CHAPITRE IV
Etiologie et pathogénie
Il est bien certain, ainsi que les auteurs l’ont signalé depuis déjà longtemps que la « scarlatine aime le ganglion v. Nous avons vu qu’elle montre son affinité pour le système ganglionnaire avec une acuité variable aux différents stades de son évolution. Recherchons maintenant quel est l'agent causal de ces manifestations.
On ne peut incriminer le retentissement ganglionnaire d'accidents pharyngés ; car nous n'avons pas remarqué en général la coexistence de l’angine et de l'adénite, et dans les cas où elle se rencontre, l’angine est très peu marquée, il y a grande disproportion entre l'importance de ces deux manifestations qui semblent évoluer séparément sans aucun synchronisme, sans aucune relation appréciable.
Est-ce une fièvre ganglionnaire banale qui complique la maladie ? On connaît bien chez les enfants ces poussées d’adénite, s’accompagnant d’une fièvre légère, qui se terminent toujours sans autre complication. La fréquence des poussées d’adénite dans la scarlatine, leur présence
aussi bien chez l’adulte que chez l'enfant, l'époque de leur éclosion, leur tableau clinique caractéristique en font une complication bien spéciale à la maladie et non pas une affection indépendante venant s’y greffer éventuellement. Et peut-être la fièvre ganglionnaire n’est-elle souvent elle même qu'une scarlaline méconnue ?
Les malades qui ont présenté de l’adénite de la deuxième semaine ont été trouvés, ainsi que nous l'avons décrit précédemment, porteurs d'adénites anciennes plus ou moins accentuées dans un tiers des cas observés, Certains avaient des cicatrices ne laissant aucun doute sur une suppuration antérieure. Nous avons également remarqué chez tous nos malades une grande prédilection pour les groupes ganglionnaires déjà intéressés autrefois. Il semble bien établi que ces vieilles adénites de la région cervicale sont un point d'appel pour l'infection scarlatineuse et on peut concevoir des adénites anciennes bénignes comme des tubercules frustes à peine exacerbés par la maladie iufectieuse. Etant donnée l'allure aiguë des accidents observés, on ne peut conclure qu'ils soient dus à un réveille du bacille de Koch. D'ailleurs l’action de l’agent tuberculeux ne suffirait pas pour expliquer les cas où le malade n’a pas d’antécédents bacillaires.
Malgré que les recherches bactériologiques soient paralysées par l'absence de suppuration et l'ignorance où nous sommes du microbe de la scarlatine, il semble bien que le virus scarlatin doive être tenu pour le seul responsable. Seul ou en compagnie d’autres germes, il déterminerait cette complication banale: qu'est l’adénite surve-
nant aux environs de la deuxième semaine.