PRÉ FAC K
rite scienlitlquc, on doit produire des faits qui ne prêtent nullement à la controverse. Telle est la raison qui nous a engagé à circonscrire étroitement notre choix dans les recherches bibliographiques.
N’est-il pas funeste à la recherche de la vérité de vouloir l’étayer par des preuves insuffisantes? N’est-ce pas amoindrir l’importance des faits exacts, que de les confondre avec des cas douteux et partant de nulle valeur? La science exige, à l’appui d’une opinion, quelle que soit la source dont elle émane, des observations précises et complètes : voilà pourquoi nous n’avons voulu nous servir, pour la composition de ce travail, que d’observations qui ne permettent de concevoir aucun doute sur le rôle actif qu’y a joué la vérole.
Ce qui légitime surtout notre incertitude sur les opinions des médecins anciens, formulées avec la brièveté des axiomes, c’est la difficulté qu’offrait à leur époque le diagnostic des maladies en général et des affections syphilitiques en particulier. Les progrès que la médecine a accomplis dans ces dernières années ont considérablement agrandi le cercle de nos connaissances et nous mettent à même d’éviter une foule d’erreurs que les plus grands maîtres commettaient encore fatalement, il y a un demi-siècle.
Ainsi lorsqu’il s’agit d'interroger les anciens sur les points de la médecine qui restent obscurs, il est permis d’examiner préalablement les faits qui justifient les opinions qu’ils soutiennent.
Loin de nous cependant la prétention de faire table rase de tous les travaux que nous a légués l’antiquité ; plusieurs d’enlre eux sont des chefs-d’œuvre de perspicacité et d’expérience personnelle; mais pour ne pas sortir de notre sujet, toutes les notions qu’on acquiert
PRÉFACE -
par la lecture du plus grand nombre des anciens syphiliograplies se réduisent à savoir que Fernel, Swediaiir, Baillou, Astruc ou Cirillo ont vu ou ont cru voir tel et tel autre accident nerveux, comme conséquence de la vérole. Il s’en faut de beaucoup que les malades fussent passés, pour ainsi dire, au crible de l’examen et de l’étude, comme ils le sont de nos jours. Aussi ne voit-on, la plupart du temps, que des lambeaux d’observations qui nous donnent des notions incomplètes et fautives, qui ne nous permettent de conclure à aucun égard, et dont on ne peut déduire aucun principe scientifique. En effet, ces auteurs confondent avec la syphilis les maladies les plus dissemblables, considérant le cancer et le mélicéris, par exemple, comme des manifestations assez fréquentes de cette diathèse, arrivée à sa période ultime.
11 suffisait enfin, pour beaucoup d’entre eux, qu’une éruption ou qu’une lésion quelconque siégeât au voisinage des organes génitaux pour qu’elle lut déclarée, et par cela seul, de nature vénérienne : en un mot, la région occupée par les accidents suffisait à leurs yeux pour eu déterminer la nature. Ce reproche incombe malheureusement à bon nombre de nos contemporains, peu initiés aux allures mystérieuses de la vérole et qui méconnaissent parfois le chancre le mieux caractérisé , si, sortant de sa circonscription classique, il choisit pour siège un lieu insolite.
Qu il nous soit permis de faire ici une remarque qui s applique à la tendance de l’esprit médical de notre temps, malgré les accusations formulées avec énergie contl e la science exacte, contre la science basée sur l’étude des laits, par les parlisans de l’inspiration et du vague, il est impossible, même à ces détracteurs de l’observation, de ne pas convenir (pie les meilleurs travaux