HISTORIQUE
Les relations qui existent entre les affections des voies lacrymales et les affections oculaires n’ont été bien indiquées que dans ces derniers temps.
Ce n’est que dans les publications relativement récentes qu’on doit accorder de l'importance à ce facteur étiologique.
Mackensie reconnaît l'influence des affections lacrymales sur les affections oculaires ; mais il n'entre pas dans de nombreux détails et se borne à dire qu’il a observé, dans certains cas, que la matière qui suintait du point lacrymal enflammait la conjonctive.
Desmarres ne voit pas grand inconvénient à la stagnation lacrymale, puisque, dans les cas de fistules, il la favorise en détruisant le sac lacrymal.
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Gosselin a remarqué que l’oblitération des voies lacrymales crée souvent la conjonctivite; il lui attribue comme cause l'irritation causée par le séjour des larmes.
Galezowski s'empare de cette idée, et, dans la Gazette des hôpitaux de 1868, il publie un travail établissant les relations qui existent entre les affections des voies lacrymales et les affections de la conjonctive.
De Wecker (Maladies des yeux, 1863, p. 25) avait déjà reconnu que, par l'intermédiaire de la muqueuse lacrymale, les catarrhes de la membrane pituitaire peuvent gagner la conjonctive ; il a également observé la fréquence des blépharites chez les rétrécis; il a vu ces blépharites se changer en ectropion; il insiste sur la nécessité de recourir dans ce cas au cathétérisme. (Ibidem, p. 620.)
De Wecker et Landolf(Traité des maladies des yeux, 1880) reconnaissent l'influence de la stagnation lacrymale sur les ulcères de la cornée ; ils admettent pour la kératite des moissonneurs que, dans un tiers des cas, il existe ultérieurement une affection lacrymale.
Dransart et Guément (Paris, 1872) reprennent l’œuvre de
leur maître Galezowski et développent ses idées ; Pasquet et Ferrand (1877, Paris) étudient le rôle des affections lacrymales dans la production de la blépharite, de l’ectropion, de l’abcès de la cornée.
Ange Verdese ( Gênes, 1880), Armaignac, Abadie et Rampoldi, en 1882, insistent sur les relations qui existent entre les affections lacrymales et l'infection de la cornée, relations qu'expliquent les travaux bactériologiques de Widmarck et Sattler.
Enfin, dans différentes publications et dans son enseignement quotidien, M. le professeur agrégé Truc appuie très justement sur la fréquence des complications lacrymales (conjonctivites, blépharites, ectropion, affections cornéennes); il
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à établi aussi la connexion intime qui existe entre le rétrécissement lacrymal et la conjonctivite granuleuse : il est tellement pénétré de la gravité de ces complications lacrymales, que, dans les rétrécissements tenaces des granuleux, il n’hésite pas, comme traitement de trachome, à faire l’ablation des glandes lacrymales.
Imbu de son enseignement, nous avons cherché à faire, soit par l'étude des observations de la clinique ophtalmologique de Montpellier, soit par les publications des auteurs, une revue d'ensemble de cette importante question.