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Un fait est donc bien démontré: l'existence possible de ganglions au-dessus de la région sous-maxillaire, dans l'épaisseur même de la joue et à une distance plus ou moins grande du bord inférieur du maxillaire inférieur.
Fig. 1. — ab, Artère et veine faciales: c, Ganglion génien.
Les observations cliniques que nous avons recucillies nous permettent de distinguer trois groupes
de ganglions géniens. Ceux que l'on observe sur la
face externe du maxillaire, un peu au-dessus du bord inférieur du maxillaire, semblent mériter le nom de massétérins à. cause de leur proximité du masséter,
MAT Le dont ils occupent généralement le bord antérieur. On
pourrait aussi les désigner sous le nom de mentori-
niers (région mentonnière de Tillaux). Les ganglions situés à peu près à la hauteur de la commissure labiale pourraient prendre le nom de commissuraux. Enfin, d’autres ganglions situés encore plus haut, au niveau de l’os malaire ou de la branche montante du maxillaire supérieur, s’appelleraient ganglions malaires ou sous-orbitaires.
C’est de préférence sur le trajet de l'artère et surtout de la veine faciale qu’on trouve les ganglions géniens. [ls appartiennent vraisemblablement aux troncs lymphatiques qui descendent vers la région sous-maxillaire et accompagnent les gros vaisseaux de la face. |
Ces vaisseaux lymphatiques proviennent des téguments des parties avoisinantes des lèvres de la muqueuse buccale, peut-être même des fosses nasales et des paupières. Voici, d'après Sappey, un aperçu général des lymphatiques géniens, de leur direction, de leurs anastomoses et des réseaux qu'ils constituent.
«Le derme de la peau des joues est recouvert de
papilles assez développées. Il contient aussi un grand.
nombre de glandes sébacées livrant passage chacune à un poil de duvet. Les vaisseaux lymphatiques des papilles affectent une disposition semblable à celle qu'ils présentent sur toutes les autres papilles de la face. Leurs lames et capillicules, leurs capillaires et troncules, apparaissent très clairement aussi sur cel-
les qui bordent les orifices des glandes sébacées, et
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| 249 qui s’inclinent sur leur embouchure. Sur ces glandes, on observe également un beau réseau de lames tapis sant les parois de leur cavité, et se prolongeant dans le follicule pileux qui en forme une dépendance. Sur les joues aussi, les troncs, très nombreux, flexueux et contournés, se disposent en plexus, dont les plus grandes mailles encadrent l'embouchure des glandes sébacées. Les vaisseaux qui partent de ce plexus se laissent difficilement pénétrer par le mercure; ils offrent, en outre, si peu de résistance, qu’ils se rompent sous les plus petites pressions. Les plus élevés se rendent dans les ganglions parotidiens antérieurs; les autres, plus obliquement descendants, vont se terminer dans les ganglions sous-maxillaires. »
A côté de ces vaisseaux lymphatiques propres à la joue, on rencontre dans l'épaisseur de cette dernière des troncs lymphatiques venant du front, des paupières, du nez et des lèvres.
| Presque tous les troncs lymphatiques du front se 4 l rendent aux ganglions parotidiens; d'eux d’entre eux, : venant de la partie inférieure et médiane du front, vont se jeter dans les ganglions sous-maxillaires.
Les troncs partis de l’espace intersourcilier reçoivent deux ou trois vaisseaux lymphatiques des pau- ; pières. Quant aux autres lymphatiques des paupières, ils aboutissent à la loge parotidienne.
«Les vaisseaux sous-cutanés du nezles plus élüvés se jettent dans le gros tronc qui provient de la partie médiane inférieure du front. Les plus inférieurs se perdent dans les troncs émanés de la partie médiane de la lèvre supérieure. Les autres, au nombre de:
DE deux où trois, se dirigent en bas et en dehors, et'se rendent directement dans les ganglions sous-maxillaires.
Tous les Iymphatiques de la lèvre supérieure traversent obliquement la joue pour se rendre aux ganglions sous-maxillaires. Une partie des lymphatiques de la lèvre inférieure suit la même voie, tandis que les troncs vasculaires médians de la même lèvre vont déverser leur lymphe dans les ganglions sus-hyoidiens, après avoir reçu comme affluents les réseaux lymphatiques de la houppe mentonnière.
Les ganglions que nous avons signalés se trouvent sur le chemin ou au confluent de beaucoup de ces troncules lymphatiques décrits par Sappey. Leur développement reconnaît souvent pour cause une lésion inflammatoire où néoplasique des lèvres ou de la muqueuse buccale.
En dehors des ganglions géniens que nous venons de placer, dans les parties superficielles de la face, il s’en trouverait d’autres plus profonds situés sous l’'aponévrose superficielle du buccinateur (Debierre). D'où la distinction de ganglions géniens superficiels et profonds.
Au milieu de ces groupes ganglionnaires, lajoue présente souvent de petiteS glandes dites molaires, qui pourraient donner le change avec des ganglions lymphatiques. Ces glandes sont parfois très nombreuses, et M. le professeur Jaboulay en a fréquemment rencontré dans ses disections de la face. Il suffit d’ailleurs d’être averti de leur existence pour éviter. toute confusion. |
Dans quelle proportion trouve-t-on les ganglions de la joue ? Ils nous paraisssent être rares, à en juger par les renseignements qui nous ont été donnés par MM. Testut et Jaboulay, et si l'on tient compte du silence des auteurs. L’attention, il est vrai, n’avait pas été appelée sur eux, et l’on comprend très bien qu'en raison de leur petit volume, de leur petit nombre, ils aient pu passer inaperçus.
Si l’on tient compte des fait cliniques, ces ganglhons, sans être fréquents, ne seraient pas exceptionnels. Sur trente sujets environ chez lesquels nous avons poursuivi cette recherche à l’amphithéâtre, une fois seulement nous avons été assez heureux pour rencontrer sur la fâce externe du maxillaire inférieur, en contact avec la faciale, un petit ganglion génien rentrant dans la catégorie de ceux qui nous intéressent.
Mais a-t-on réellement affaire à une anomalie lymphatique. Il se peut que les ganglions géniens existent à l’état normal avec des proportions minuscules, et que leur volume microscopique nous rende impossible leur observation ; ils ne deviendraient visibles qu'à l’état pathologique. Ce qui nous fait pencher vers cette dernière hypothèse, c’est que dans les dissections où ils ont été rencontrés, on était en présence de sujets tuberculeux. MM. Testut et Jaboulay les ont découverts chez des sujets ayant succombé à la tuberculose pulmonaire, et ce ganglion génien qu'il ma été donné de trouver à l’amphithéâtro, coïncide avec une granulie généralisée des synoviales.
DD Il appartiendraiït à des injections minutieuses des lymphatiques de la face et à des recherches microscopiques de vérifier la présence de ces glandules. Maisici nous avons envisagé la question des ganglions de la joue à un autre point de vue, et n'avons pas la prétention de faire œuvre d’anatomiste. Vin Ces quelques considérations sur l'anatomie de ces ganglions étaient indispensables pour la compréhension de leur pathologie. La description succincte des lymphatiques de la joue était l'introduction nécessaire à l’étude des adénites,
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