TIENNE PARENT
Marche et pronostic.
L’affection dont nous venons de tracer l’étiologie et les divers symptômes nous a toujours paru d'une bénignité remarquable. Elle nous parait même compatible avec un assez bon état général.
I ne nous a jamais été donné de voir abandonnées à elles-mêmes des adénites tuberculeuses des joues arrivées à la période de suppuration. Probablement, la peau de la joue, si les ganglions occupent un siège superficiel, la muqueuse buccale, s'ils sont situés sous cette dernière, finissent par céder à la distension et par livrer passage à du pus mêlé de matière caséeuse. L'évolution des autres adénites chroniques nous autorise à formuler cette hypothèse. Peut-être même à la suite de cette évacuation incessante de produits purulents et caséifiés, voit-on, comme pour les adénites des autres régions, se former dans l’épaisseur de la joue des fistules ganglionnaires s’ouvrant au dehors ou à l’intérieur de la bouche.
Traitement.
Nous pouvons diviser en deux catégories les faits dont nous avons été témoin : ou l’on pratiquait une
opération radicale, ou l'on attendait la terminaison naturelle de ces engorgements ganglionnaires. Dans les cas où des foyers de suppuration semblent s’établir dans ces ganglions tuberculeux, M. le professeur Poncet préconise l'intervention, c’est-à-dire l’extirpation du ganglion avec raclage et traitement de la plaie par des agents modificateurs. Si au contraire les ganglions n’ont qu’un petit volume et sont encore à la période d’induration, il est plutôt partisan de l'expectation pure et simple avec traitement général et résolutifs. Il va sans dire, lorsque l’on croit devoir recourir à une intervention chirurgicale, qu'il faudra, surtout chez des femmes et des jeunes filles, tâcher d'enlever la tumeur par la voie buccale, afin d'éviter à la joue une cicatrice apparente.