‹ Des Adénites de la Joue Adénites GéniennesChapitre 6 sur 27 · AD CU · texte numérisé non relu

AD CU

« Les lymphatiques profonds du visage correspondent essentiellement à la distribution de la maxillaire interne avec son plexus ptérygoïdien. Ils se réunissent à quelques troncs qui se rendent à la partie la plus élevée du plexus jugulaite interne. Parmi ceuxci se trouvent les lymphatiques qui ramènent la lymphe des cavités orbitaires et nasales, ainsi que des fosses temporales et ptérygo-palatines. En outre, les lymphatiques qui ramènent la lymphe des parties les plus profondes de la joue, ainsi que du palais et de la partie nasale du pharynx, communiquent avec les glandules maxillaires internes dont quelques-unes sont situées entre la partie postérieure du buccinateur et la paroi du pharynx ; deux ou trois sont logés entreles lobules de la parotide, et où celle-ci rejoint la branche montante du maxillaire inférieur. »

Mascagni, dans son atlas des vaisseaux lymphatiques (Paulo Mascagni: Vasorum lymphaticorum corporis humant hisloria el iconographia, 1187), représente deux ganglions assez volumineux qui reposent sur la face externe du muscle buccinateur, un peu en avant du masséter, au-dessous du canal de Sténon, et entourent l’artère faciale. Les deux ganglions émettent des troncs qui communiquent avec les ganglions paroüdiens et préauriculaires, avec les ganglions sous-maxillaires et avec les Iymphatiques labiaux.

. Dans l’atlas des Iymphatiques de Sappey, il n’est

pas question de ganglions de la joue; les planches

qu'il consacre à la face ne présentent aucun des gan-

glions lymphatiques qui nous occupent. Le traité

d'anatomie topographique de Richet n’en parle pas ie 3

ER US davantage. M. Tillaux signale près de la faciale un ganglion qui appartient à la région mentonnière, c'est-à-dire à cette partie de la face comprise entre le bord antérieur du masséter et la houppe du menton d’une part, et le bord inférieur du maxillaire et le repli gingivo-buccal de l’autre.

M. le professeur Debierre, de Lille, questionné par M. Poncet sur l'existence des ganglions géniens, a eu l'obligence de nous communiquer une note (1), où il nous fait part de ses observations personnelles.

« Je me rappelle, dit-il, avoir observé une disposition un peu différente de ces ganglions géniens. J'ai vu plusieurs fois, soit lors d’une dissection du nerf facial, soit lors d’une injection au mercure des ganglions parotidiens, un ou deux lymphatiques suivre le canal de Sténon ct aboutir à un ou deux petits ganglions de la grosseur d’une lentille, situés sur la face externe du buccinateur, à l'endroit même où le canal de Sténon perfore ce muscle. De ces petits ganglions partaient des Iymphatiques, dont les uns s’engageaient dans l’épaisseur même du buccinateur, et dont les autres se dirigeaient vers les ganglions sous-maxillaires, la région malaire et les lèvres. Je ne puis en dire davantage aujourd’hui, parce que cette disposition n'avait pas alors beaucoup retenu mon attention, mais ceux qui voudraient se livrer à des recherches plus minutieuses et plus suivies, retrouveront certainement les ganglions que je viens de mentionner. »

(1) Voir la Gazetlé hebdomadaire de médecine et de chirurgie, du 20 août 1892:

PME AMC

De son côté M. le professeur Testut, à qui nous avions fait part des observations cliniques de M. le professeur Poncet, a bien voulu nous donner le résultat de sa grande expérience. Il avait, dans deux circonstances, trouvé à l’amphithéâtre un ganglion de la face à siège tout à fait anormal. Une première fois le ganglion était situé sur une ligne partant de l’angle interne de l'œil pour se rendre au niveau de l'angle inférieur etantérieur du masséter, à la réunion du tiers supérieur de cette ligne avec les deux tiers inférieurs; ce ganglion était voisin de la veine faciale. Dans une seconde dissection, M. Testut a rencontré un ganglion lymphatique dans le sillon naso-génien. « Exceptionnellement, dit-il, on rencontre quelques ganglions à la face : ils sont toujours de petites dimensions, et se disposent ordinairement le long de la veine faciale. J’en ai observé un sur une jeune femme d'une trentaine d'années, dans le sillon naso-génien du côté droit (1). »

Sur la demande de M. Poncet, M. le professeur agrégé Jaboulay, chef des travaux anatomiques, à pratiqué plusieurs fois ou fait exécuter des dissections de la joue en se préoccupant des ganglions de cette région, et chez un sujet remarquable au point de vue qui nous intéresse, il a trouvé dans l'épaisseur de la joue les ganglions que la clinique avait décelés chez les malades de M. Poncet.

Le sujet qui a fourni à M. Jaboulay cette intéres-

(1) Tesrur. Traité d'analomie humaine, deuxième édition, tome IT, p. 300.

sante découverte était une jeune fille qui avait succombé à des lésions tuberculeuses multiples. On trouva bien au-dessus du bord inférieur du maxillaire infé-

rieur trois petits ganglions très nets situés entre l’ar-

tère et la veine faciales, au voisinage de ces vaisseaux,

et superposés les uns aux autres et distants entre eux

de plusieurs millimètres. |

Le ganglion le plus inférieur était situé un peu audessus de la partie moyenne de la face externe du maxillaire inférieur; le deuxième répondait au bord alvéolaire, enfin le troisième répondant à la face externe du buccinateur, se trouvait plus ou moins audessus d’une ligne prolongeant en arrière la commissure labiale.

Is étaient placés au-dessous du tissu cellulaire sous-cutané, présentant des rapports de voisinage immédiats avec l'artère et la veine faciales, Le ganolion supérieur, qui répondait à la face externe du masséter, était au-dessus de l'aponévrose de ce mus- ‘cle. Comme les ganglions sous-maxillaires par exem ple, ils étaient mobiles au milieu du tissu cellulaire ambiant.

Les ganglions avaient le volume d’un grain de blé, presque d’un petit pois, il n’y avait pas de doute sur leur nature, qu'a du reste confirmée l’examen histologique. Il s'agissait bien de tissu lymphatique.

Le dessin que nous donnons ici met bien en relief les différentes particularités que nous avons signalées. Nous le devons aux crayons de MM. Devars et Genod, étudiants en médecine. Ce dessin est assez explicatif par lui-même, pour que nous ne pensions pas devoir entrer dans des développements plus étendus.

Era

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