LIFE
encore inconnus chez nous de la plupart des médecins.
À la suite de ces travaux, des théories différentes sur l’étiologie de la maladie de Little se font jour. Après qu'on eut découvert que le faisceau pyramidal ne se myélinise qu'après la naissance, James Ross émit l’idée que la maladie de Little était surtout caractérisée par l’agénésie du faisceau pyramidal. Mais restait à expliquer cette agénésie. Après Little et Heine, après Seeligmüller et Forster, Naef et Feer admettent une distinetion entre la forme dite spinale de la maladie, avec simples troubles moteurs, et la forme cérébro-spinale, eompliquée d’idiotie. Mais’ tandis que les uns, comme Erb, Seeligmüller, Forster, Rupprecht, Naef, Schüle (Centralblatt f. Nerv. 1894) considèrent les lésions médullaires comme essentielles et les lésions cérébrales comme surajoutées, Ross, Gowers, Wolters (Th. Bonn 1888) Osler, -Mac Nutt, Feer,. Anton, Freud (Neurolog. Centralblatt 1893), Rosenthal (Th. Lyon 1892) admettent que la lésion est toujours primitivement cérébrale. Freud, Rosenthal et Lannois (Rev. de méd., 1893) rangent la maladie de Little dans la classe des diplégies cérébrales. Enfin Ross, Osler et Sachs confondent dans un même groupe toutes les paralysies cérébrales de l'enfance, dont ils distinguent trois variétés : l’hémiplégie, la diplégie et la paraplégie ‘spasmodiques, cette dernière correspondant spécialement à la maladie de Little.
Accoucheurs et neurologistes ont aussi discuté beaucoup le rôle du forceps dans la production des
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lésions cérébrales. Little cite plusieurs observations où furent appliqués les fers. Mitchell d'Edimbourg (Union méd, 1862) chez quatre cent quatre-vingt-quatorze idiots, en trouve vingt-deux cas. Ross et Gowers lui font jouer un assez grand rôle. Osler le mentionne presque une fois sur dix cas de lésions cérébrales infantiles. D’autres, au contraire, en font une cause plus rare. À la suite de deux observations de Bollaan et de Winkler, Fletcher Beach et Langdon Down (Lancet 1889) se posent le problème : le forceps est‘il une cause d’idiotie? Beach ne trouve que trente-cinq cas de forceps sur huit cent. dix idiots et la proportion accusée par Down est moindre encore, Ce dernier est de l’avis de Playfair qu'il est moins dangereux d'appliquer les fers que de laisser trainer l’accouchement. Hadden (Med. Times, 1885) va même Jusqu'à mettre en doute son influence. Dans ses observations d’idiots, Bourneville ne note pas souvent le forceps. à
Mais dans aucun des travaux précédents on n’avait recherché l'influence que pouvaient avoir sur la production des lésions cérébrales les positions qu’occupe la tête dans l'accouchement. Au point de vue obstétrical la plupart des observations étaient incomplètes. M. Capelier, inspecteur des enfants assistés du Rhône, a eu l’extrème bonté de nous fournir des renseignements sur les enfants idiots, arriérés ou épileptiques de son service et de nous mettre en rapport avec les médecins qui les soignaient. Nos recherches ont porté sur cent trente d’entre eux; et nous avons été assez heureux pour retrouver à la
LE TTESS
Charité les observations obstétricales complètes de dix-sept dans les collections de MM. Fochier, Vincent et À. Pollosson.
Nous remercions M. le P° Fochier d'avoir accepté la présidence de notre thèse. Les conseils d’un maître à l'esprit si large, si judicieux et si remarquablement pratique nous ont été des plus utiles.
Nous remercions également M. Vincent de nous avoir permis de puiser à pleines mains dans sa riche collection obstétricale.
PATHOGÉNIE ET ÉTIOLOGIE
Les hémorrhagies méningées sont extrêmement fréquentes chez les nouveau-nés. Cruveilhier admet que le tiers au moins des enfants qui meurent en naissant meurent d'hémorrhagie méningée. Pour lui cette hémorrhagie est veineuse, superficielle et siège dans la cavité de l’arachnoïde. Prus (Acad. méd., 1845) qui distingue les hémorrhagies intra et sous-arachnoïdiennes admet chez le nouveau-né même localisation. C’est surtout sur la convexité du cerveau qu'on les rencontre, mais de là le sang peut se répandre un peu partout dans les parties déclives.
En raison du chevauchement quelquefois énorme des os du crâne dans un accouchement laborieux (chevauchement qui tiraille et comprime le sinus longitudinal supérieur), en raison de la disposition