une date. Les observations ulté-

rieures de Chantemesse et Widal, de Grandjean et de Cabadé, pas plus qu'elles, ne surent obtenir l'adhésion de tous : Ja dâfférenciation délicate avec des manifestations de nature hystérique fut le thème principal des controverses. Les mêmes discussions eurent lieu simultanément à l'étranger.

En Allemagne, Bregmann et Schültze (1899) étudient l’automatisme comitial. Ce dernier relate l’histoire d’un voyage en Suisse effectué dans un état d’obnubilation attribué à l'épilepsie. En 1900, Bürgl et Donath (de Budapest) créent le mot de poriomanie. Heiïlbronner, en 1903, se basant sur 57 observations, parvient aux conclusions suivantes :

« 1° Parmi les individus atteints de fugues, même si on en Soustrait ceux dont les pérégrinations s'expliquent direc-

tement par les troubles psychiques permanents, on n'en

trouve guère qu’un cinquième qui présentent des troubles épileptiques certains ;

« 2 Les fugues des épileptiques ne se distinguent en aucune façon des fugues des malades non épileptiques (hystériques) ni par la manière dont se comporte la mémoire, ni par aucune condition spéciale ;

« & Le nombre des individus offrant avec leurs fugues des

Symptômes d’hystérie est beaucoup plus considérable que celui des épileptiques ». |

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- 7 A D Te" + " 7. ca a , 7 La À PE a À QU dé

| des préoccupations de Filippi et de Gilli et Simplici. Verga,

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en 1891, use du terme de déterminisme qui suppose la notion

d'une organisation subeonsciente des actes. Paolo Funajoli,

Zéri et Bonnivente traitent également de la question.

Il faut citer plus spécialement, dans les pays de langue anglaise, les noms d'Hamilton, Jackson, Hammond, Maudsley,

Gowers, Mac Carthy, Stevens et Hughes ; dans les pays slaves,

ceux de Liass, Bielaïeff, Bieloff et Dobrotworsky.

Après les leçons cliniques de Magnan (1882), les revues gé- |

nérale de Sêmélaigne (1894), d'Ardin Delteil (1900), de Benon et Froissart (1909) marquent en France des jalons de cette histoire.

Rouvrant le débat dans leur volume sur les fugues et le vagabondage, Joffroy et Dupouy se sont, en 1909, résolument attaqués à l’ancienne doctrine de l’automatisme ambulatoire.

Pour eux, les fugues épileptiques portent la marçue cons-

tante de la confusion, et Îes actes automatiques comitiaux n®

- peuvent témoigner de la durée et de la complexité qui sont

l'apanage de J'hystérie. Reprenant une à une les observations les plus célèbres, ils se sont attachés à ly déceler.

Pour montrer combien il est difficile d'acquérir une opinion en ces matières, nous nous bornerons à opposer quelques conceptions divergentes :

Féré considérait l'absence comme une forme brève de l'état second; Krœpelin acceptait la thèse de l'état second et an somnambulisme épileptiques ; Binet croyait à la possibiiiti de l'existence chez certains épileptiques « d’une double vie

4 psychologique présentant les mêmes caractères Gue dans

l'hystérie ». M. Delmas va plus loin : « On a décrit des états seconds, écrit-il, dans diverses affections, en particulier dans l'épilepsie ; seuls, les états seconds de l'épilepsie sont cer-

tains, incontestés et incontestables ».

Par contre, après Régis, MM. Sollier et Courbon pensent que l’automatisme prolongé où coordonné « comporte ou exige une conscience plus ou moins grande malgré l'amnésie

à consécutive ». MM. Dide et Guiraud que « les équivalents : où le malade prendrait des trains, ferait des varie sem-

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“En Italie, les fugues épileptiques font, dès 1880, l'objet

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blent au moins discutables ; la littérature et le théâtre affirment l'existence de vies doubles et alternantes ch6z le même sujet. Il ne s’agit que de fantaisies dramatiques. Les fugues prolongées ressortissent en général à la simulation, à l'hystérie, à l’onirisme émotif ». =

Toute la question se réduit, en fin de compte, à discerner

des états de conscience et l'on est porté à admettre alors,

selon que l’on se rallie à quelqu’une des interprétations pro-

posées, soit la confusion avec Joffroy et Dupouy, soit une lu-

cidité secondairement oubliée avec Schüle, soit de véritables états seconds. Ainsi, pour Maxwell, il y aurait similitude entre les amnésies épileptiques et hystériques ; alors que différence pour Magnan et Garnier. Mais M. Ducosté a pu soutenir que le degré plus ou moins grand de la conscience n'importait pas, puisqu'il existe effectivement des automatismes conscients. L'automatisme est caractérisé en réalité par le caractère inéluctable d'une conception morbide, sa projection immédiate, sa réalisation motrice irréductible. 11 reste cependant à analyser le degré de lucidité que semble exiger l'adaptation de ces mouvements au réel.

Les faits, en la circonstance, apportent plus de lumière que les conceptions dogmatiques et « il ne faut pas faire un principe nécessaire ou une raison sine qua non de ce qui est un attribut habituel et rien de plus (automatisme épileptique inférieur, brutal et simpliste). Il est justement intéressant de ne pas rejeter à priori la notion des équivalents psychiques sur la simple donnée de durée et de complexité dans les actes, mais de chercher, au contraire, si les états crépusculaires ne peuvent pas, dans les épilepsies avérées comme dans l’hystérie, se traduire par des enchaîinements logiques et plus prolongés qu'on ne suppose communément » (Dromard et Levassort).-Mais, et du fait précisément de leur durée et de la difficulté qu'il y a à réunir des témoignages, les grandes fugues, qui ne constituent qu'un élément du problème, se prêtent difficilement à des analyses péremptoires. C’est pourquoi l'étude du petit automatisme comitial, des chaînons successifs de sa coordination progressive permet de mieux em-

brasser la nature intime de cette activité pathologique. En.

Robtouner de ra sorte ce difficile robifine) re par le seul examen de manifestations trop proiongées qui PORenteS toujours à des dissertations stériles.

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