OBSERVATION IV
(Prise dans le service de M. le professeur Pollosson, par M. le Dr Gauran.)
Mono-adénite de la joue gauche
Ferdinand V.... , 95 ans, employé de chemins de fer. Entré dans le service de M. Pollosson le 20 juiliet 1892.
Antécédents héréditaires. — Père et mère morts, ke premier d'accident, la seconde d’épuisement et de chagrins.
Antécédents personnels. — Orphelin à 12 ans. Domestique, est soumis à un travail pénible. Nourriture suffisante,
Pas de signes de strume (rien du côté des oreilles, des cheveux, des yeux). Pas de maladies jusqu’au moment du service militaire.
sort pes
Au régiment, il contracte la fièvre typhoïde. Pendant la convalescence, refroidissement, et à la suite bronchite, qui dure une quinzaine de jours. Amaigrissement consécutif. Vers la même époque, accident {lait de chaux tombe dans ses yeux). Pour les trois maladies, huit mois de séjour à l'hôpital militaire Desgenettes. :
Depuis, jamais de maladies. Ne tousse pas en hiver, s’enrhume difficilement. Il y a deux ans, a vu survenir une grosseur, du volume d’une noisette, située au milieu de la branche horizontale du maxillaire inférieur, au niveau du bord antérieur du masséter. Cette grosseur n’était pas adhérente à la peau, qui était normale. Saillante à l'extérieur et du côté de la muqueuse buccale. Pas d’adhérence avec l'os. Le malade attribue l'apparition de cette tumeur à un coup de froid. Elle a duré une quinzaine de jours, n’a pas suppuré, et a disparu sans traitement.
Rien du côté de la bouche. Pas de gingivite, pas d’abcès dentaire. :
Il y à un mois, cette grosseur a reparu exactement au même endroit. Elle s’est développée peu à peu, et a atteint le volume d’nne petite noix. La peau à ce niveau est rouge et légèrement chaude, adhérente à la tumeur. Cette dernière est parfaitement mobile sur les plans sous-jacents et dans tous les sens. On la limite facilement, et on la saisit sans peine entre les doigts. Sensation assez nette de fluctuation. Avant-hier, le malade à fait arracher une prémolaire ; la tumeur n'a pas diminué de volume.
Le malade refuse toute intervention chirurgicale.
OBSERVATION V (Recueillie dans le service de M. le professeur Poncet.) Mono-adénite de la joue droite.
Louis C...., 16 ans, galochier ; entré à l’Hôtel-Dieu, salle
Saint-Louis, le 25 mars 1887.
Père, 62 ans, a eu une pleurésie. Mère morte de phtisie pulmonaire. Deux frères morts, l’un de pneumonie, l’autre de méningite tuberculeuse. |
À 9 ans, le malade a eu une fluxion de poitrine. Sujet à amygdalite. Quelques conjonctivites. Pas d’otites, pas d’impétigo du cuir chevelu. k NE
Il y a un an, le malade est soumis à un travail assez pénible, et couche pendant quelques mois dans une chambre très humide. Au bout de quelque temps, apparition d’une adénite cervicale droite (deux ou trois ganglions sous-maxillaires).
Fic. 2, — Adénite génienne commissurale.
10 mars 1887. — Le malade éprouve de la gêne dans la joue droite; puis quelques démangeaisons. Tumeurs du volume d’une noisette se forme dans la joue droite.
Le malade prétend souffrir de sa joue; légère gène fonctionnelle en parlant et pendant la mastication.
État actuel. — À 3 centimètres de la commissure labiale
En
droite et à la hauteur de la commissure, on voit la peau soulevée et légèrement rouge. Pas de sensation de chaleur.
La tumeur semble sous-cutanée et légèrement adhérente à la peau; volume d’une grosse cerise.
Consistance légèrement molle.
Pas de dents cariées; rien du côté des fosses nasales. Pas de gingivite, ni d'amygdalite.
Quelques ganglions sous-maxillaires.
Assez bon état général.
28 mars 1887. — Excision et raclage dela tumeur. On trouve ganglion suppuré. Pointe iodoformée insufflée dans la plaie.
{1° avril 1887.— Le malade sort guéri après quelques pansements à la gaze iodoformée.
16juillet1892.— Bon état général. Quelques ganglions sousmaxillaires. À 3 centimètres de la commissure labiale droite, cicatrice peu apparente, mesurant environ { centimètre.