B. — ACTION DES MICROBES
Les microorganismes que l’on rencontre dans l'œil peuvent venir soit directement de l'extérieur, soit, par aspiration, remonter des fosses nasales dans l’œil et ses annexes.
a) Les microbes viennent de l’extérieur. Ils y sont apportés de différentes façons ; par les malades eux-mêmes, qui les introduisent en se frottant leurs yeux avec des mains sales, aux ongles noirs et longs, ou bien avec des chiffons, des mouchoirs d’une propreté toujours problématique. Ils viennent aussi des paupières, un abcès du bord marginal s’ouvrant dans l’œil déverse dans les larmes les différents microorganismes qu'il contient.
b) Les microbes viennent des cavités nasales. L'atrésie des points lacrymaux interrompant l'écoulement des larmes par le canal lacrymal permet aux bactéries de remonter du nez dans le sac lacrymal, où leur présence se manifestera par toutes les complications canaliculaires connues depuis longtemps : dacryocystite, phlezmon du sac.
Quels sont les microorganismes que l’on rencontre dans les affections lacrymales ?
Widmarck, dans ses recherches bactériologiques, a examiné 4 cas de dacryocystite phlegmoneuse :
Dans un cas, il trouva le streptococcus pyogenes seul ;
Dans un autre, le streptococcus pyogenes et le staphylococcus albus ;
Dans le troisième cas, le streptococcus pyogenes, le staphyloccocus albus et le staphylococcus aureus ;
Dans le quatrième cas, le staphylococcus aureus seul.
Il examina également six cas de blépharadénite : les abcès
LE — 55 — contenaient dans quatre cas le staphylococcus albus ; ; dans deux cas , le staphylococcus aureus. |
Dans un autre examen, portant sur 18 cas de dacryoscystte, il a toujours trouvé le staphylococcus.
Il a examiné les sécrétions du sac lacrymal, dans différents cas de dacryocystite et d'épiphora: il n’a jamais trouvé de micoorganismes ressemblant au gonococques ; il n'a trouvé qu'une bactérie baccilliforme réunie en petits groupes et absolument différente des gonococcus.
Il est d'accord en cela avec tous les symptômes cliniques qui infirment la présence de gonocques.
Comment agissent ces microorganismes ?
C'. — ACTION DES MICROORGANISMES SUR LES CONJONCTIVES
Introduits dans la conjonctive, les staphylococcus aureus et albus produisent uneirritation insignifiante.
Primitivement donc la conjonctivite lacrymale pas plus que la dacryocystite ne dépendent d’une immigration des baccilles dans les tissus.
Ils provoquent une altération du liquide lacrymal et irritent la conjonctive. Ce n’est que secondairement, grâce aux ouvertures formées par ces inflammations, que les bactéries s’introduisent dans le tissu et produisent les désordres de la dacryocystite et du phlegmon du sac.
Et ce quiferait pencher en faveur d’une immigration des microbes du nez dans le sac lacrymal, c’est cette remarque, que dans les dacryocystites rarement les conjonctives sont prises ; ce n’est qu'après le débridement du point lacrymal, après qu'on à ainsi permis au liquide purulent du sac de se déverser sur la conjonctive, que celle-ci s’enflamme et que
ue l’on observe la conjonctivite lacrymale. Dans l’épiphora simple, lirritation serait produite seulement par l’action propre du hquide lacrymal.