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ETUDE CLINIQUE

De l’automatisme cérébral dans ses rapports avec les manifestations comitiales

Pour apprécier la nature des formes larvées de la névrose <omitiale, il importe d'affirmer d’abord leur coexistence el1nique avec ses manifestations les plus classiques. Ainsi seutement peut se préciser la notion de leur équivalence, et se délimiter ce qui appartient en propre à l’épilepsie de ce qui en différe. Les rapports de l’automatisme avec les convulsions, les vertiges et Jes absences doivent donc précéder l'étude de cet automatisme même.

Automatisme et accès convulsifs

Si, depuis Morel, l'accès convulsif n’est plus la seule manifestation probante d'épilepsie, celui-ci, par son cachet plus spécifiquement original, garde une valeur diagnostique primordiale, Pour étayer une étude de l'automatisme psychomoteur, force est de le considérer préalablement dans ses relations avec l’accès convulsif qu'il peut précéder, accompagner ou suivre.

Automatisme précritique. — C'est parfois une aura simple, dont les formes intellectuelles ou motrices dénotent avant la convulsion généralisée l'atteinte encore subtile de nos centres. Des phénomènes sommaîreS, sans durée cornme sans complexité, peuvent préluder à la crise, Ce sont, au point de ue moteur, des secousses musculaires, des accès de tremb'e.

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ment, des baillements, des mouvements de déglutition, a éternuements, . ou des pandiculations mais non encore des gestes ou des figurations d'actes.

Un autre type de l’automatisme prémonitoire marque un

degré supérieur et se caractérise par des procursions trop

pathognomoniques pour qu'il y faille insister. L'épilepsie procursive, appelée d'abord par Semmola épilepsia dromic+ et trochaica, dénommée vulgairement mal d'Hercule parce que, dit la légende, celui-ci en était atteint, est bien connus depuis les travaux dé Lannois, Schuster et Mendel et a fait l’objet des monographies nombreuses de Bourneville et Bricon, Ladame, Mairet. L'automatisme ici témoigne de caractères prodromiques qui réclament la signature convulsive. Conscient ou non, il réalise une musculation irrésistible (Roth). Son aspect essentiellement impulsif est la marque d'une libération motrice importante. Tantôt c'est un saut

brusque en avant, tantôt une marche précipitée, tantôt une

course. On a décrit à côté des formes saltatoires, des procursions à quatre pattes (Kramer). Des localisations, en particulier cérébelleuses ou protubérantielles, seraient susceptibles. de créer des tableaux spéciaux, telles les formes rotatoires avec roulement horizontal, giration verticale ou circumeursion à cercles rétrécis (Mingazzini), les formes rétropulsives (Lannoïis). Parfois, les malades pendant leur couse adantent leurs mouvements aux obstacles, aux accidents du sol. Il en est qui descendent des escaliers très vite sans tomber, qui franchissent des murs, qui évitent des objets ou des per-sonnes. Un de nos malades, projeté d'une fenêtre dans un arbre, en descend adroitement (obs. 18). Une épileptique de Mairet contournait alors des chaises et chez ses parents éta blis boulangers, franchissait sans les renverser des paniers remplis de pâte. Quand l'intensité moindre du trouble favorise ainsi l'ébauche l'une adaptation, la transiormation néanmoins immanente de la procursion en convulsion ineline à penser qu’il S’agit d’une restriction progressive de la volonté ne permettant plus qu’un freinage partiel de l'impulsion iniliale. Cet automatisme se réduit d’ailleurs aux actes instinctifs de l'équilibration. Toute assimilation avec des impulsions. qui se coordonnent est à rejeter. Ces impulsions systématisées

trôle de plus en plus lâche. L'adaptation ne marque pes à proprement parler, une suppléance. ù

Quelquefois cependant l’on assiste à des scènes plus com-

pliquées dans lesquelles l’automatisme préparoxystique ne

présage point l’imminente convulsion qui n’apparaît alors. que comme une défaite terminale. La littérature offre des exemples de ce type peu fréquent qui se rapproche de l’automatisme que nous étudierons ultérieurement et dans lequel

le malade adapte assez correctement sa conduite et ses paroles

aux mobiles saugrenus de sa pensée morbide, à ses ten-

dances subconscientes, aux circonstances extérieures (obs. 16).

Automatisme pendant Vaccès convulsif. — Une activité

coordonnée ne saurait concorder avec l’attaque convulsive :

11 y a antinomie entre ces deux termes. Les accès incomplets d’épilepsie présentent une coordination subtile en rapport inveïse de l'intensité du trouble causal. Néanmoins, la crise

convulsive a pu permettre des interprétations : chez deux salfimbanques, Serguéeff a noté l'influence sur l'expression des accès épileptiques de leur profession antérieure, 1

Automatisme postcritique. — Dans la phase d’épuisement

postparoxystique qui s'accompagne habituellement de som-

meil ou de confusion, des représentations psychiques allant

du plus simple au plus coordonné émergent peu à peu de Ja sidération mentale. La confusion est le résultat de l'atta-

que elle-même, ce qui explique que l’automatisme qui lui

succède immédiatement soit de beaucoup le moins coordonné. 1] n’en surgit pas moins déjà des éléments idéiques, esquis-

sant spontanément des associations subconscientes, dont la tendance synthétique s'oppose à la dispersion confusionnelle.

Ainsi le processus automatique tend à réagir centre la confusion : il n’en est pas l'expression réelle,

‘ Wans la période du retour à la normale, il est loisible d’observer que la rigueur des actes emprunte une gradation contraire de celle du prélude de l'attaque : le malade semble se ressaisir avec peine Mais avance pas à pas dans sa luel-

1 dité. Après quelques mouvements réflexes ou carphologiques,

après quelques divagations mal cohérentes dues parfois éga-

| (Taceoud) ne le sont qu'en tant qu'il y a survivance d'un con- + :

Lun à l’onirisme, il se retrouve Res dans son étai

ET Pa re premier: Par leur:extrême banalité, ces phénomènes dispensent de longs développements : tout en: eux concorde avec la confusion, C’est une brume.qui se-dissipe-et laisse filtrer dans sa trame de plus en plus ténue les lumières encore imprécises qüi. cherchent à la pénétrer. Si l’on interroge Jes malades, il est très difficile d'obtenir une réponse correcte : de l’insistance dans les questions -arrive péniblement à fixer la. pensée qui-se cherche et dont la cohésion insuffisante trouve parfois un refuge dans des associations préétablies. La forme la plus rudimentaire en est représentée par la simple persévération d'actes commencés ou par ces -autopersévérations que l’on observe dans -la palilalie et la paligraphie postépileptiques (Trénel). C’est ainsi sans doute que la procursion préconvulsive peut se prolonger un temps ‘après l’accès. Lorsque cet état dure, une activité plus originale peut se déployer, provoquée soit par quelque réminiscence, soit par quelque idée prévalente d'autant plus intense que l'aire des opérations mentales est plus rétrécie, le bagage intellestuel appauvri. Une lucidité seconde, une sorte de conscience obtuse se fait jour et tend à réunir en un faisceau nouveau les 616: ments disjoints, les bribes égarées de la pensée latente, Ce moi qui survit.a sa propre conscience ne se peut manifester qu'en dehors de toute confusion. Sa synthèse sera d'autant plus complexe que le pouvoir des associations mentales sponlanées sera moins troublé. L’automatisme gagnera en efficacits ce qu'il perdra en violence. Ses modalités seront fonction de l'intensité de la dégradation du matériel de la pensée. Ainsi des-actions les plus aveugles aux plus compliquées des liens insensibles s'établissent, sans qu'aucune exige le don de la connaisance, et l'appropriation du geste traduit simplement; dans les cas les plus élevés, l'intégration des perceptions dans la personnalité, imperméable à tout ce qui ne concerne point. sa polarisation. Son exécution peut rester pourtant imparfaite et, de même que des dissemblances se pouvaient remarquer dans la cohérence des conceptions morbides, des variations + distinguent dans la perfection d'adaptation. des mouvements, Trois degrés se peuvent rencontrer : dans un premier; d'obscures intentions prévalent mais se coordonnent mal: dans un second, elles se coordonnent mieux mais s'adaptent

FR. je

À mal ; dans un troisième. coordination et adaptation vont de ; päir :

| 1 degré. — Idées parcellaires. Velléités d'actes. — Il est délicat dans ces cas de faire la part de la confusion qui. entrave tout au moins le développement de l’automatisme. C'est alors que les épileptiques se lèvent, se dévêtissent, urinent en public, frappent aveuglément. Ces impulsions peuvent se composer des apparences nocives et les actes délic-. tueux les plus divers peuvent être exécutés (exhibitionnisme, désertion, homicide, etc..). — T'autres fois les actes sont moins graves et simplement amusants : Des malades que nous avons observés, l’un se déchausse constamment après l'attaque ; un autre verse quelquefois de l’eau dans ses ! chaussures, un troisième vide ses poches et en verse le con- s tenu dans son petit déjeuner. Une cuisinière observée par Magnan entassait dans son pot-au-feu des débris d’assiette,. des épluchures de légumes, du savon, une vieille chaussure et les divers objets qui tombaient sous sa main.

2* degré. — A des représentations plus soutenues qui se précisent, ne correspond point une adaptation motrice adé- L quate, L'automatisme répète des actes simples accomplis journellement par le malade. I1 peut se borner au simulacre, à la comédie cinétique de l’action. Si un commencement de réalisation a lieu, c'est tout de travers : une dame, observée par Herpin « se lève de sa chaise où l’on a réussi à la maintenir pendant l'attaque et fait tous les mouvement d’une femme qui se vêtit et est à sa toilette ». Un jardinier, cité par Bournéville, se promène dans le réfectoire de l'asile après un accès, et fait semblant pendant huit minutes de semer des graines. Un malade de Chaslin agit comme s’il travaillait daris l'atelier d’un charron, va, vient, examine les objets, prend des mesures. Un tailleur de Bourneville qui fait durant dix minutes le simulacre de coudre, peut être comparé

-à la lingère d’Herpin qui, elle, coud effectivement ; mais, au lieu de continuer l’ouvragé entrepris, fait à son tablier des points inégaux. |

De cés caricatures d’aetes s’en rapprochent d'autres aux- ” quels lé trouble de leur exécution confère parfois un caractère

L assez comique. Ces actes révèlent le plus souvent une dys-

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