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OBSERvVATION XX

Polyadénite buccale et sus-maæillaire consécutive à une lymphadénie.

{In thèse de Capette Laplène. Bordeaux, 1899.)

Madame G..., me fait appelerle 5 février 1899, auprès de sa mère âgée de 63 ans. Elle m'explique que depuis très longtemps (4 ans environ), sa santé s'est altérée, elle est devenue

très pâle et très faible, au point que ses jambes ne peuvent plus

la porter. Depuis un mois, elle garde le lit la face est bouffie et déformée, les lèvres tuméfiées. Le cou très gros et parsemé de nodosités irrégulières, donne à la malade une impression étrange. La respiration se fait mal d’ailleurs ainsi que la déglutition. La températureest élevée, 3805, L'étatnous paraît grave au premier abord mais le pronostic s’assombrit après examen plus approfondi En effet, l'examen de l’appareil lymphatique de la malade ne nous laisse aucun doute sur l'affection dont elle est atteinte. Il s’agit bien d'une lymphadénie à marche rapide avec invasion de presque tous les groupes ganglionnaires corps. Notre attention se porte plus spécialement sur le côté droit du cou et de la face, au niveau duquel se dessine déjà sous la peau un chapelet ascendant de ganglions hyperplasiés. La maladie s’est chargée dans ce cas particulier de réaliser une injection des ganglions bien mieux faite et plus apparente à l'œil que n’aurait pu le faire la main d’un anatomiste. Je constate : 1° un ganglion buccal de la grosseur d’un gros pois audessous du canal de Stenon ; 20 un ganglion sus-maxillaire entre la veine et l’artère faciales que l’on sent battre en avant et qui transmet ses battements (ce ganglion occupe toute la hauteur de la face externe du maxillaire inférieur) ; 3° un ganglion plus volumineux que les précédents et à cheval sur le bord in-

férieur du maxillaire, touchant au ganglion sus-maxillaire par

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en haut, et au ganglion sous-maxillaire par en bas. Les deux faces et le bord inférieur du maxillaire inférieur étaient, dans ce cas, reçus dans une masse ganglionnaire concave, d’appa-

. rence continue, mais dans laquelle la palpation méthodique et

attentive permettait de séparer les ganglions les uns des autres comme nous venons de l'indiquer.

La malade est morte un mois après de consomption, sans

qu'il nous ait été permis de vérifier notre diagnostic par une autopsie.

OBsErvarTIoN XXI

Adénite maxillaire droite. Nouvelle poussée sous l'influence de la syphilis.

(In thèse de Capette Laplène, Bordeaux, 1899.)

H..., caporal infirmier, âgé de 24 ans.

Rien dans ses antécédents héréditaires ou personnels. S’est aperçu au commencement d’avril, d’une petite grosseur du volume d’un pois, à la région sous-maxillaire droite. Cette tumeur ne provoquant ni douleur, ni gêne, a grossi peu à peu ; actuellement, elle est double du volume primitif. Vingt jours après, une petite tumeur nouvelle, indolore, de la grosseur d’un grain de maïs, s’est formée au-dessus; sur le côté extrême du maxillairé inférieur, au voisinage du bord antérieur du masséter.

Au commencement de juin, a contracté la syphilis. apparition

d’un chancre sur le côté droit de la lèvre inférieure; plaques

muqueuses à la gorge et dans la cavité buccale. À la suite, ce ganglion a augmenté brusquement de volume, et actuellement il est de la grosseur d’une noisette.

Le ganglion sous maxillaire a à peine augmenté de volume.

Ce malade suit, depuis quelques jours, un traitement spécifique.

OsservarTion XXII Adénite génienne sous-muqueuse suppurée

(Mériel in Gaz. hebd, méd. et chirurgie, 1900.)

La malade est âgée de 44 ans et a toujours présenté une mauvaise dentition ; elle a six molaires presqu’entièrement cariées et malgré cela n'aurait jamais été sujette aux fluxions dentaires : Vers le 15 août 1899, la malade eut de la gingivite au niveau de la mâchoire supérieure du côté droit; des douleurs ainsi que de l’enflure de la joue droite survenant ensuite, firent penser à une vulgaire fluxion dentaire. Mais au bout de six jours, l’enflure avait augmenté. gagnant la paupière inférieure en haut, le bord dn maxillaire inférieur en bas et la région parotidienne en arrière, tandis qu'en avant la tuméfaction s’arrêtait nettement à trois centimètres environ de la commissure labiale, Toute cette région était chaude, douloureuse, les mouvements de mastication étaient gênés et la cavité buccale s’ouvrait avec peine. À ce moment, la malade elle-même s’aperçoit de l’existence sur la face interne de la joue, à peu près au niveau de la première molaire supérieure, d’une petite masse arrondie dans la muqueuse du volume d’une petite noix. Cette petite masse, d’abord indurée, se ramollit et s’ouvre spontanément pendant la nuit, neuf jours après le début des accidents.

La malade se réveille avec l'haleine mauvaise et crache quelques gouttes de liquide purulent mêlé à la salive- Les phénomènes inflammatoires s’amendent rapidement. La tuméfaction généralisée de la joue s’aflaisse. il ne reste plus qu'une indu-

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ration sur la face externe de la joue, tandis qu'à la face interne, en un point correspondant, se trouvait une ulcération et une fistule, ce qui décide la malade à entrer à l'hôpital.

A son entrée, on constate une induration arrondie, douloureuse au palper, siégeant à trois centimètres de ia commissure labiale daus la région du buccinateur : cette induration correspondait à une ulcération saillante sur la muqueuse de la face interne de la joue.

La malade, après un râclage à la curette et plusieurs lavages antiseptiques, quitte l'hôpital, guérie. Un mois après, la fistule était guérie, mais il persistait dans l'épaisseur de la ‘joue un nodule induré gros comme un pois chiche et totalement indolore. Ce nodule avait complètement disparu deux mois après.

En résumé, 1l s’agit là d’ une adénite due à un processus infectieux, issu de la carie dentaire et qui diffère du type habituellement observé, tant par le siège sous-muqueux du ganglion que par son évolution d’abord aiguë, puis chronique.

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