‹ Des Adhérences des Petites LèvresChapitre 4 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les adhérences des petites lèvres, que les accoucheurs, les chirurgiens, et plus particulièrement les chirurgiens d’enfants voient de temps en temps, nous ont semblé matière à quelques considérations susceptibles de faire le sujet de notre thèse. |

Si l’on interroge les accoucheurs ou les chirurgiens, presque tous ont vu ces faits, mais si l’on consulte les auteurs sur ce sujet, les documents sont peu nombreux, ainsi que le constatait déjà M. le D' Chipault dans une note en 1891.

Nous avons fait des recherches bibliographiques, tant obstétricales que chirurgicales, nous

nous sommes efforcé de rassembler les documents oraux pour suppléer à l'insuffisance de la

bibliographie, nous sommes parvenus ainsi à

grouper nos observations sous trois chefs :

Les adhérences des petites lèvres, observées dans la sphère obstétricale, c’est-à-dire à la naissance ou dans le courant de la première année ;

Les adhérences observées par les chirurgiens — les plus fréquentes — constatées vers l’âge de trois à cinq ans; ;

Enfin les brides membraneuses .qui peuvent subsister chez la jeune femme et qui sont un reliquat des adhérences de l’enfance, ainsi. que le prouvent les détails de l’observation très nette de M. Chipault.

Ces adhérences sont de nature très particulière et n’ont rien de commun avec les malformations des organes génitaux qui sont copieusement décrites dans les traités classiques. Les sujets dont il s’agit ont une vulve absolument normale, seulement après avoir écarté les grandes lèvres on constate un agglutinement des petites lèvres. La membrane pellucide qui constitue cette union n'offre aucun rapport avec la membrane hyménéale. Il ne s’agit point ici de l’imperforation de

l’hymen, celle-ci est généralement constatée après

les premières menstruations, vers l’âge de douze à quinze ans, alors que le sang menstruel, s’accumulant en arrière de la barrière hyménéale, produit des troubles de différents ordres qui amè-

no

nent les patientes vers le médecin. Les adhérences des petites lèvres accidentelles ne rentrent point non plus dans notre cadre. Nous éliminerons done toutes les brides, résultant de cicatrisations vicieuses, de brûlures, de pustules varioliques, d'ulcérations quelconques ; les cicatrices de déchirures traumatiques faites, soit pendant l’accouchement, soit dans un autre but opératoire. Notre sujet se trouve ainsi bien limité à cette sorte d'adhérences spontanées qui est découverte, ordinairement par hasard, par les mères de famille, au cours de l’enfance, et qui n’est pas parfois sans intriguer vivement le médecin.

Les auteurs qui ont traité ce sujet rangent les adhérences des petites lèvres, dont nous nous occupons, dans un chapitre d’atrésie du vagin. Nous pensons que c’est là un abus de langage et qu’on ne saurait employer ce mot pour cette union si fragile des petites lèvres que certains auteurs ont exprimé cette opinion, que les mouvements de la marche seule pouvaient arriver à la détruire (Denman, in Cazeaux. Tr. prat. et théoriqg. de l’art des accouchements). Le mot atrésie semble comporter une malformation congénitale et lon ne saurait attribuer à tous les cas ce caractère de congénialité, d’autant plus que ces adhérences rompues et détruites, les organes génitaux sont normaux.

Les adhérences des petites lèvres ne sont donc pas susceptibles de constituer un chapitre dans

l’étude des atrésies vaginales. Elles doivent former un chapitre à part à cause de leur origine, à cause du traitement dont elles sont justiciables. Et, si nous suivons l’exemple de tous les chirurgiens, en comparant cet agglutinement aux adhérences du prépuce chez les -jéunes garçons, nous ne dirons pas davantage qu’il y a atrésie du vagin dans ces cas, que nous appellerons atrésie du prépuce les adhérences préputiales.

Avant d'aborder notre sujet, qu’il nous soit permis de remercier nos maîtres dans les hôpitaux, et tout d’abord M. le professeur Tarnier, dont les leçons précieuses nous ont initié à l’art des accouchements, nous l'ont fait goûter et aimer, et qui nous donne une nouvelle preuve de sa bienveillance en voulant bien accepter la présidence de notre thèse.

Nous sommes heureux de pouvoir remercier aussi nos premiers maîtres, les Ds Bucquoy, Constantin Paul, Ferrand, et d’adresser un dernier hommage à la mémoire du professeur Le Fort. |

Notre ancien interne et ami, le D' Dufournier, voudra bien accepter nôs remerciements pour les bons conseils qu’il nous a toujours donnés.

Que M. le D: Demelin, notre chef de clinique, et Mile Hanicot, sage-femme en chef, reçoivent enfin l'expression de notre reconnaissance pour la bienveillante sympathie qu’ils nous ont toujours montrée.

Page 1