VAR1TE
muqueuse; aussi les symptômes sont-ils plus légers.
Ce serait sortir de mon sujet que de vous faire l’histoire complète de la métrite, je vous renvoie pour cela à vos livres classiques : je dirai seulement que vous devez la craindre, si les femmes éprouvent de la sensibilité dans le ventre, de la pesanteur, des tiraillements dans les reins et les aines, si elles présentent un peu de fièvre, avec quelques nausées et un état saburral peu prononcé. Dans ce cas, la pression par l’hypogastre est douloureuse et les malades souffrent également quand on pratique le toucher vaginal. On reconnaît de celte façon que les annexes de l’utérus sont sains et que le corps seul est engorgé et douloureux. Les symptômes cèdent rapidement, ou s’ils se prolongent, c’est plutôt sous la forme chronique, car la métrite parenchymateuse, suivie d’abcès, est une exception ici.
OVARITE.
Il y a une autre maladie, également consécutive à la blennorrhagie, qui s’observe plus fréquemment que la métrite aiguë intense, c’est l’ovarite.
On l’a comparée souvent à l’orchite, bien qu’il y ait entre elles de nombreuses différences, dont la principale est l’absence de continuité réelle du conduit qui de la matrice va à l’ovaire, tandis que, chez l’homme, de l’urèthre jusqu’au testicule existe un canal non interrompu.
Quel que soit le mécanisme de sa production, que 1 inflammation passe de F utérus par la trompe pour gagner l’ovaire, ou qu’elle aille directement à celui-ci par son ligament, il est hors de doute que cette maladie se rencontre assez souvent après des métrites, et le diagnostic n’en est pas toujours facile, les signes que l’on a donnés comme distinctifs pouvant se rapporter à plusieurs maladies.
11 existe, en effet, une douleur dans une des fosses iliaques, ordinairement dans une seule; mais d’abord pareille douleur peut se rencontrer avec une métrite, et ensuite les deux ovaires peuvent être pris, ce qui enlève une partie de la valeur à ce signe tiré de la localisation de la douleur.
M. Ricord enseigne un moyen d’établir le diagnostic. Quand, dit-il, on fait coucher la femme sur le côté malade, et que l’on fait fléchir la cuisse correspondante sur le bassin, comme il n’y a plus de tiraillement, la douleur cesse; si, au contraire, la malade repose sur le côté sain et si le membre inférieur correspondant est dans l’extension, la douleur augmente.
Ces caractères ne sont malheureusement pas pathognomoniques ; on les rencontre également dans la métrite.
Cependant, si l’ovarite était bien isolée, c’est-à-dire, si, pendant que l’ovaire est enflammé, l’utérus était revenu entièrement à son état normal, on pourrait jusqu’à un certain point, au moyen du toucher, la distin-
OVARITK.
guer de la métrite. Dans celle-ci, en effet, le toucher vaginal sera douloureux en même temps qu il tera reconnaître que l’utérus est augmenté de volume; l’hypogastre sera sensible et il n’y aura rien dans les fosses iliaques. S’il y a ovarite, au contraire, la douleur sera très prononcée dans une des fosses iliaques et existera à peine à l’hypogastre. Le toucher vaginal luimême indiquera que la matrice est saine, et s’il réveille delà douleur, ce ne sera qu’en déprimant très fortement un des culs-de-sac latéraux, correspondant à l’ovaire affecté. Mais il faut avouer que tous ces signes sont bien subtils et peuvent facilement induire en erreur.
L’inflammation du ligament large se confondra aussi assez souvent avec l’ovarite, d’autant plus que dans ces cas-là l’ovaire peut être englobé dans le phlegmon, de sorte que le signe de M. Ricord se rencontrera ici aussi bien que dans l’ovarite simple. Il n’est pas, en effet, toujours facile de sentir le corps rond et dur formé par l’ovaire, et c’est le seul signe cependant qui ait un peu de valeur. Il est important toutefois encore de tenir compte de la considération suivante : c’est qu’il est rare de voir se développer une inflammation du ligament large à la suite d’une vaginite; par conséquent, si dans le cours de celle-ci, il vient à se manifester une douleur dans une des fosses iliaques, vous vous rapprochez beaucoup de la vérité en supposant que le point de départ en est dans l’ovaire.
J’ai l’intime conviction d’avoir rencontré beaucoup d’ovarites, sans pouvoir l’affirmer ni le démontrer nettement ; le diagnostic doit donc être, dans tous les cas, très réservé, surtout quand on n’a pas pu sentir la tuméfaction de l’ovaire à travers les parois abdominales.
La terminaison la plus ordinaire de cette maladie est la résolution ; ce qu’il peut y avoir de fâcheux, c’est qu’il persiste, après la guérison, des adhérences qui deviendront une cause de stérilité, si elles occupent les deux ovaires à la fois. Ce résultat se rapprocherait donc des faits signalés chez l’homme par M. Gosselin.
La suppuration, bien qu’exceptionnelle, a été notée quelquefois; j’ai vu une femme qui, à la suite d’une vaginite, souffrait horriblement dans le bas-ventre, et l’on sentait dans une des fosses iliaques une tuméfaction très notable. Elle fut prise de frisson et de tous les symptômes annonçant la formation du pus, et un matin on apprit qu’elle avait eu une garderobe purulente ; un soulagement très grand se manifesta, et la tuméfaction que je sentais dans la fosse iliaque disparut. Vidal a cité un cas d’ouverture dans l’utérus d’un abcès qu’il avait lieu de croire venir de l’ovaire; malheureusement il n’y eut pas d’autopsie, et par conséquent ce fait manque de certitude.
Je ne pense pas que la péritonite existe comme complication de la vaginite; on observe bien quelquefois de
URÉTHRITE.
légères douleurs dans le bas-venfre; mais je ferai observer tout d’abord que ces douleurs peuvent être attribuées à toute autre inflammation qu’à celle de la séreuse; or, on sait aussi combien sont obscures les causes des inflammations du petit bassin. Le cas si souvent cité de M. Mercier, le seul qui existe dans la science, me paraît donc très douteux. 11 s’agit; d’une jeune fille atteinte de vaginite, et qui mourut d’une fièvre typhoïde. On trouva, à l’autopsie, du pus dans le petit bassin. M. Mercier et d’autres ont rattaché cet épanchement purulent à une péritonite blennorrhagique, parce qu’il était limité au petit bassin. Pour moi, je pense qu’il est plus rationnel de l’attribuer à la fièvre typhoïde.
URÉTHRITE.
L’uréthrite est la plus rare de toutes les inflammations blennorrhagïques de la femme.
Elle peut exister seule et résulter du contact direct sur le méat urinaire du pus blennorrhagique venant de l’homme, ou bien être de même date qu’une vaginite ou une vulvite, ou bien encore être consécutive à celles-ci. Ce dernier cas est le plus commun, et cela se conçoit aisément ; le contact des parties pendant le coït ayant lieu presque uniquement entre le vagin et le pénis, les chances de contagion sont plus nombreuses pour le vagin
que pour l’urèthre, qui reste en dehors et pour ainsi dire à l’abri.
L’uréthrite accompagne quelquefois aussi une vaginite chronique.
Et tout d abord, messieurs, une chose que vous ne devez jamais oublier, c’est que l’uréthrite de la femme indique toujours une contagion ; c’est un fait d’observation, dont vous pouvez être sûrs. Il n’en est pas de même de la vulvite ou de la vaginite, dont il vous est impossible d’accuser la cause. La coïncidence de l’uréthrite avec la vaginite vous sera donc d’un grand secours pour déterminer la nature de celle-ci. Telle est mon opinion sur l’uréthrite delà femme; elle me paraît d’autant plus exacte que, dans une vaginite traumatique, vous ne voyez jamais l’urèthre se prendre. M. Ricord est, du reste, aussi absolu que moi là-dessus; et si vous vouliez une autre preuve, sachez que l’évolution dentaire etd’aulres états généraux qui, chez les petites filles, provoquent des vulvites et des vaginites, ne déterminent jamais d’uréthrite. Vous voyez bien que la contagion est absolument nécessaire au développement de celle-ci.
Le diagnostic de l’urélhrite est de la plus grande simplicité. La malade éprouve des titillations à l’entrée de la vulve, puis bientôt des douleurs vives; mais le caractère le plus important, c’est que ces douleurs se manifestent pendant la miction, et surtout à la fin comme chez l’homme; si le canal urinaire est envahi jusqu’à la
URÉTHRITE.
vessie , il y a du tenesme absolument comme cliez celui-ci, de là des envies fréquentes d’uriner qui tourmentent. les malades.
Les douleurs pendant la miction existent encore, si avec une sonde incomplètement entrée dans le canal, on empêche l’urine de toucher la vulve, car il reste encore derrière la sonde une partie de la muqueuse enflammée que l’urine irrite en passant, et c’est une façon de distinguer la douleur en urinant qui se manifeste parfois dans la vulvite sans que l’urèthre soit enflammé.
L’écoulement, d’abord blanchâtre, offre bientôt toutes les nuances signalées dans la vaginite. Comme dans celle-ci, il est parfois sanguinolent; mais, pour bien voir d’où il part, il faut essuyer la vulve, et au moyen d’une pression légère, exercée d’arrière en avant par le vagin, on fait sortir par le méat quelques gouttes de pus. Ainsi donc, douleur en urinant et écoulement par le méat, voilà les deux signes diagnostiques de l’uréthrile dont la marche, du reste, n’offre rien de particulier à noter.
Tant que les affections blennorrhagiques qui concernent la femme, et que j’ai décrites, sont aiguës, le diagnostic en est facile, mais aussitôt qu’elles revêtent la forme chronique, tout devient obscur. Les flueurs blanches, si fréquentes chez les femmes, s’en rapprochent alors singulièrement, et c’est en vain que l’on a fait des efforts pour les distinguer. Yous serez souvent consultés
par de jeunes couples, le plus ordinairement illégitimes, qui viendront vous demander d’être arbitres entre eux. Le jeune homme a, je suppose, une blennorrhagie, et sa maîtresse un écoulement blanchâtre non douloureux : celle-ci soutient qu’elle n’a que des flueurs blanches, et que si son amant a quelque chose, c’est qu’il l’a gagné ailleurs; lui, il accuse sa maîtresse de l'avoir rendu malade, et affirme n’avoir pas vu d’autre femme.
Que répondrez-vous à cette accusation réciproque? Pourrez-vous affirmer à cet amant alarmé que sa maîtresse lui a été fidèle, et que ce qu’elle présente aujourd’hui n’a pas été du tout vénérien au début? Non, la chose vous sera impossible, car vous n’aurez pas le moindre moyen de contrôle : l’alcalinité ou l’acidité des humeurs du vagin ou de l’urèthre, invoquée pour dissiper les doutes, n’a pas la plus petite valeur, et, quant au Trichomonas vaginalis, trouvé par M. Donné, son règne est également passé. En hommes sages et sérieux, vous resterez dans le doute, et, pour vos malades, dans ces cas-là, le mieux à faire est de les rassurer sur leur mutuelle fidélité.
D’une manière générale, le pronostic de toutes ces affections de la femme est peu grave ; il n’y a que leurs complications qui soient fâcheuses, et encore le sontelles moins que chez l’homme. Ce qu’il faut surtout craindre ici, c’est l’état chronique ; car, une fois passées
TRAITEMENT
à cet état, elles sont d’une difficulté inouïe à guérir. On voit, en effet, des femmes qui ont eu des blennorrhagies, conserver des fiueurs blanches des années entières et alors qu’elles n’en avaient jamais eu. C’est pour elles un grand tourment, car elles ne se croient pas guéries de la maladie qui leur a laissé cette incommodité. Aussi , si vous donnez des soins à une femme atteinte de vaginite et qui n’ait pas eu encore de leucorrhée, il est prudent de la prévenir de la possibilité de cette terminaison.
J’ai réuni à dessein, messieurs, dans un seul chapitre, le traitement de toutes les maladies blcnnorrhagiques de la femme que nous venons d’étudier. De cette façon, j’évite des redites qui eussent été indispensables, et j’espère en même temps mieux vous faire sentir les particularités que chacune d’elles réclame dans son traitement.
La vulvite, la première dont nous avons fait l’histoire, est la plus facile à guérir. Étant due très souvent à la malpropreté des malades, les bains et les lotions simples en feront rapidement justice, surtout si, après chaque lotion, on a la précaution d’enduire les parties
il un corps gras, qui, tout en assouplissant les tissus, empêche aussi le contact irritant des humeurs.
La vulvite des petites hiles ne résistera pas non plus a ces soins de propreté, mais il sera bon, dans certains cas, pour en prévenir le retour, de faire usage des toniques à l’intérieur, cette irritation des parties génitales externes reconnaissant souvent pour cause la faiblesse de constitution des enfants.
Pour les vulvites contagieuses, les mêmes précautions seront utiles, mais généralement des moyens plus énergiques devront être ajoutés. Je ne veux pas parler du traitement abortif que j’ai essayé ici comme dans la vaginite et sans plus de succès; j’y reviendrai tout à l’heure.
Quand l’inflammation est très aiguë, vous n’aurez qu’une chose à faire, employer les antiphlogistiques, les lotions émollientes et calmantes, les bains entiers prolongés; je préfère ces derniers aux bains locaux, qui ont l’inconvénient de congestionner le bassin. Après les lotions, essuyez bien doucement les surfaces etisolez-les en les recouvrant d’un corps gras, tout simplement comme je vous l’ai dit, ou en interposant entre elles un petit linge fin enduit de cérat; engagez ensuite les malades à marcher le moins possible, pour éviter les frottements qui entretiennent l’irritation. Si l’inflammation était par trop intense, quelques sangsues aux aines pourraient la modérer; mais, à moins d’indications pré-
TRAITEMENT
cises, soyez-en toujours sobres, caries nombreux replis de la vulve cachent souvent des chancres aux regards les plus exercés, et vous devez craindre l’inocylation des piqûres. Si les émissions sanguines étaient absolument nécessaires, une saignée générale serait donc préférable.
La douleur une fois calmée et l’écoulement un peu modifié, vous passerez aux résolutifs locaux, tels que les lotions avec une dissolution d’alun (10 grammes pour 500), ou de nitrate d’argent (2 grammes pour 500). Vous serez en droit, en un mot, de faire usage de tous les astringents. Ce sera aussi le moment d’employer les irrigations d’eau froide, qui ont souvent de très bons effets.
Si la vulvite se complique de l’inflammation des follicules, et si l’orifice de ceux-ci est ulcéré, il sera nécessaire de les toucher directement avec le crayon de nitrate d’argent, et surtout de ne pas laisser séjourner le pus à leur surface.
Si la glande de Bartholin s’enflamme et s’abcède, il faudra ouvrir de bonne heure le foyer, pour éviter que l’inflammation ne se propage au delà; on a vu, en effet, quelquefois le pus fuser vers le rectum et amener des fistules recto-vaginales d’une difficulté insurmontable à guérir.
La glande vulvo-vaginale n’est pas la seule partie des organes génitaux externes qui puisse se convertir en
Foyer purulent; il se développe également des abcès dans l’épaisseur des grandes lèvres; et ceux-ci, comme ceux de la glande de Bartholin, devront être rapidement ouverts. J’ai l’habitude de donner issue au pus du côté de la muqueuse, parce que l’écoulement m’en paraît plus Facile de ce côté-là; et, de celte Façon, j’évite des stigmates que les Femmes redoutent toujours, dans cette région surtout. Vidal conseillait d’ouvrir l’abcès par la peau, pour se mettre à l’abri de l’inoculation. Mais je Ferai remarquer que la Face interne et la Face externe des grandes lèvres ne sont pas tellement éloignées l’une de l’autre que l’on soit encore bien sûr, par ce procédé, d’empêcher le pus contagieux devenir souiller la plaie faite par la lancette ou le bistouri.
Voilà, messieurs, ce que j’avais à vous dire du traitement de la vulvite.
ha méthode abortive a surtout été employée contre la vaginite; et, avant de vous apprendre comment j’entends le traitement de celle-ci, il est bon que vous sachiez ce que je pense de la méthode abortive en général et dans le cas qui nous occupe en particulier.
Dans un mémoire publié en avril 1845 (Du traitement abortif de Vuréthrite chez la femme), je disais : « Suivant moi, les injections 'abortives n’ont de puissance qu’à la condition de désorganiser la partie la plus superficielle de la muqueuse, et si elles ne sont Faites qu’à doses irritantes, non-seulement elles sont complètement inu-
TUAIT ISM ENT.
tilcs au point do vue du traitement abortit , mais même elles sont 1res nuisibles employées concurremment avec des médicaments internes auxquels elles font perdre aloi s toute chance de réussite. »
Je résumais ma pensée sur le traitement abortif appliqué à l’uréthrite de l’homme delà façon suivante : « Employer une solution suffisamment caustique, toucher exactement toute la surface malade, telles sont, en définitive, les deux conditions essentielles du traitement abortif...; et comme la seconde de ces conditions n’est rien moins que facile à déterminer, il est douteux que ce traitement jouisse jamais d’une grande vogue : pour mon compte, après quelques essais dont un petit nombre a été heureux, j’y ai renoncé à peu près complètement. »
Je voulus voir si le mode de traitement préconisé par M. Debeney pouvait s’employer avec avantage contre certains écoulements de la femme, et comme à l’époque où parut le mémoire de ce dernier, j’avais un service à l’hôpital de Lourcine, je me livrai à quelques expériences. Je fis faire aux quatre premières femmes qui se présentèrent dans mes salles avec une vaginite aiguë, des injections de nitrate d’argent à la dose de 60 centigrammes pour 30 grammes d’eau. Trois de ces malades neprouvèrent rien à la suite de l’injection, la quatrième accusa un peu de chaleur durant deux ou trois heures. Trois jours de suite on répéta ces injections; mais, au lieu de calmer l’écoulement, il semblait au contraire
21/1 de la blennorrhagie chez la femme.
s’accroître sous leur influence. Je fis porter la dose du nitrate d’argent à un gramme : trois jours de suite encore je fis faire ces injections, et j’obtins une très légère escharification de la muqueuse. Pensant alors que l’effet que j’attendais devait être produit, je fis faire à mes malades, plusieurs fois par jour, des injections d’eau froide, et j’attendis; mais, au bout de cinq ou six jours, chez toutes les quatre, j’avais un écoulement deux fois plus considérable qu’à leur entrée, et chez la seule que je pus examiner au spéculum, la muqueuse vaginale était très rouge, très injectée et saignante. Je dus m’abstenir de tout examen profond chez les trois autres, à cause de la douleur vive qu’elles accusaient.
Je soupçonnai alors que quelque pli de la muqueuse, ayant échappé à l’action du caustique, avait été le point de départ d’une nouvelle inflammation, ou, pour mieux dire, la cause du retour de la première, modifiée dans une certaine étendue seulement, et je résolus d’éviter cet inconvénient par un autre moyen.
Chez trois autres femmes également atteintes de vaginite aiguë, j’introduisis le spéculum bivalve; puis avec un pinceau de charpie je touchai le plus exactement possible toute la surface vaginale avec une dissolution de li grammes de nitrate d’argent pour 30 grammes d’eau. Deux de ces malades souffrirent beaucoup dans la partie et dans le bas-ventre; l’autre ne se plaignit que d’élancements très vifs après avoir uriné ; celle-ci vit un peu
traitement.
de sang sur son linge; toutes trois n’eurent pas de fièvre. Pendant trois jours l’écoulement disparut, il revint très abondant et très épais le quatrième jour chez deux d’entre elles, et le cinquième seulement chez l’autre.
Huit jours plus tard je fis la même opération sur deux de ces malades seulement, la troisième n’ayant pas voulu s’y soumettre de nouveau. Cette fois l’écoulement reparut dès le surlendemain, et il s’accompagna d’un peu de sang. Les phénomènes inflammatoires furent aussi cette fois beaucoup plus intenses.
Bien que ces trois;? observations aient trompé l’espoir que j’avais eu de juguler la vaginite aiguë au moyen de la solution caustique de nitrate d’argent, je voulus néanmoins essayer encore un moyen plus énergique, et voici ce que je fis. Deux malades se présentèrent à l’hôpital, ayant chacune une vaginite aiguë qui me paraissait de date récente. Le vagin seul était pris, et il n’y avait absolument rien ni à l’urèthre, ni sur le col de la matrice. Chez toutes deux je promenai sur toute la surface vaginale le crayon de pierre infernale, ayant soin de toucher tout ce qui était le siège de la- phlegmasie. Quelques heures après, mes deux malades éprouvaient des douleurs vives dans la partie. Chez l’une, elles furent assez bien calmées par des irrigations d’eau froide; l’autre eut un accès de fièvre assez violent. J’obtins encore ici une suppression de l’écoulement pendant deux jours, mais il revint ensuite très abondant et sanguinolent. Dix
jours plus lard je recommençai la cautérisation par le même moyen, mais sans plus de succès, et en déterminant des douleurs beaucoup plus fortes, et chez les deux malades de l’écoulement de sang.
Je voulus voir si des injections de nitrate d’argent à doses modérées ne seraient pas utiles après ces cautérisations pour entretenir une certaine modification de la muqueuse ; une des dernières malades y fut soumise, elle fit pendant huit jours, matin et soir, une injection à 40 centigrammes, et 'chaque jour elle diminuait de 5 centigrammes. Je m’assurai que ces injections étaient faites exactement ; mais elles ne produisirent aucun bon effet local, et même elles entretinrent cette femme dans un état d’excitation générale qu’avaient développée, je crois, mes cautérisations.
J’ai dès lors entièrement renoncé au traitement abortif de la vaginite.
Je conseille donc, comme pour la vulvite, les émollients dans la période aiguë : bains généraux, injections adoucissantes, répétées souvent ; cataplasmes de farine de graine de lin sur le ventre; repos absolu, si la chose est possible ; lavements émollients et laudanisés ; et les émissions sanguines en dernier lieu.
Je rejette complètement les cataplasmes introduitsdans le vagin; c’est un moyen désagréable, pénible à appliquer, et qui, au lieu de calmer, irrite encore davantage les parties. Quant aux injections avec burine chargée des
TRAITEMENT
principes du copahu ou du cubèbe, essayées parM . Hardy et dont je vous ai parle au commencement de ces leçons, elles inspirent trop de répugnance aux malades pour qu’elles soient jamais d’un usage bien pratique.
Bornez-vous donc aux antiphlogistiques les plus simples, et une fois l’inflammation passée, vous vous adresserez franchement aux astringents. La formule que j’employais pour mes injections astringentes à l’hôpital de Lourcine était la suivante :
Alun 1 0 à 20 grammes.
Eau 500 grammes.
Si l’alun ne vous réussit pas, vous avez à votre disposition toutes les substances astringentes dont je vous ai parlé à propos du traitement de la blennorrhagie de l’homme.
Un moyen très bon et qui ira concurremment avec les astringents, c’est le tamponnement, facilement praticable, maintenant que l’état aigu est dissipé. Faites avec du coton, de la charpie ou une éponge, un tampon de la grosseur d’une petite pomme, et introduisez-le dans le vagin, sec ou imbibé d’un liquide résolutif, en ayant soin de le maintenir fixé par un fil pendant au dehors de la vulve et qui permette de le retirer quand on veut. De celte façon vous empêchez les deux parois du vagin d être en contact et de s’irriter mutuellement. Un pareil pansement pratiqué tous les jours est un excellent
adjuvant des injections astringentes et concourt puissamment à la guérison.
Lorsque la vaginite s’est réfugiée sur le col de l’utérus, les mêmes moyens devront être employés; mais bientôt, à moins d’une inflammation très violente, il faut agir directement. Ainsi, dans l’état œdémateux que je vous ai signalé, on se trouve très bien de la poudre d’alun projetée sur toute la surface du col et souvent renouvelée. Si cela ne suffit pas, il faudra recourir aux attouchements avec une solution concentrée de nitrate d’argent, non plus en injections, mais portée sur l’organe avec un pinceau ou un plumasseau de charpie. ,
Le col est-il granuleux, exulcéré, c’est encore à cette cautérisation liquide qu’il faut avoir recours. Quand les granulations ne sont pas très développées, quand l’exulcération est superficielle, la solution caustique suffit presque toujours. Mais lorsque les ulcérations sont plus profondes, que le col a augmenté de volume, c’est une cautérisation plus énergique qu’il convient d’employer : le crayon de nitrate d’argent, les acides nitrique, chlorhydrique, le nitrate acide de mercure. Chez certaines femmes lymphatiques dont les ulcérations prennent un aspect diphthéritique, une couleur grisâtre, je me suis bien trouvé de l’application constante ou seulement temporaire, mais souvent renouvelée, de la teinture d’iode pure et même de la teinture caustique. Le fer rouge, appliqué au traitement des engorgements et des ulcéra-
TRAITEMENT
(ions chroniques du col, par suite de blennorrhagie, rend de grands services ; mais il faut dire que c’est un moyen dont on a singulièrement abusé et dont pourtant il convient d’être sobre.
Quand l’intérieur du col participe à la maladie de la surface vaginale, la même médication lui est applicable. J’y ai souvent porté sans inconvénient une cautérisation très énergique.
Ici, messieurs, je dois vous mettre en garde contre un écueil trop fréquent dans le traitement des affections du col de l’utérus ; je veux parler de l’abus qui se fait des cautérisations. Je ne doute pas que beaucoup d’états d’irritation, de phlogose du col, ne soient entretenus par cette cause. Aussi lorsque vous aurez fait Quelques cautérisations, sachez attendre, avant d’y revenir, quel résultat auront eu les premières, et pour peu qu’il y ait amélioration, suspendez-les, et souvent la guérison ne tardera pas.
La métrite chronique du corps de l’utérus qui suit quelquefois la vaginite est très tenace et fait souvent le désespoir des malades, d’autant plus qu’on ne peut guère compter sur les moyens directs à lui opposer ; on a bien conseillé les injections intra-utérines de toutes sortes, mais j ai etc témoin d accidents tellement graves après leur emploi, que je ne conseillerai jamais d’y avoir recours, et que je compte toujours plus sur la médication générale pour amener la guérison.
Comme lu mélrile du corps, l’ovarile blcnnorrhagique, accident presque toujours peu grave et dont je ne connais pas une seule observation fatale, meme dans le cas de fonte purulente, cédera au repos, aux antiphlogistiques et aux résolutifs de toute nature.
Quant à l’uréthrite, dont il me reste à vous parler, le traitement abortif, inapplicable à la vaginite, peut lui être très rationnellement opposé. Je disais dans le mémoire que je vous ai déjà cité : « Je reste convaincu que la nonréussite de ces médications (injections abortives dans les vaginites) tient à ce qu’on laisse toujours intacte une partie tant soit peu étendue de la surface muqueuse enflammée, même en prenant les plus grandes précautions. Ce qui me donne celte conviction, c’est que, quand j’ai eu affaire à une inflammation limitée et circonscrite, j’ai obtenu des succès incontestables. »
Et en effet toutes les parois de l’urèthre de la femme pouvant être sûrement touchées par un caustique énergique, on conçoit que le traitement abortif réussisse à arrêter son inflammation. Mais pour être bien sûr que la cautérisation porte sur toute la muqueuse, je commence par promener le doigt introduit dans le vagin sur toute la longueur de l’urèthre, afin de bien exprimer le muco-pus qu’il contient; puis j’introduis le crayon de nitrate d’argent, ayant soin de le choisir assez gros pour qu’il puisse bien distendre la membrane muqueuse, et effacer ses plis naturels, et je le promène lentement dans
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tonte l’étendue du eanal en le lui faisant parcourir deux ou trois fois. Cette cautérisation détermine souvent de très violentes douleurs qui durent de douze à vingtquatre heures; mais, chose remarquable et que je redoutais tout d’abord, quelle que soit l’irritation produite par le caustique, je n’ai jamais observé de rétention, même momentanée de l’urine. Si les malades, à la suite de cette opération, restent en général le plus longtemps possible sans satisfaire au besoin d’uriner, ce n’est pas parce qu’il y a impossibilité de leur part, mais seulement parce qu’elles redoutent la cuisson vive qui s’ensuivra.
Pour que la cautérisation produise l’effet qu’on en attend, il faut qu’il y ait eseharificalion de toute l’étendue du canal, et je cherche toujours à la faire égale partout. Le troisième ou le quatrième jour après cette cautérisation, si l’on promène le doigt sur le trajet du canal d’arrière en avant, on fait sortir quelquefois tout d’une pièce une membrane grise qui se détache de ses parois ; il n’est même pas rare qu’elle en présente la forme et l’étendue. En entr’ouvrant le plus largement possible le méat urinaire, on voit que la muqueuse uréthrale est d’un rouge plus vit que dans l’état sain, mais il n’est pas rare qu’à la chute de l’eschare il y ait déjà au-dessous d’elle une nouvelle sécrétion purulente. Je fais alors une seconde introduction du crayon, mais cette fois je passe plus rapidement; aussi l’escharification est-elle moins profonde.
Quelquefois deux cautérisations ont suffi pour supprimer tout écoulement, d’autres fois il a fallu y revenir à plusieurs reprises; mais en général, quand on les fait à des intervalles très rapprochés et d’une manière un peu énergique, trois ou quatre au plus sont suffisantes.
Voici quelques observations qui fixeront mieux vos idées :
Observation I,e. — Clémence J..., blanchisseuse, vingtcinq ans, entrée à Lourcine, salle Saint-Bruno, le 9 septembre 18à3. Cette malade, habituellement bien portante, bien réglée, a, depuis huit jours, un écoulement jaunâtre et éprouve de vives souffrances pendant et après l’émission des urines. Je constate ce jour-là même une uréthrite bien caractérisée ; elle prend un bain, et, pendant deux jours, elle fait des injections et des lotions émollientes. Le surlendemain, la pression exercée avec le doigt, d’arrière en avant, fait sortir de l’urèthre un muco-pus en assez grande abondance. Le vagin et le col de l’utérus sont parfaitement sains. J’introduis le crayon de nitrate d’argent dans le canal, et je l’y promène lentement pendant huit à dix secondes. Cette cautérisation détermina de vives douleurs, qui jurèrent toute la journée et qui augmentaient pendant l’émission des urines. Deux jours après, l’eschare ne me paraissant pas bien formée, je fis une nouvelle cautérisation, et je la répétai une troisième fois le surlendemain ; les douleurs, après ces petites opérations, furent toujours très fortes : cependant il n’y eut pas d’écoulement de sang.
Le 16, les règles parurent, et la malade ne fut plus examinée que le 20. Ce jour-là, je constate encore un peu d’écou-
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lement par l’urèthre, et je pratique une nouvelle cautérisation sans que la malade accuse de grandes douleurs. Je prescris en même temps des bols composés de copahu et de cubèbe, 50 centigrammes de chaque, et elle en prend six par jour.
Le 22, il n’y a pas de traces de l’écoulement.
Le 25, l’urèthre, dégagé des eschares, paraît tout à fait sain ; il n’y a plus de douleur en urinant.
Le 27, nouvel examen qui fait voir que la guérison se maintient. La malade quitte l’hôpital.
Cette observation, messieurs, pourrait laisser quelques doutes dans votre esprit quant à l’efficacité réelle de la cautérisation dans le traitement de l’uréthrite, puisque j’ai employé concurremment les balsamiques; mais en voici une seconde qui les dissipera, car dans celle-ci je me suis servi exclusivement du caustique.
Observation 11e. — Marie N..., quarante-cinq ans, marchande. Cette femme, d’une bonne santé habituelle, n’a jamais eu de maladies vénériennes. Elle entre à l’hôpital de Lourcine le 27 juillet, èt il est facile de voir un écoulement de muco-pus provenant de l’urèthre et qu’on fait sourdre au méat urinaire par gouttes d’un blanc jaunâtre, en comprimant l’urèthre d’arrière en avant, à l’aide du doigt introduit dans le vagin. L’orifice du canal est rouge et tuméfié. La vulve, le vagin et le col de l’utérus sont entièrement sains. Il y a des douleurs vives en urinant, et le besoin d’uriner se fait sentir très souvent. La malade nous apprend alors qu’il y a une quinzaine de jours son mari contracta une blennorrhagie, et quelques jours après il eut des rapports avec elle, et c’est
trois ou quatre jours après qu’elle a commencé à ressentir des douleurs vives dans l’urèthre quand elle urinait et qu’elle vit les premières taches sur son linge.
Le lendemain de son entrée à l’hôpital, je fais la première cautérisation du canal de l’urèthre au moyen du crayon caustique ; les douleurs qui s’ensuivent sont très violentes et persistent vingt-quatre heures, au bout desquelles les règles surviennent. Elles ne durent que deux jours, suivant l’habitude de la malade.
Le 1er août, nouvelle cautérisation encore suivie de douleurs assez grandes, quoiqu’un peu moins violentes que la première fois.
Le 3, on voit très bien l’eschare du canal; elle est encore très adhérente, la pression ne la détache pas, il n’y a pas d’écoulement.
Le 5, l’eschare s’en va par lambeaux, il sort quelques gouttes de muco-pus; nouvelle cautérisation.
Le 8, il n’y a plus d’écoulement, mais il y a toujours de l’ardeur au passage de l’urine. Je prescris des lotions alumineuses.
Le \k et jours suivants, les douleurs se calment de plus en plus.
Le 23, la malade, parfaitement guérie, sort de l’hôpital. Revue quelque temps après par l’interne du service, elle assure que rien n’a reparu.
Ainsi donc, voilà deux observations d’urétbrito bien franche et bien isolée, et dans lesquelles le traitement par la cautérisation a eu des résultats immédiats. Je pourrais vous en citer d’autres, si elles ne me paraissaient pas suffisamment convaincantes. J’ajouterai seulement que
TRAITEMENT
dans des cas où l’urèthre était pris isolément, j’ai quelquefois conseillé à mes malades des injections ou des lotions astringentes de la vulve ou du vagin en même temps que j’appliquais le caustique. Je crois celte précaution indispensable , parce que l’inflammation de l’urèthre n’étant pas arrêtée immédiatement par la première cautérisation, a de la tendance à envahir le reste de la muqueuse génitale, et ces lotions peuvent suffire pour la maintenir dans ses premières limites.
Je n’ai pas tenté la méthode abortive par la cautérisation quand l’urèthre seul était malade, indépendamment des parties environnantes, je l’ai encore essayée quand l’inflammation de ce canal se joignait à des affections chroniques de la vulve, du vagin ou de l’utérus.
Observation IIIe. — Julie D..., vingt-deux ans, entrée à Lourcine le 11 novembre 1843. Cette malade a depuis trois mois un écoulement assez abondant qui ne la fait nullement souffrir, et avec lequel elle a continué impunément des rapports avec plusieurs hommes sans jamais les rendre malades; mais, depuis huit jours , son écoulement , sans augmenter beaucoup, a pris une teinte jaunâtre et elle a éprouvé des douleurs cuisantes en urinant. Elle dit que quelques jours avant l’apparition de ces douleurs, elle a eu commerce avec un individu affecté lui-même d’une blennorrhagie. Je constate, par l’examen au spéculum, une vaginite granuleuse qui paraît exister depuis longtemps déjà, et une ulcération superficielle du col utérin légèrement engorgé, et lui-même le siège aussi de quelques granulations non ulcérées. En examinant atten-
tivement l'urèthre, et eu promenant le doigt sur toute son étendue, je fais sourdre du muco-pus en assez grande abondance. Craignant de m’en laisser imposer par la sécrétion vaginale, très abondante elle-même, quoique d’une autre nature, je recommençai l’examen le lendemain, et il me resta bien démontré que cette femme avait une uréthrite aiguë bien distincte de l’atïection qu’elle sentait depuis, trois mois. Je lis à cette malade successivement, à quelques jours d’intervalle, trois cautérisations du canal avec le nitrate d’argent solide ; je déterminai de vives douleurs, surtout la première et la dernière fois; et, quinze jours après son entrée dans mes salles, il n’y avait plus de cuisson pendant l’émission de l’urine, l’écoulement uréthral était entièrement tari.
Je traitai ensuite la vaginite granuleuse et l’ulcération du col par les moyens que je mets ordinairement en usage; mais la guérison se fit longtemps attendre, car la malade ne sortit de l’hôpital que trois mois après.
« Les résultats heureux que j’ai obtenus (disais-je, dans le mémoire d’où j’extrais ces observations) du traitement abortif de l’uréthrite aiguë, alors même qu’elle vient compliquer une phlegmasie chronique des parties génitales, m’ont engagé à mettre ce traitement en usage dans les cas beaueoup plus fréquents d’uréthrovagini te ; mais j’ai toujours vu alors l’inflammation et l’écoulement de l’urèthre, modifiés momentanément par le caustique, reparaître aussitôt après la chute des eschares, quoique la cautérisation fût faite à plusieurs reprises. Mais tonies les fois que l’inflammation aiguë est bornée à l’urèthre, il est indiqué de la combattre
TRAITEMENT
comme je le conseille, surtout si l’on ne perd pas de vue cette circonstance qu’il n’est pas très rare de voir des femmes affectées de pldegmasies aiguës de la vulve, du vagin ou du col utérin, ne rien communiquer parle coït, tandis que je ne connais pas de cas dans lequel l'uréthrite n’a pas été contagieuse; résultant toujours chez la femme qui en est atteinte du rapprochement avec un individu affecté lui-même de blennorrhagie aiguë, ce symptôme donne toujours lieu parle contact immédiat à la blennorrhagie. Aussi le traitement au début parla cautérisation n’est plus seulement avantageux comme abortif, il tient encore essentiellement à la prophylaxie. »
Il n’a pas, du reste, les mêmes inconvénients que chez l’homme où il détermine quelquefois des inflammations épouvantables, ainsi que je vous l’ai déjà fait remarquer. Tout ce qu’on peut dire, c’est que les douleurs occasionnées par le caustique sont toujours assez vives et que, même dans certains cas que j’ai observés, ces douleurs ont persisté fort longtemps après la disparition de ï’ écoulement.
Toutefois, si ce traitement répugne trop à vos malades, et s’il vous faut renoncera la méthode abortive, vous avez encore à votre disposition un moyen excellent, je veux parler des anliblennorrhagiques à l’intérieur, le cubèbc ou le copahu, que vous m’avez vu flu reste employer souvent concurremment avec la cautérisation. Ici comme chez l’homme, la modification
qu’ils impriment à l’urine se l'ait sentir d’une manière 1res heureuse sur toute retendue de la muqueuse uréthrale.
Quant aux injections dans l’urèthre, qui vous ont etc d'un si grand secours contre la blennorrhagie del’homme. elles sont tout à fait impossibles chez la femme, à cause de la brièveté du canal urinaire qui laisserait passer en entier dans la vessie le liquide modificateur, et ne pourrait pas, par conséquent, en subir d’une manière fructueuse la bonne influence.
Je pressens que cette proposition peut ne pas vous paraître parfaitement exacte, puisque c’est le passage à travers l’urèthre de l’urine modifiée par les balsamiques qui amène, chez la femme comme chez l’homme, la guérison de l’uréthrite, ainsi que je vous en ai donne la preuve à propos de l’emploi du cubèbe et du copahu dans le traitement de la blennorrhagie. Mais je vous ferai remarquer qu’il y a une grande différence entre l’influence presque instantanée d’une injection qui ne touche certainement pas toute l’étendue de la muqueuse et la distension prolongée du canal par l’acte de la miction. Ces injections, d’ailleurs, en supposant qu’elles aient de l’action, seraient peu praticables, puisqu’elles ne pourraient pas être faites par les malades ellesmêmes.